Nicolas Chausson soutient sa thèse

Nicolas Chausson soutient sa thèse

Sujet de thèse :  Penser la « métropole nocturne ». Entre tensions, risques et opportunités. Une première approche des nuits de la métropole lyonnaise à travers le concept de qualité de vie.

 

Thèse dirigée par Olivier SOUBEYRAN, Professeur émérite, Université Grenoble Alpes et codirigée par Luc GWIAZDZINSKI, Maître de conférences, Université Grenoble Alpes.

 

Composition du jury

Monsieur Philippe VIDAL, Professeur des universités, Université Le Havre Normandie, Rapporteur
Monsieur William STRAW, Professeur, Université Mc Gill, Rapporteur
Madame Nadine CATTAN, Directrice de recherche, CNRS, Examinatrice
Monsieur Guillaume FABUREL, Professeur des universités, Université Lumière Lyon 2, Examinateur
Madame Sandra MALLET, Maîtresse de conférences, Université de Reims Champagne-Ardenne, Examinatrice
Madame Natalia FILLOD-BARBARINO, Chargée d’études, Agence d’urbanisme de l’aire métropolitaine lyonnaise, Invitée

 

 

Résumé
Temps de l’obscurité et du repos social, la nuit urbaine a longtemps été considérée comme une discontinuité dans le rythme global de la société. Cependant, les temps changent. Entraînées par le mouvement de la société contemporaine, les nuits de nos villes s’animent et deviennent un nouvel espace-temps de la vie quotidienne.

Aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, une ville qui se veut internationale, attractive et dynamique, est représentée comme vivant intensément la nuit. Cette dernière autorise effectivement le fonctionnement en continu de l’économie mondialisée. Elle répond également au désir de vivre intensément éprouvé par les individus contemporains pour qui le « tout, tout le temps, tout de suite » devient une norme de la vie hypermoderne.

Si la nuit cristallise de nombreux enjeux de la société contemporaine, elle est de plus en plus tiraillée entre deux forces antagonistes. D’un côté, la nuit doit être animée pour répondre aux exigences économiques et à l’envie de divertissement des habitants. Mais de l’autre, elle doit rester une temporalité apaisée pour assurer le nécessaire repos de la société. Entre temps global et temps local, animation et apaisement, divertissement et repos, les nuits de nos villes apparaissent comme un nouveau champ de tension où les notions de conflits et de régulation sont souvent présentées comme des données centrales des politiques publiques locales. Mais en étant régulièrement analysée au prisme des conflits et de la régulation de ses activités, la nuit reste finalement peu considérée comme une dimension singulière de nos villes. Pourtant, en se référant à d’autres territoires, mais aussi à des activités, des économies, des populations ou encore, des pratiques reconfigurées, la nuit illustre finalement la recomposition temporaire de tout un système urbain.

Entre enjeu d’animation et enjeu d’apaisement de la ville, cette thèse de doctorat se propose de mieux comprendre le fonctionnement de la nuit urbaine. En nous appuyant sur le cas des nuits de la métropole lyonnaise en France, nous analyserons notre objet de recherche du point de vue de sa symbolique, de ses représentations, de son organisation spatiale et temporelle ou encore de ses activités. Afin de dépasser la notion de conflit, nous proposons également d’aborder la nuit sous un angle renouvelé. Pour opérer ce changement, nous avons choisi d’aborder la nuit à travers le concept de qualité de vie qui suppose de mettre en regard les potentialités d’un cadre de vie donné - celui de la nuit urbaine - avec les aspirations de celles et ceux qui le fréquentent de manière constante ou temporaire.

Entre animation et apaisement de la ville, nos investigations nous conduiront à formuler des pistes de réflexion afin d’imaginer des nuits urbaines plus accueillantes, inclusives et soucieuses de la qualité de vie des individus. Nous proposerons notamment de mieux intégrer la dimension nocturne des territoires dans la pratique de l’urbanisme et de l’aménagement urbain ou encore de repenser les aménités de la ville à travers l’élaboration d’une politique publique de la nuit. Pour ce faire, il nous semble indispensable de placer les individus au centre de la démarche pour faire de la nuit le sujet d’un vaste projet urbain pensé par et pour la qualité de vie.

 

Abstract
Time of darkness and social rest, the urban night has for a long time been considered as a pause in the overall pace of society.

However, times are changing. Driven by the movement of contemporary society, the nights of our cities have come alive and become a new space-time of everyday life.

Today, whether we like it or not, a city that wants to be international, attractive and dynamic, is represented with an intensely lively nightlife. The latter effectively allows the continuous operation of the globalized economy. It also fulfills the desire of an intense life shared by contemporary individuals for whom «everything, all the time, immediately» becomes a standard of hypermodern life. If the night crystallizes many stakes of the contemporary society, it is more and more torn between two antagonistic forces. On the one hand, nights must be lively to meet the economic requirements and the people’s desire of entertainment. But on the other hand, it must remain a quiet time to ensure the necessary rest of a society operating as a «thousand-stroke waltz».

Among global and local time, vibrancy and calm, entertainment and rest, the nights of our cities appear as a new field of tensions where the concepts of conflict and regulation are often presented as central in local public policies. But because the night is often analyzed through conflicts and nighttime activity regulation, it remains little considered as a singular time within our cities. Still, since referring to other territories, but also activities, economies, populations, or altered practices, in the end nights exemplifies a time- framed reorganization of an entire urban system.

Facing the issues of vibrant and calm city nights, this PhD thesis aims to understand better how the urban night works. Based on the example of the Lyon metropolis nights in France, we will analyze the subject with emphasis on symbolism, representations, space and time organization, and activities. To investigate beyond the notion of conflict, we also propose to study nights from a renewed angle.

To make this change, we have chosen to address the night through the concept of quality of life, leading us to compare the offer of a given living environment - that of the urban night - with the aspirations of those who are constantly or temporarily involved in it. Among vibrancy and calm of the city, our investigations will lead us to propose lines of thought in order to design urban nights that are more welcoming, inclusive and concerned about the quality of life of individuals. Among other things, we will propose a better integration of territories night aspect in town planning and urban area development, and to redesign the city appeals through the development of a night oriented public policy. To do this, placing people at the heart of the process seems essential to make nights a subject within a vast urban project designed by and for the quality of life.



Chercheur.e.s impliqué.e.s : 

Contact : 
Nicolas Chausson
Ouvert à tous