Jimmy Hajj soutient sa thèse

Jimmy Hajj soutient sa thèse

Thèse dirigée par Stéphane Cartier, codirigée par Amal Abou Fayad

 

Sujet de thèse : La décentralisation au Liban, analyse d’un leurre sociopolitique, À la lumière du développement économique local du caza de Jezzine

 

Composition du jury:

Madame Amal Abou Fayad, Professeure, Université Libanaise, Co-Directrice de thèse

Monsieur Stéphane Cartier, Chargé de recherche CNRS, Université Grenoble Alpes, Directeur de thèse

Monsieur Eric Paget-Blanc, Professeur, HDR, Université d’Evry, Rapporteur
Madame Isabelle Rivoal, Directrice de recherches au CNRS, HDR, Université Paris Nanterre,Rapporteure.
Madame Jocelyne Adjizian Gerard, Professeure, HDR, Université Saint Joseph Beyrouth, Membre
Madame Myriam Donsimoni, MCF, HDR, Université Savoie Mont-Blanc, Membre

 

Résumé :

Trois décennies ont passé depuis l’accord de paix entre les Libanais au terme de la guerre civile commencée en 1975. L’accord de Taëf a adopté l’application de la décentralisation administrative pour favoriser le développement local au Liban. Les conférences internationales de financement du Liban (Paris 3, CEDRE, …) qui ont généré des dons et des prêts conditionnés à des réformes structurelles dont une nécessaire gouvernance locale fait partie afin de renforcer la participation des municipalités et des habitants. Ce développement économique des territoires régionaux libanais dépend du pouvoir des familles claniques féodales. Depuis des siècles, ces anciennes familles détiennent les ressources de production et ont la mainmise sur la gouvernance territoriale. Ces familles se partagent le territoire du Liban et leurs tractations conditionnent les règles d’une démocratie consensuelle. Chaque famille gouverne son fief et joue le jeu des influences politiques et de la protection de sa communauté confessionnelle pour influencer les instances politiques nationales. La logique communautaire de la société libanaise avec sa mosaïque de 18 groupes confessionnels répartis sur un petit territoire est entretenue par les familles claniques qui se présentent comme les protectrices de leur communauté. Le clientélisme est leur moyen de leur maintien au pouvoir. Dans cette perspective, ce système de gouvernance est devenu pour les politiciens un leurre sociopolitique.

Notre thèse contribue à une lecture socio-politico-économique de l’influence de ces grandes familles sur le développement économique du caza de Jezzine. Dans le cadre de cette recherche on étudie l’application des notions de gouvernance territoriale, de décentralisation, des autorités traditionnelles ainsi que celle du développement économique local. Après une analyse de la littérature existante sur ces thèmes, nous avons conduit une analyse en deux volets afin de construire un  modèle avec les variables impliquées dans le développement à Jezzine : une étude qualitative exploratoire par l’analyse d’entretiens avec des représentants de la société jezzinoise et une étude quantitative confirmatoire par questionnaire. Cette  thèse éclaire la dynamique sociopolitique territoriale des familles claniques féodales à Jezzine, mais aussi les liens avec la gouvernance nationale. Le modèle final obtenu comprend 20 variables indépendantes et montre que ces grandes familles
claniques forment une variable médiatrice pour expliquer le développement économique local du caza de Jezzine. Ceci nous permettra d’élaborer des pistes sur l’impact d’une telle démarche de décentralisation appliquée au Liban.

 

Mots-clefs : décentralisation, développement économique local, familles claniques féodales, clientélisme, pouvoir, politique, histoire, Jezzine, Liban.



Chercheur.e.s impliqué.e.s : 

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Jimmy Hajj
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