2èmes Rencontres de géopolitique critique

Du 08 mars au 11 mars 2017

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Depuis 2016, les Rencontres de Géopolitique critique rassemblent une variété d’acteurs mêlant associations, militants, étudiants et chercheurs universitaire. Les Rencontres sont des temps d’aller-retour entre pratiques et pensées dans le but d’enrichir nos outils d’analyse et nos positionnements mais c’est aussi l’occasion de se connaître pour travailler ensemble à la production des savoirs sur la société.

La deuxième édition des Rencontres de Géopolitique Critique aura lieu du 8 au 11 mars 2017, dans différents lieux de l’agglomération grenobloise. Ces rencontres bénéficient d’un soutien financier du laboratoire de recherche en sciences sociales PACTE et de Modus Operandi .

Droit à la ville

Lorsqu’on revendique un droit c’est que certain-e-s en sont exclu-e-s. Comme beaucoup l’ont déjà écrit, l’urbain est aujourd’hui le cadre de vie de la majorité de la population mondiale. On parle même de « rurbanisation » pour parler des campagnes qui sont devenues des dortoirs pour les villes. Mais dans les représentations symboliques, économiques et politiques, l’urbain et la ville ne font pas un. L’espace urbain est multiple et inégal. A l’heure de la rénovation urbaine, celle qui doit installer la « mixité sociale » dans nos quartiers populaires, à l’heure des grandes opérations d’aménagement des centres villes, qui organisent la gentrification, quels en sont les effets réels, et qu’en est-il de la garantie d’un accès démocratique à la ville ?

Certains parlent des villes comme de puissances tentaculaires et attractives mais faut-il encore connaître les acteurs à l’œuvre et comprendre les logiques qu’ils inscrivent dans les territoires.

Les mouvements sociaux, comme le Global Plataforme for the Right to the City, parlent de lutte contre la ville capitaliste, mais entre les lignes de ces phrases combattantes, n’y a-t-il pas une invitation à penser la ville autrement, une ville plus solidaire et intégrante ? Des luttes pour le logement qui utilisent les vides comme refuges, aux luttes contre les frontières qui se servent des murs comme médias d’information et d’expression. Le droit à la ville prend vie avec tous les conflits, les apprentissages et les avancées que le passage de la théorie à l’action induit.

Les droits de circuler librement, d’être protégé.e, d’avoir un logement digne, de se soigner, de pratiquer sa religion, de prendre part à la vie politique de la cité, etc. : le droit à la ville inclue tous les droits civils, politiques, économiques, environnementaux, sociaux et culturels en y ajoutant les dimensions du territoire et de la vie urbaine. Se substituant parfois aux pouvoirs publics, aujourd’hui de nombreuses associations luttent quotidiennement pour faire appliquer ces droits aux niveaux local et national. En plus d’être difficilement appliqués, l’accès à ces droits est aux prises avec les discriminations de genre, de classe sociale, d’origine, d’orientation sexuelle, de culte, d’âge…
Les mouvements sociaux ont écrit ce droit à la ville dans une charte qui navigue des Forum sociaux mondiaux au Congrès international de l’Habitat de Quito. Qu’en est-il des engagements politiques et des leviers disponibles ? Le Brésil l’ayant inscrit dans sa constitution, que pouvons-nous tirer de cette expérience pour ouvrir des perspectives d’action ?

Le « droit à la ville » est à la fois un outil de lutte et un concept théorique des sciences sociales. Depuis Henri Lefebvre beaucoup d’autres chercheurs (Harvey, Soja, Garnier, Purcell) ont repris l’idée du droit à la ville pour continuer sa conceptualisation. En même temps, les mouvements sociaux s’en saisissent au niveau local, national et international. De quoi le droit à la ville est-il le nom  ? Quels ponts faut-il construire, entre militants, société civile et universitaires pour que les intérêts des plus démunis pèsent dans la production et dans l’organisation des villes ?

Nous faisons appel à tou.te.s celles et ceux qui voudraient contribuer sous une forme ou une autre à l’élaboration du contenu de ces Rencontres de Géopolitique critique sur le droit à la ville. Nous souhaitons faire des rencontres un moment de partage et de réflexion à partir de nos engagements respectifs. Cela passe par les lieux que nous fréquentons, les risques que nous prenons, les méthodes que nous inventons, les réseaux que nous créons. Mais cela passe aussi par les postures que nous choisissons d’adopter les uns par rapport aux autres, en prenant en compte les inégalités sociales qui jalonnent notre société et nos rencontres.
N’hésitez donc pas à nous envoyer vos propositions : thématiques, visites, invité-e-s, types d’atelier, textes.

Enfin n’oubliez pas de réserver votre temps du 8 au 11 mars pour les Rencontres de Géopolitique critique sur le droit à la ville.

Le Comité d’organisation

Programme (en attente de confirmation) :

Mardi 7 mars

18.00 De Saillans à la Villeneuve : la démocratie locale au fondement de la transition ! (MDH des Balladins) (organisée en collaboration avec la semaine de la transition Villeneuve)
Avec Tristan Rechid (Comité des Sages de Saillans), Agnès Deboulet (?) et Sylvain ? (réseau national Appui), Alain Manac’h (Villeneuve Debout), David Gabriel (APU) et des représentants de la coordination nationale Pas Sans Nous et de Nuit Debout Grenoble.

Mercredi 8 mars

19.00 Projection de Cabanyal Zombie, une web-série par les habitants d’un quartier en résistance à Valencia (Espagne) (Cinémathèque de Grenoble)

Jeudi 9 mars

12.00 – 14.00 Table-ronde « De quoi le droit à la ville est-il le nom ? » (IGA)
Avec Magali Fricaudet, Claire Revol (enseignant-chercheur en géographie à l’Université de Grenoble-Alpes), Amandine Spire et/ou Marianne Morange, personne mobilité

16.00 Atelier d’arpentage sur la base des textes de Lefebvre et ceux qui s’en sont inspirés (Antigone?)

17.00 – 22.00 Soirée en co-organisation avec le Dal et l’Assemblée des locataires, des mal logé-e-s et des sans logement (6, Rue Jay, Grenoble)

17.00 – 19.00 Débat sur les réalités d’habiter la ville

Pause

20.00 – 22.00  Soirée débat autour des luttes autour du droit au logement aux lieux de l’Assemblée des locataires, des mal logé-e-s et des sans logement (6, Rue Jay, Grenoble)
Avec  Jean-Baptiste Eyraud, la Coalition Européenne pour le Droit à Habiter la Ville

Vendredi 10 mars

12.00 – 14.00 2e Table-ronde à partir des propositions de l’équipe Justice sociale à l’IGA

16.00 Ouvrir l’espace – le cas des ateliers de rue de Madame Rue Tabaga, projection du documentaire « Street fighteuse » (MDH)

19.00 Conférence-débat autour de la Participation dans la ville (Lieu ?)
Samedi 11  mars

10.30 – 12.30 Rencontres en ville – Promenade sonore et échanges radiophoniques (Gare/Dyade)

14.00  Conférence gesticulée – Droit à la ville (Lieu ?)

20.00 Conférence-débat « Du droit à la ville au nouveau municipalisme », Présentation de nouvelles expériences démocratiques dans les villes européennes. (Office du tourisme)

Avec César Ochoa (Barcelona en Comun), Guiseppe Caccia (European Alternatives), Anne Querrien (revue Multitudes), Gustave Massiah (AITEC), Magali Fricaudet (CGLU), David Gabriel (APU), Avaro Puertas Robina (HIC).

Programmation des films

Lieu : Grenoble