Doctorant.e : Programme HutObsTour « Les refuges comme observatoires de la transition touristique »

Doctorant.e : Programme HutObsTour « Les refuges comme observatoires de la transition touristique »

Sujet de thèse : « Transformation des métiers de la montagne dans un contexte de transition »

Contexte et environnement de travail

 

Description de la structure

L’UMR Pacte est une unité mixte de recherches répartie sur plusieurs sites, rattachée à 3 Tutelles (CNRS- IEP – UGA). Elle joue un rôle fédérateur pour les sciences sociales sur le site universitaire grenoblois et dans les liens avec les nombreux partenaires nationaux et internationaux dans lequel elle s’insère.

Description de l’équipe

  • Direction de thèse : Philippe Bourdeau (PR PACTE)
  • Co-encadrement : Marc Langenbach (MCF PACTE-SENS)

 

Missions du poste et activités principales

 

1. Libellé précis du projet : « Les refuges comme observatoires de la transition touristique.​ Repositionnement de la montagne peu aménagée et de ses métiers dans les Alpes franco-suisses »

 

2. Description synthétique du projet

Le programme de recherche collaborative international (PRCI) « HutObsTour » (2021-2024), porté par un consortium PACTE/UGA &CIRM-IGD/UNIL avec le soutien financier conjoint de l’Agence Nationale de la Recherche et du Fonds National Suisse de la recherche interroge les modalités de fréquentation de la montagne peu-aménagée observables à l’échelle des refuges et les dynamiques des métiers associés comme ressources de transition touristique à partir de 3 axes de recherche :

1/ la mise en œuvre de dispositifs d’observation appropriés à la dispersion spatio-temporelle de la fréquentation de la montagne peu aménagée ;

2/ la transformation des cultures professionnelles des métiers de la montagne ;

3/ le rôle structurant des refuges dans la gouvernance de la montagne peu aménagée et la diversification touristique.

L’approche retenue se déploie de façon transversale et symétrique sur des terrains situés en France et en Suisse. Les orientations méthodologiques retenues accordent une place centrale aux partenariats développés dans une logique collaborative avec les opérateurs et acteurs de terrain.

3. Organisation de la thèse

Le contrat doctoral proposé s’inscrit au sein de l’axe 2 du programme. Il a pour objectif d’interroger les processus de transformation des métiers du tourisme de montagne liés aux refuges (gardiens, guides et accompagnateurs) au regard de l’évolution des conditions environnementales et sociétales.

 

3.1. Contexte et objectifs

Les métiers de la montagne qui seront au centre de ce travail de recherche sont affectés de manière différente par les changements environnementaux et sociétaux. Pour les guides de haute montagne les bouleversements liés au changement climatique impliquent de multiples adaptations à partager avec leurs client.e.s : impératif de réactivité face à la variabilité des conditions, mobilité accrue vers d’autres massifs, report d’activité sur le ski de randonnée, les voies rocheuses, la via ferrata et le canyoning, gestion des risques accentuée (Bourdeau, 2014 ; Eikje, 2019 ; Salim et al., 2019 ; Mourey et al., 2020). En parallèle, le métier d’accompagnateurs doit lui aussi s’adapter et se réorganiser pour répondre aux évolutions de la demande (Bonnemaison, 2018), à celle du changement climatique ou à celles du métier de guide en montagne par rapport auxquelles une partie de de leur cadre réglementaire dépend (Cousquer & Beames, 2013; Bonnemaison et al., 2019 ; Clivaz & Langenbach, 2020). Le métier de gardien de refuge a quant à lui été très peu étudié jusqu’ici, si ce n’est sous l’angle de son rôle dans les secours en montagne (Coste & Faurite, 2013

; Blancher et al., 2016 ; Pasquier et al., 2017), alors même que c’est un métier qui joue un rôle pivot pour la fréquentation de la montagne peu aménagée, par sa présence dans des sites isolés mais aussi par ses fonctions d’accueil, de médiation et de transmission vis-à-vis des pratiquants et des autres professionnels exerçant en montagne.

Il s’agira de s’intéresser à la trajectoire historique, sociale et géoculturelle de ces métiers ainsi qu’à leurs pratiques et stratégies d’adaptation et d’innovation. Les interactions entre ces différents métiers de la montagne, autour (mais aussi au sein) des refuges, permettront de mettre en évidence “l’agir créatif” (Joas, 2008) individuel et collectif, ainsi que les processus collaboratifs porteurs de déverrouillages sociotechniques (Geels, 2002) qui constituent des leviers de transition du tourisme de montagne.

 

3.2. Questions de recherche, appareil conceptuel et hypothèses

La transformation des métiers du tourisme liés aux refuges sera référée aux enjeux de transition du tourisme en montagne : réorientation et diversification économique, rééquilibrage entre "montagne peu aménagée" et "montagne aménagée", dynamiques d’adaptation et d’innovation susceptibles de contribuer à l’émergence de ressources propices à l’affirmation d’un nouveau modèle de développement.

Elle sera interrogée à partir de 2 questionnements principaux :

  1. Comment des cultures et des pratiques professionnelles traditionnellement indépendantes et dispersées se transforment-elles en se réorganisant, se coordonnant, et en réinterrogeant leurs logiques de formation et leurs conditions d’exercice professionnel (au niveau de la saisonnalité, des logiques de pluriactivité, de la durée des carrières) ?
  2. Quel est l’agir créatif individuel et collectif déployé par les professionnels de terrain, gardiens de refuge, guides et accompagnateurs en montagne pour s'adapter aux changements ? Et en quoi est-il porteur de leviers de déverrouillages sociotechniques vecteurs de transition ?

