Adil Meziani soutient sa thèse

Sujet : L'accès du Parti de la justice et du développement au pouvoir marocain : comment un parti islamiste est-il devenu un parti du gouvernement ? nature et réalité de sa gouvernance. 

Jury : 

Monsieur Ali Bensaad

Professeur des universités, Université Paris VIII, Rapporteur

Monsieur Mohammed Ababou

Professeur, Université Sidi Mohammed Ben Abdallah de Fès, Rapporteur

Madame Zineb Omary

Professeur assistant, Université internationale de Rabat, Examinateur

Madame Agnès Levallois

Maître de conférences, Sciences-Po Paris, Examinateur 

Directeur de thèse : Jean-Noël Ferrié

Résumé :

 

Dans la foulée du printemps arabe, les mouvements de protestation se sont soldés par la montée en puissance de l'islamisme. En effet, les islamistes ont largement réussi à gagner les élections en Tunisie, au Maroc et en Egypte. Mais il serait intéressant de savoir et expliquer pourquoi ce sont les islamistes, et eux seuls, ou presque, à être parvenu à exploiter ce dynamisme ? 
Au Maroc, Le parti islamiste de la justice et du développement a réalisé lui aussi, un grand succès en gagnant les élections législatives, après son introduction dans le champ politique officiel. Un accès favorisé par sa modération et son acceptation par le régime marocain. Il s’agit d’un phénomène politique qui nécessite un travail d’observation et de suivi pour le comprendre dans sa totalité. Pour cela, et pour favoriser une analyse objective, il faut prendre en compte les spécificités du cas marocain dans ses diverses dimensions et problématiques, en corrélation avec les autres expériences sans tomber dans les généralités. 
Pour garantir une meilleure analyse de la situation politique au Maroc, ce travail de recherche essaye de dépasser la dimension cognitive de cette représentation, pour comprendre la réalité de cette dynamique politique et connaitre, par conséquent, l’apparent et l’occulte de cette politique marocaine. Cette compréhension est facilitée par l’élaboration d’une conception prudente d’analyse sur plusieurs domaines fortement enchevêtrés. L’essentiel de ce travail se réalise par l’effort de démêler des situations d’une complexité extrême, dans un environnement politique, qui fusionne le symbolique avec les intérêts concrets, la puissante gravitation de l’histoire à la forte détermination des acteurs dans le présent, le facteur sentimental aux conditions rationnelles. 
Au lendemain de la victoire du PJD, les observateurs, moins informés de la culture politique marocaine, se demandaient, si ce parti allait faire basculer le Maroc dans une gouvernance islamiste, comparable à celle exercée en Iran après la révolution islamique, ou s’il allait assurer une gouvernance moderne loin de toute fantaisie islamiste. Vraisemblablement, ces observateurs se sont inspirées de deux modèles de gouvernances islamistes, Iranien pour le premier et Turc pour le second.
La réflexion est alors d’avantage concentrée sur le comportement politique adopté par les islamistes du PJD pour accéder au pouvoir, et la réalité de leur gouvernance. Ce traitement sera réalisé, en vérifiant cette réalité dans chaque domaine et secteur, pour regrouper l’ensemble des résultats dans une unique conclusion. Cela se réalise sur une base d'observation empirique, par une analyse des institutions et des faits à travers l’exercice politique du PJD. Il s'agit également d'un appel aux archives, aux entretiens et aux monographies de tous genres. Le but est de réduire la complexité à un nombre limité de catégories raisonnablement distinctes, pour tenir compte de la fraction des situations réelles. Partant de l'idée connue des alternances politiques et des transitions démocratiques, pour arriver, d’une part, à expliquer l’accès du PJD au pouvoir, et d’autre part, vérifier la réalité de sa gouvernance.