Des systèmes aux acteurs : les programmes de l’histoire sociale

TempoIntervenant : Jacques Revel, directeur d’études émérite et ancien président de l’École des hautes études en sciences sociales.

Au gré de la confrontation qu’elle a obstinément poursuivie avec les autres sciences sociales, la discipline historique a connu des reformulations profondes de ses intérêts et de ses programmes, en particulier pendant le dernier demi-siècle. Jusqu’au milieu des années 1970, elle pensait volontiers en termes de systèmes et de structures.

De grands paradigmes fonctionnalistes semblaient garantir la possibilité d’une saisie et d’une intelligibilité globales du monde socio-historique. Pour des raisons sur lesquelles on reviendra, cet optimisme a été ébranlé – alors même que se trouvait mise en question la confiance dans les ressources du progrès. Une conséquence majeure de cette inflexion a été la reprise en compte des acteurs et de leurs pratiques dans l’analyse des processus historiques. On sait que ce « tournant pragmatiste » n’a pas affecté les seuls historiens. Il les a rapprochés de certaines des propositions venues de la sociologie, de l’anthropologie ou de l’économie. Mais l’information des historiens est contrainte par les sources dont ils disposent et qui sont par définition des témoignages indirects, souvent partiels. A partir de quelques exemples, on s’efforcera de montrer comment les approches pragmatistes ont largement renouvelé le programme d’une histoire sociale désormais attentive aux acteurs et aux relations qu’ils entretiennent entre eux.

Le 4 mai de 14h30 à 16h30
Sciences Po Grenoble – Amphi D

Contact : marine.dhermy@iepg.fr