L'urne et le fusil revisités : vote, groupes minoritaires et transitions démocratiques en Turquie

L'urne et le fusil revisités : vote, groupes minoritaires et transitions démocratiques en Turquie

Intervenant : Max-Valentin Robert, doctorant à Pacte

L’influence du facteur “identitaire” sur le comportement électoral constitue l’un des objets classiques de la science politique, mais n’a été guère étudié en dehors de cas ouest-européens. En outre, si la théorie des clivages a beaucoup été mobilisée dans l’étude du cas turc pour appréhender les antagonismes partisans locaux (« centre »-« périphérie », « conservateurs »-« modernisateurs », etc), peu d’études se sont fixées pour objectif de tester empiriquement l’existence de tels conflits politiques, notamment en ce qui concerne les questions kurde et alévie. A travers le recours à des analyses par régressions, nous testerons ici l’hypothèse selon laquelle un « vote identitaire » existerait en Turquie, et constituerait même un « raccourci informationnel » pour la décision électorale. Par ailleurs,  Partant de l’idée selon laquelle la cristallisation des comportements électoraux de la part des minorités peut contribuer à asseoir la légitimité du système politique (Birnir, 2009), nous estimons également que cette absence de cristallisation peut alimenter l’instabilité politique, voire légitimer le recours à la violence extraparlementaire. Adoptant une approche plus écologique, nous vérifierons ici si la transition démocratique de 1983-1987 s’est caractérisée par une plus grande volatilité électorale et par une plus grande hétérogénéité des préférences partisanes (par rapport aux précédentes transitions démocratiques turques) dans les provinces d’Anatolie kurdophone, ce qui éclairerait d’un jour nouveau l’affirmation d’un mouvement autonomiste armé dans la région (le PKK). Toujours dans le but de tester notre hypothèse d’une relation entre recours à la violence extraparlementaire et absence de débouchés électoraux viables, nous tenterons de vérifier si l’absence de mouvement armé porté par l’autre minorité importante du pays (les alévis) s’explique par de plus nettes préférences électorales de la part de cette population.



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Simon Persico
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