Les métèques de notre temps. La citoyenneté européenne et les frontières du peuple

Intervenante : Eva-Maria Schäfferle, doctorante à Pacte

Chercheur invité/discussion : Raul Magni-Berton, professeur à Sciences Po Grenoble / Pacte

Tandis que la démocratie est basée sur les valeurs de la liberté et de l’autodétermination de l’individu, la détermination de cet individu, à savoir sa définition en tant que citoyen ou étranger, échappe à son contrôle et influence. Loin de présenter un intérêt purement théorique, ce paradoxe – désigné souvent comme problème des frontières en théorie démocratique – a d’importantes conséquences pratiques. Ceci est particulièrement vrai pour ces individus qui résident durablement dans un pays autre que leur pays d’origine. En tant que non-citoyens, ils sont soumis à la loi de leur pays d’accueil sans avoir le droit de participer à sa création – une situation qui brise l’identité entre gouvernants et gouvernés et qui, per cela, met en question la légitimité démocratique de nos régimes modernes.

S’inspirant de la citoyenneté européenne, cette thèse défend l’idée qu’un régime de droits transnationaux peut contribuer à corriger le traitement non-démocratique des non-citoyens. Résultant de délibérations démocratiques entre différents peuples, il renforcerait non seulement les protections garanties aux non-citoyens mais rendrait ces protections plus solides en accordant à tout individu – via ses représentations au niveau transnational – une influence sur les droits dont il bénéficie en dehors de son pays d’origine.




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Chloé Berut
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