L’appareil conceptuel mobilisé sera ancré dans les sciences sociales (géographie, sociologie, économie, histoire, transition studies) appliquées au tourisme en montagne et aux sports de nature.

Les hypothèses mobilisables (à affiner et à étoffer) portent d’une part sur l’évolution des métiers de gardien.ne, guide et accompagnateurs vers une multifonctionnalité et une transversalité de rôles, de savoirs et de compétences ; et d‘autre part sur l’amplification du rôle structurant des refuges dans la fréquentation de la montagne hors-station, à mesure que leur ancrage territorial se consolide et que la saisonnalité restreinte qui leur était attribuée s’élargit sur fond d’évolution des fréquentations et des pratiques de la montagne en contexte de changement climatique et culturel.

 

3.3. Méthodologie

La méthodologie proposée pour la recherche doctorale pourra s’organisera de la manière suivante (ajustements possibles en accord avec les encadrants) :

  • Des entretiens semi directifs :
    • Menés auprès d’une vingtaine de gardiens de refuge et des responsables de leurs syndicats professionnels, auront pour objectif de documenter l’élargissement des missions assumées par les gardiens depuis une trentaine d’années, les effets du changement climatique, leur rôle à l’aune de l’évolution des publics, notamment en matière de sécurité ou d’environnement ou encore les relations avec le propriétaire du refuge.
    • Menés auprès des accompagnateurs et des guides ainsi que des représentants de leurs syndicats professionnels pour développer les principales thématiques que sont les modalités de l’adaptation aux changements (y compris de la saison touristique), des interactions entre professionnels et acteurs de la montagne ou encore de l’adéquation des évolutions réglementaires avec les besoins de la profession. Le choix des personnes avec lesquelles les entretiens seront menés sera réalisé en respectant un équilibre entre les différents bassins privilégiés pour les observations menées en refuges. Cette partie comportera 40 entretiens environ, répartis à parts égales entre la Suisse et la France.
  • Une enquête par questionnaires :
    • Auprès des gardiens de refuges gérés par le CAS (en Suisse) et la FFCAM (en France) et au travers de leurs associations professionnelles, l’objectif sera de réaliser une enquête métier et de déterminer les trajectoires des gardiens en termes de parcours professionnel, de diplôme, d’ancrage géographique, de pratique de la montagne ou encore de besoins de formation. Il donnera lieu à une analyse quantitative qui devra permettre de documenter le plus précisément possible le métier de gardien et ses principaux enjeux à l’échelle binationale.
    • Auprès des guides et des accompagnateurs, l’objectif serra de déterminer les changements temporels et saisonniers, l’augmentation de l’adaptabilité des professionnels (en termes d’offres, de mobilités, ou de publics notamment), l’évolution du rapport aux refuges (en termes de tourisme mais aussi de sécurité) et aux espaces et itinéraires de pratique ou encore la perception du cadre réglementaire.

Les terrains retenus sont ceux pris en compte dans le programme de recherche, au sein des massifs du Valais (CH), du Mont-Blanc (F) et des Écrins (F). Ils feront l’objet de choix raisonnés en cohérence avec les partenaires de terrain.

 

Restriction ou contraintes liées au poste

 

Présence régulière sur le terrain, y compris en saison d’été (juin à août)

Déplacements : autonomie en matière de mobilité (frais de déplacements pris en charge)

Début du contrat : 1er octobre 2021

 

Profil recherché

 

Compétences attendues prioritaires

  • Connaissances du champ des sciences humaines et sociales (géographie culturelle, sociologie, anthropologie, transition studies)
  • Connaissance du monde de la montagne et de ses dynamiques touristiques et sportives (métiers, univers culturels, milieux associatifs, institutions et collectivités territoriales)
  • Maîtrise des méthodes de recherche qualitatives et quantitatives en sciences sociales
  • Connaissance de l’organisation et du champ des métiers de la montagne
  • Autonomie en déplacements pédestres en montagne, expérience en alpinisme appréciée
  • Motivation pour un engagement dans la co-animation d’une recherche collaborative et le développement de méthodes et d’outils dans ce domaine

 

Compétences métier/savoir faire

  • Expérience des techniques de recherche qualitatives et quantitatives en sciences sociales et du traitement de leurs données
  • Capacités organisationnelles : programmation d’activités, création de planning, réunions et événements (workshops)
  • Compétences informatiques : bureautique, traitement de données (expérience de Sphinx appréciée), analyse de discours
  • Compétences rédactionnelles : comptes rendus de réunions ; traitement d’entretiens ; supports d’analyse et de synthèse à partir de documents écrits (ouvrages, rapports et articles scientifiques)
  • Pratique de l’anglais (Niveau B2 minimum)

 

Savoir être

Curiosité intellectuelle, autonomie, initiative, rigueur, capacité d’écoute et d’observation, capacité de travail en équipe, sociabilité et aisance relationnelle avec des interlocuteurs.trices de milieux différents

Formation, diplôme : Master 2, diplôme d'ingénieur.e

 

Informations générales

 

Durée du contrat : 36 mois

Salaire brut : entre 1 768,55 € et 2 100 € bruts par mois (selon expérience)

Date d'embauche prévue : 01 octobre 2021

Date limite de réception des candidatures : 20 juin 2021

Dossier de candidature :

  • Lettre de motivation pour les missions proposées
  • CV présentant l'expérience du/de la candidat.e et d’éventuelles réalisations
  • Mémoire de master 2 et/ou autre production académique
  • Copie du diplôme
  • Lettre(s) de recommandation appréciée(s)

 

Contact pour les questions relatives aux fonctions : Philippe Bourdeau ou Marc Langenbach (Mail : philippe.bourdeau@univ-grenoble-alpes.fr ou marc.langenbach@univ-grenoble-alpes.fr)




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