In-PACTE S02E13 : Jean-Michel Roux

In-PACTE saison 2 : Jean-Michel Roux

Les effets de la COVID sur les stades du futur

Pour son avant-dernier épisode, notre podcast In-PACTE s’est intéressé à un secteur encore inexploré sur son plateau : le loisir. L’invité de la semaine est donc Jean-Michel Roux, urbaniste de l'équipe Villes et territoires. Lors du premier confinement, Jean-Michel a initié une réflexion sur le sport spectacle et les stades de football à l’ère de la covid-19.

 

 

Les stades : un liant entre sport et urbanisme

On parle de sport-spectacle pour désigner la pratique sportive telle qu'elle se développe actuellement, sous l'égide de ligues de plus en plus fermées, avec des moyens de plus en plus importants et qui crée une rupture progressive dans le sport tel qu'il a longtemps été envisagé en Europe. C’est un champ de recherche privilégié de Jean-Michel, qui le développe depuis 20 ans, dans l’idée d’utiliser le stade de football comme un prisme pour comprendre les villes et les logiques d’urbanisation. En effet, pour lui, le stade peut être examiné comme une fractale de la ville, une représentation réduite mais fidèle qui permet, en la décortiquant, d’en déduire une compréhension profonde de l’urbanisme.

 

Et pour cause ; les enjeux des stades sont multiples. Leur dimension économique se perçoit notamment dans le développement des territoires, au travers d’un impact marketing évident, qui entraine souvent la rénovation de certains quartiers ou le redéveloppement des centres-villes comme à Grenoble. La dimension sociale du stade est également importante, puisque ce sont des lieux de socialisation privilégiés. Véritables reflets de la perception des espaces urbains, les stades sont ainsi un objet de recherche de premier choix pour un urbaniste tel que Jean-Michel.

 

Le spectateur au cœur du spectacle

L’arrivée de la pandémie a bien entendu redistribué les cartes sans épargner les stades. Les études portant sur l’impact de la covid-19 commencent à peine, mais un certain nombre d’observations peuvent déjà être dégagées.

 

Le constat le plus évident repose sur la présence des supporters - ou plutôt leur absence. En effet, le public pouvait paraître superflu dans l’organisation de matchs, voir être considéré comme une vraie contrainte logistique. Et pourtant, les matchs en huis-clos ont prouvé le contraire, l’absence de public ayant fortement altéré l’aspect « spectacle » du football et des sports collectifs en général. D’autre part, le couplage de la crise sanitaire avec les bouleversements sociétaux et individuels récents se fait sentir aussi sur le retour des spectateurs, dont l’effectif n’est pas aussi conséquent qu’avant la pandémie, et dont le comportement s’en retrouve notoirement marqué. Un champ d’étude à part entière pour les sociologues qui n’attendent qu’un peu de recul pour pouvoir tirer des réelles conclusions sur l’année écoulée.

 

Entre dystopie et utopie : un exercice de projection dans le futur

De son côté, Jean-Michel a entrepris une démarche d’étude bien spécifique, en lien avec des urbanistes et géographes, pour travailler en projection sur le devenir des stades. Autrement dit, l’objectif de la réflexion est d’imaginer quel pourrait être l’avenir des stades post-covid-19 à l’horizon 2050. Une méthode de recherche bien particulière, puisqu’elle ne s’appuie pas sur des analyses de données quantitatives, mais bien sur un exercice de projection, au travers de deux outils bien connus des amateurs de fiction : la dystopie et l’utopie.

 

Dans cette optique, il a ainsi associé la crise actuelle de la covid-19, mais aussi la crise économique, la crise sportive et la crise de la télévision en France, pour les étudier comme une véritable catastrophe de grande ampleur ; une « apocalypse » qui va détruire un monde pour laisser la place à un nouveau « monde d’après ». L’exercice de projection en dystopie essaie ainsi d’imaginer un premier cas où la situation n’a fait que s’aggraver suite à la catastrophe, tandis que l’utopie pose le postulat inverse, selon lequel un monde meilleur émerge des ruines du précedent. Deux hypothèses diamétralement opposées qui permettent d’explorer le champ des possibles sur le devenir des stades.

 

Les premiers résultats de cet exercice sont déjà disponibles dans l’ouvrage « Le stade d’après », publié la collection « Le virus de la recherche » propulsée à Pacte par les Presses Universitaires de Grenoble. L’étude complète sortira à l’international dans un futur proche, que l’on espère bien évidemment plus utopique que dystopique.

 

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