Filmer pour sa thèse: retours sur deux expériences en cours et achevée

Filmer pour sa thèse: retours sur deux expériences en cours et achevée

Résumés

Anne Barrioz - A travers un travail doctoral de géographie portant sur l'attractivité de vallées alpines françaises plus ou moins isolées, le film est apparu comme un matériau d'étude permettant de mieux comprendre l'installation d'habitants dans ces confins. Il permet d'appréhender, par une approche visuelle, sonore et plus sensible, des ambiances, des paysages et le cadre de vie qui attirent les nouveaux résidents. Les questions des mobilités et de l'isolement ainsi que des activités du quotidien sont également soulevées. Néanmoins, il suscite de nombreuses interrogations, qu'elles soient méthodologiques comme plus scientifiques et épistémologiques. Au-delà d'être un simple carnet de terrain multimédia, de quelle manière rendre la vidéo pertinente dans un travail de thèse ? Comment s'appuyer dessus pour en dégager des résultats ? Comment articuler travail d'écriture manuscrite et travail d'écriture filmique ? Ces questionnements interviennent en cours de doctorat (2e année). La présentation s'appuiera sur des extraits vidéo. La réalisation d'un film d'une quinzaine de minutes est envisagé pour la fin de la thèse (2019).

Gaëlle Ronsin - Au cours d'une thèse de sociologie portant sur les relations entre acteurs de la science et acteurs de la gestion de la nature, Gaëlle Ronsin a réalisé une vidéo de recherche de 10 minutes. Les images sont directement issues d'une enquête ethnographique menée au sein du conseil scientifique du Parc National des Écrins. La vidéo a pour but de montrer l'éventail des positionnements sociaux et professionnels avec lesquels un animateur de conseil scientifique, ici le responsable scientifique des Écrins, doit jongler. Le montage est construit autour de fragments représentant les cinq dimensions de son travail. Gaëlle Ronsin a eu comme ambition de faire de cette vidéo un mode d’écriture se suffisant à lui-même. Elle constitue ainsi une partie analytique d'un chapitre de ma thèse. Ce choix n'est pas sans soulever des questions sur le statut de l'image en sciences sociales (l'intégration de l'audiovisuel dans un format écrit, l'anonymat, les restitutions) mais également sur le parcours de recherche, ses méthodes et ses difficultés lorsque l'on choisit de travailler avec l'image. Présentation du film "Animateur de conseil scientifique : un travail polymorphe. Une vidéo de recherche".

Biographies

Anne Barrioz - doctorante au sein du laboratoire EDYTEM, son parcours de géographe se nourrit d'approches appliquées dans le cadre d'un master professionnel spécialisé dans l'aménagement des territoires de montagne. Il s'est complété par des apports plus théoriques et également plus diversifiés grâce aux concours de l'enseignement. Son intérêt pour le film de recherche est récent puisqu'il date du début de la thèse (2016). Les possibilités qu'offre ce matériau me semblent néanmoins particulièrement intéressantes pour mieux appréhender les interactions socio-spatiales d'espaces de montagne relativement isolés.

Gaëlle Ronsin - Avant d'effectuer un doctorat en sociologie de l'environnement à l'université Grenoble-Alpes, elle a travaillé dans le secteur culturel. Elle a été, entre autre, chargée de produire des vidéos dansées dans des lieux insolites de l'île de la Réunion. Elle est ensuite passée derrière la caméra grâce à deux formations: une première sur les techniques et le langage audiovisuel avec des documentaristes et une deuxième à l'Institut des Sciences de l'Homme à Lyon sur l'image dans les recherches en SHS. Elle a eu envie de mettre en pratique ces connaissances au cours de ma thèse en réalisant une enquête visuelle ancrée dans l'ethnographie. 




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