Clément Perrier soutient sa thèse

Clément Perrier soutient sa thèse

Thèse co-dirigée par Frédéric Gonthier et Claire PERRIN (L-ViS - Université Lyon 1)

 

Sujet de thèse : L'État actif. Une analyse de l'activité physique comme nouvelle catégorie d'action publique (2001-2017)

 

Composition du jury : 

Cécile COLLINET, Professeure des Universités, ACP - Université Gustave Eiffel
Frédéric GONTHIER, Professeur des Universités, PACTE - Sciences Po Grenoble (co-directeur)

Michel GROSSETTI, Directeur de recherche CNRS, LISST - Université Toulouse 2 (rapporteur)
Marina HONTA, Professeure des Universités, Centre Emile Durkheim - Université de Bordeaux (rapportrice)
Martine KALUSZYNSKI, Directrice de recherche CNRS, PACTE - Sciences Po Grenoble
Claire PERRIN, Professeure des Universités, L-ViS - Université Lyon 1 (co-directrice)

 

Résumé :

« Manger-bouger», réaliser « trente minutes d’activité physique par jour » ou encore mettre en place du « sport sur ordonnance » sont, depuis le début des années 2000, autant d’objectifs et d’instruments déployés dans les politiques de santé françaises. Cette thèse cherche à comprendre comment et pourquoi l’activité physique, en particulier dans sa visée sanitaire, a progressivement été constituée en catégorie de l’action publique et s’est continuellement transformée. Nous examinons les moyens mis en œuvre par l’Etat, depuis 2001 et le premier PNNS, pour activer les individus les plus sédentaires. Notre analyse de la séquence réformatrice montre que la mise en mouvement des corps visait dans un premier temps l’ensemble des publics, puis qu’elle s’est progressivement centrée, en tant que thérapeutique, sur les populations les plus vulnérables.

 

Une analyse socio-historique des textes ainsi que des entretiens avec les acteurs impliqués dans la construction étatique (n=106) permettent de revenir dans un premier temps sur les trajectoires du cadrage du « problème » de l’activité physique dans l’action publique. L’étude d’un réseau social complet constitué d’experts, de professionnels et de représentants de l’Etat (n=67) ayant contribué à inscrire la prescription de l’activité physique dans la Loi de modernisation de notre système de santé de 2016, réalisée à l’aide de questionnaires sociométriques et de questionnaires de choix normatifs, montre notamment comment l’activité physique est soumise à des représentations en tension du corps, du mouvement et de la santé qui rendent compte tant de relations de pouvoir que de conceptions très opposées selon les acteurs. Ces différentes normes ne sont pas le socle sur lequel reposent les collaborations ou les luttes pour façonner l’action publique, mais elles sont représentatives de rapports de force et de concurrences entre les différents groupes professionnels et institutions impliqués, qui cherchent à orienter l’écriture des politiques en fonction d’ambitions spécifiques. Ancré dans une sociologie de l’action publique, des institutions et des réseaux sociaux, notre travail interroge ces rapports de force et ce qu’ils disent des relations interministérielles et corporatistes.

 

Les données présentées contribuent ainsi empiriquement à la compréhension de la fabrique contemporaine de l’action publique, mais également à l’analyse des enjeux sociaux liés à l’émergence de l’activité physique à visée de santé, appréhendée comme un dispositif de sécurité dans le gouvernement des corps vulnérables. En particulier, la thèse montre comment l’Etat s’active à naturaliser l’entretien de soi par soi tout en faisant du mouvement du corps un projet transversal du monde social dans une perspective néo-libérale.

 


Ouvert à tous