Lauranne Jacob soutient sa thèse

Sujet : Gouverner la frontière. Innovations dans la coopération transfrontalière des territoires alpins: Espace
Mont-Blanc, Alpi-Marittime-Mercantour. 

Jury :

Mme Fabienne LELOUP, Université Catholique de Louvain, Rapporteur

M. Emmanuel BRUNET-JAILLY, Université de Victoria, Rapporteur

Mme Marie-Christine FOURNY, Université de Grenoble Alpes, Examinateur

M. Bernard DEBARBIEUX, Université de Genève, Examinateur et Président de jury

M. Nicolas LEVRAT, Université de Genève, Examinateur

Mme Anne-Laure AMILHAT-SZARY, Université Grenoble Alpes, CoDirecteur de thèse

M. Frédéric GIRAUT, Université de Genève, CoDirecteur de thèse

M. Nicolas KADA, Université de Grenoble Alpes, CoDirecteur de thèse

Résumé : 

Cette thèse propose de penser les liens entre gouvernance, innovation sociale et territoire dans des marges transfrontalières des Alpes dans une perspective de dépassement disciplinaire. Inscrite principalement en géographie et secondairement en droit, cette recherche explore des thématiques communes que sont la frontière et le territoire. Elle tente de trouver un terrain d’entente sur la gouvernance avant aborder un sujet relativement neuf celui de l’innovation sociale.

La gouvernance des coopérations transfrontalières Alpi Marittime-Mercantour et Espace Mont-Blanc a ainsi été décortiquée et analysée de façon comparative. D’ordinaire peu étudiées par la littérature sur la gouvernance, ces coopérations présentent pourtant un intérêt du fait de leurs thématiques et enjeux spécifiques par rapport aux coopérations urbaines. En effet, le développement durable selon les trois piliers classiques est au cœur de leur projet respectif et doit trouver un équilibre acceptable entre protection et développement économique. La frontière défonctionnalisée sur le même modèle que les autres frontières internes à l’Europe permet une coopération. Cependant le relief fait obstacle au franchissement et affecte les modalités de la coopération. Cet aspect doit être intégré à l’analyse de la gouvernance, qui repose sur trois formes : une gouvernance institutionnelle (formelle et informelle), une gouvernance de projet (plutôt formelle) et une gouvernance de programme transfrontalier relativement complexe. Ce système de gouvernance est bien entendu multi-niveaux avec des relations verticales (bottom-up et top-down) mais aussi horizontales.

La thèse fait le point sur la définition de l’innovation et en particulier de l’innovation sociale dans une perspective critique. L’ambition n’est pas de déceler des innovations, mais plutôt d’expliquer comment le système de gouvernance décrit précédemment met en place des politiques publiques ayant entre autres objectifs l’innovation et de montrer les failles avec les « presque innovations » et les « innovations ratées ».

Enfin les processus d’institutionnalisation et de territorialisation de la coopération transfrontalière sont décrits en regard l’un de l’autre. Tous deux sont des processus continus inscrits dans le temps long, qui dépendent du ou des projets des acteurs de la coopération, de leurs ambitions, mais aussi des cadres politiques et juridiques nationaux et européen.