Citoyenneté, renouvellement générationnel et évolution des inégalités de genre dans la participation politique en France (1981-2016)

Citoyenneté, renouvellement générationnel et évolution des inégalités de genre dans la participation politique en France (1981-2016)

 Cette étude réinterroge un objet classique de la sociologie politique : l’écart des niveaux de participation politique entre les femmes et les hommes, qu’on appelle le “gender gap de la participation politique”. Pendant longtemps, les travaux sur les comportements politiques ont mis en avant le fait que les femmes s’engageaient moins que les hommes dans la vie politique. Or, aujourd’hui la France, tout comme la grande majorité des démocraties occidentales, est confrontée à une évolution paradoxale : les inégalités liées au genre persistent dans ses formes les plus institutionnalisées de participation politique, comme la prise de contact avec le personnel politique, la participation dans des organisations politiques ou à des campagnes et réunions politiques, mais se réduisent sur le vote, sur les manifestation et s’inversent même en ce qui concerne la signature des pétitions ou la consommation engagée. En effet, ce qui est particulièrement intriguant aujourd'hui, c'est que les inégalités de genre dans la participation politique sont plus que jamais différenciées et dépendent des modes d’action. Face à l’évolution paradoxale des inégalités de genre dans la participation politique, plusieurs questions se posent : les inégalités participatives entre les sexes ont-elles varié au fil du temps ? S'agit-il là d'un phénomène nouveau ou d’un lent développement de fond ? Et comment expliquer cette évolution inégale dans les écarts des niveaux de participation politique entre les femmes et les hommes ? Or, de manière surprenante, les évaluations temporelles de l'évolution des inégalités genrées dans la participation politique et les explications théoriques de ces changements manquent cruellement. Cette étude vise à combler cette lacune pour le cas de la France. Elle propose un cadrage théorique nouveau qui intègre des notions et savoirs venant notamment des études de genre, de la sociologie des comportements politiques, et de la sociologie des générations, afin d’expliquer cette évolution paradoxale des inégalités femmes-hommes dans les niveaux de participation politique. L’étude s’appuie sur une approche empirique doublement comparative analysant différents types de participation politique (participation aux élections, à des activités politiques liées à des institutions politiques, à des manifestations et à des pétitions) en France et en suivant des cohortes de naissances au fil du temps (1981-2016), prenant appui sur deux grandes enquêtes européennes longitudinales : les « European Values Study » (1981-2008) et les « European Social Survey » (2002-2016).

 



Chercheur.e.s impliqué.e.s : 

Ouvert à tous