Le territoire aux Suds : exportation d’un concept, 15 juin 2007

Journée d’études du Groupe SUDs/ Dispositif 4 « Les effets de la mondialisation »

Le territoire apparaît comme une catégorie d’analyse essentielle dans la géographie contemporaine. Construit social, collectif ayant une matérialité spatiale, il apparaît possible de mobiliser ce concept à toutes les échelles désormais. On accepte généralement de ne plus considérer la définition historique du terme, à la fois juridique et politique (le territoire comme champ d’extension d’un pouvoir, lequel est limité par d’autres puissances concurrentes), comme seule pertinente dans l’analyse socio-spatiale. La généralisation des usages du terme et des problématiques afférentes (dynamiques d’appropriation, processus d’émergence et de projet de territoires) a été telle au cours des années 1990 que l’on s’est peu posé la question de savoir si le vocable était adapté à son extension planétaire. Une des seules limites épistémologiques discutées semblait résider dans la difficulté de traduction du terme vers l’Anglais, qui lui a longtemps préféré le concept voisin de « place » avant d’opérer un tournant très récent vers la « territoriality ». C’est ainsi que tous les espaces du monde ont pu être passés en revue au prisme de l’analyse territoriale.
Sans discuter les difficultés de traduction du terme, force est d’admettre que la force de l’approche dans la géographie française n’est pas partagée au même degré par ses voisines européennes. Quels sont alors les paradigmes mobilisés pour l’analyse des Suds (notion de « fragments spatiaux/territoriaux » par exemple) ?

Nous souhaitons revenir sur la signification du transfert conceptuel opéré autour du « territoire », le plus souvent implicite, dans la compréhension des Suds. Dans des contextes qui diffèrent considérablement de nos cadres de référence, tant d’un point de vue anthropologique, social que politique, que signifient le territoire et les processus de dé- ou re- territorialisation ? Quelle est l’utilité de ce concept ? Est-elle identique à celle qui peut en être faite dans les Nords ? Quelles sont les conditions d’acceptation / rejet de cette catégorie d’analyse ?

Ces interrogations épistémologiques sous-tendent un questionnement sur les pratiques politiques et aménagistes : quelles peuvent être les définitions de « politiques d’aménagement du territoire » dans des pays où le sens même de territoire n’est pas partagé ? Au-delà d’un recensement des modes de gestion du territoire dans les Suds, nous souhaitons poursuivre par cette réflexion collective l’analyse des référents de l’action publique et de la négociation socio-spatiale.

Le séminaire se proposera de lancer ce chantier sur le territoire aux Suds dans une perspective dynamique : on essaiera de montrer à partir de quel moment le paradigme territorial diffuse dans les Suds (par l’intermédiaire de qui ? par qui est- il repris ?) et comment cette globalisation conceptuelle a contribué à faire évoluer le terme. Il s’agit en effet de s’interroger à la fois sur la diffusion de modèles (de pensée, d’action, de développement) et sur les rétroactions qui permettent l’émergence d’innovations.

On cherche à susciter le débat à partir de communications à partir d’expériences de recherches dans les Suds. Il s’agit d’analyser les avatars du concept à partir de la réalité de terrains spécifiques aux Suds. Les contributions pourront également tenter de soulever le problème du lien entre leur enracinement disciplinaire (géographie politique, sociale, culturelle, aménagement, sciences politiques, économie territoriale) et le dialogue entre sciences sociales ouvert par ce concept.

La journée réunira les membres du groupe Suds et tous les chercheurs de Pacte intéressés par cette thématique, en présence d’un grand témoin.
Elle s’organisera en deux temps :

– présentation des travaux du groupe Suds, les résultats de recherches antérieures permettant de positionner nos approches méthodologiques

– communications autour d’études de cas ou de propositions épistémologiques concernant les possibilités de l’application du concept de « territoire » aux Suds.

ENVOI des propositions de communications (3500 signes max) avant le 25 mai 2007 à :

Anne-Laure.Amilhat@ujf-grenoble.fr

Kirsten.Koop@ujf-grenoble.fr

Frederic.Giraut@ujf-grenoble.fr

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