Clémence Lehec soutient sa thèse

Clémence Lehec soutient sa thèse

Titre : Une géographie expérimentale de l’art aux frontières. Filmer les graffiti du camp de réfugiés palestiniens de Dheisheh

 

Jury :

 

Madame Anne-Laure Amilhat Szary, Professeure, Université Grenoble Alpes, Co-Directrice
Monsieur Riccardo Bocco, Professeur, Graduate Institute, Genève, Rapporteur
Monsieur Frédéric Giraut, Professeur, Université de Genève, Co-Directeur
Madame Stéphanie Latte Abdallah, Chargée de recherche, Centre de Recherches Internationales – Sciences Po Paris, Membre
Madame Mai Masri, Réalisatrice, invitée
Monsieur Laurent Matthey, Professeur, Faculté des Sciences de la Société, Université de Genève, Président
Monsieur Benoît Raoulx, Professeur, Université de Caen-Normandie, Rapporteur

 

Résumé :

Ce travail doctoral porte sur les graffitis et les figures de la frontière dans un camp de réfugiés palestiniens à savoir le camp de Dheisheh, situé à Bethléem, dans les Territoires palestiniens occupés. Une recherche formelle et
expérimentale est proposée, entre réalisation documentaire et écriture scientifique. À travers une étude des éléments figuratifs peints sur les murs, il s’agit de proposer une actualisation du savoir sur l’imagerie populaire
palestinienne ainsi que d’interroger de manière originale les représentations de la frontière au sein d’un espace à la marge. L’analyse du réseau d’acteurs et de leurs motivations à peindre permet d’entrer dans la compréhension des spécificités du
mouvement graffiti palestinien, dans une perspective diachronique qui en dessine l’ontologie. La production et coréalisation du film Les murs de Dheisheh permet de mettre en scène l’étude des graffitis, leurs auteurs et les frontières qui
traversent le camp, tout en proposant de manière continue une réflexion sur la méthodologie originale employée. Se situant dans une perspective extradisciplinaire, cette thèse de géographie expérimentale porte une
dimension épistémologique dans la réflexion qu’elle conduit sur la manière de produire du savoir géographique, en prônant une éthique collaborative qui se pose comme une alternative aux modèles participatifs. L’expérimentation se
situe à chaque étape de la recherche puisque le film documentaire permet de coréaliser en un seul objet : méthode d’enquête, données collectées et résultat final. Documenter et analyser les frontières au prisme des graffitis palestiniens à
Dheisheh permet d’amener les border studies vers une perspective de géopolitique féministe qui définit l’espace des camps comme étant traversé par des lignes de front mobile et des frontières de Damoclès plaçant les corps au coeur du
processus de contrôle mis en place par l’occupation israélienne.

 

Lieu : Genève, le jeudi 27 juin 2019 à 14h en salle CV001 à UniVogt, boulevard Carl-Vogt 66.



Chercheur.e.s impliqué.e.s : 

Ouvert à tous