Magali Talandier est nommée Membre Senior de l'IUF

Magali Talandier est nommée Membre Senior de l'IUF

L'Institut universitaire de France a pour mission de favoriser le développement de la recherche de haut niveau dans les universités et de renforcer l'interdisciplinarité.Pour ce faire, l'IUF organise chaque année une campagne de sélection de nouveaux membres dont l'édition 2021 s'est avérée bienheureuse pour Magali Talandier.

 

 

Notre chercheuse spécialisée en aménagement et urbanisme rejoint donc officiellement les rangs des membres senior de l'IUF, félicitations !

 

RESYST’URB : RÉSILIENCE SOCIO-ÉCONOMIQUE ET ÉCOLOGIQUE DES SYSTÈMES URBAINS

 

Résumé :

Derrière les fractures apparentes entre métropoles et hinterland, il existe un ensemble de flux matériels et immatériels invisibles qui relient les territoires, du local au global. Une meilleure connaissance de ces flux aiderait les acteurs publics et privés locaux, ainsi que les décideurs nationaux, à accroitre la résilience économique des systèmes urbains dans un contexte de transition écologique.

 

Dépasser les fractures spatiales pour gagner en résilience :

En 2008, l’Union Européenne, et plus généralement une large partie des pays de l’OCDE, connaissaient la plus importante crise économique depuis la 2e Guerre Mondiale. Douze ans après, un grand choc s’annonce suite à la pandémie de la COVID-19. Les travaux en études urbaines et régionales ont montré l’hétérogénéité spatiale de l’impact de ces crises. L’intensité des pertes d’emplois et de revenus (Capello et al., 2015), mais aussi la temporalité du rebond, varie énormément d’un territoire à l’autre. Ainsi, on sait aujourd’hui que la crise de 2008 a renforcé la dynamique des métropoles (Capello et al., 2016). Ces processus alimentent, de plus, un sentiment de relégation chez les habitants et décideurs des espaces périphériques (Guilluy, 2016, Camus, 2017). C’est dans ce contexte de forte tension socio-spatiale que la pandémie de la COVID-19 frappe la plupart des pays du Monde et accroit encore un peu plus les fractures socio-spatiales (Nicola, 2020). Concernant le rapport villes-campagnes, tout se passe comme si deux scénarios s’offraient à nous. Soit, la grande ville décroit et repousse sa population privilégiée vers des zones rurales fragiles (pressions anthropiques, écologiques, immobilières), soit la grande ville ressort gagnante de cette crise, ce qui renforcerait alors encore un peu plus le sentiment de fracture.

 

Cet exemple montre comment ces processus complexes alimentent une vision binaire et caricaturale qui ignore l’existence de solidarités et de nombreuses interactions qui relient les villes et leur hinterland. 

 

Face aux crises actuelles (économiques et écologiques), nous faisons l’hypothèse que ces systèmes de flux déterminent la capacité de résilience des villes et des territoires. 

 

Avant la crise de 2007/2008, la notion de résilience a très peu été utilisée en études urbaines pour qualifier les dynamiques économiques (on note moins de 10 occurrences par an dans Web of Science en économie urbaine et régionale avant 2008). 

 

A présent, le concept est mobilisé pour analyser la récupération des économies locales face aux chocs (Martin et Sunley (2015) ; Diodato et Weterings (2015) ; Manca et al. (2017)). Martin (2012) identifie quatre dimensions de la résilience : (i) la résistance, qui mesure la sensibilité en termes de revenu régional ou d’emplois face à un choc exogène ; (ii) la récupération qui mesure la rapidité de retour à l’équilibre ; (iii) la réorientation qui indique comment la région change après un choc en modifiant par exemple sa composition sectorielle, et (iv) le renouveau qui est la capacité d’une économie à renouveler son sentier de croissance. 

 

Se pose aussi la question des facteurs de résilience économique. Si nous prenons l’exemple de la pandémie actuelle, les circuits courts, la relocalisation industrielle, le télétravail, la dé-densification des villes sont présentés comme des facteurs potentiels. Ils semblent pouvoir garantir - pour ceux qui les défendent - à la fois une diminution de notre empreinte environnementale, une souveraineté productive, une réduction des mobilités en voiture et un rééquilibrage territorial des richesses. 

 

Au-delà de leur réelle efficacité, ces pré-supposés facteurs de résilience reposent sur une lecture systémique de la ville. La relocalisation des chaines de production suppose une réorganisation des systèmes productifs locaux, le développement de circuits courts alimentaires engage un partenariat entre les villes et leur hinterland, le télétravail rend possible des installations résidentielles plus éloignées des villes, mais pas pour autant déconnectées de celle-ci. 

 

Or, aujourd’hui, nous ne disposons pas de cadres conceptuels et méthodologiques qui permettent de considérer conjointement les flux socio-économiques et les contraintes écologiques d’une ville au regard de son hinterland, du local au global. Ainsi, la relation métropole « reste du monde », qui pour l’instant divise, constitue, selon notre hypothèse, un moteur essentiel de la résilience économiques et écologiques de nos systèmes urbains.

 

Hypothèse centrale : 

Derrière les fractures apparentes entre métropoles et hinterland, il existe un ensemble de flux invisibles qui relient les territoires. Une meilleure connaissance des flux de richesses et de matières aiderait les acteurs publics et privés à accroitre la résilience économique des territoires dans un contexte de transition écologique.

 

Objectif : 

Rendre visible ces flux spatiaux qui relient les villes aux autres espaces, du local au global, afin de mieux définir les leviers de la résilience territoriale. 

 

Méthodologie : 

Le projet mobilise des méthodes quantitatives, à partir de bases de données statistiques, et qualitatives, sous forme d’entretiens en face à face. 8 études de cas sont prévues en Europe et en Amérique du Nord pour mettre en place une méthodologie robuste.

 

Résultats attendus :

Théoriques : Production d’un cadre conceptuel sur les systèmes économiques urbains et leurs facteurs de résilience.  

 

Méthodologiques : Elaboration d’une méthode originale pour l’étude couplée des flux spatiaux économiques et écologiques dans des contextes variés.

 

Opérationnels : Leviers d’action pour accroitre la résilience économique des villes et des territoires au regard des enjeux environnementaux.



Chercheur.e.s impliqué.e.s : 

Ouvert à tous