Patrimonialiser l’habiter. Quand les usages deviennent-ils patrimoine ?

Patrimonialiser l’habiter. Quand les usages deviennent-ils patrimoine ?

RENCONTRE ANNUELLE DU RÉSEAU LIEU 2018

Les activités scientifiques du Réseau LIEU1 « Habiter la patrimonialisation »2 ont montré que les processus de patrimonialisation ont des effets importants sur l’habiter : précarisation, gentrification, reconstructions identitaires, transformations de certaines pratiques urbaines, etc.
Lors de cette nouvelle rencontre qui poursuit la réflexion autour des impacts des processus de patrimonialisation sur l’habiter3 - réflexion engagée notamment lors de la rencontre organisée en 2017 à Paris au sujet de l’articulation entre patrimonialisation et précarité - nous proposons de questionner des contextes où le fait d'habiter devient en soi « patrimoine ».
Si depuis deux ou trois décennies le phénomène de la patrimonialisation concerne des objets de plus en plus divers relevant d’échelles multiples, est-ce que l’habiter même, en tant qu’action, serait devenu un objet de patrimonialisation ? Nous nous intéresserons aux processus qui font de l’anodin de la vie quotidienne, et des espaces qui la caractérisent, une expérience unique et représentative, capable d’identifier, qualifier et/ou protéger des lieux à valeur patrimoniale (patrimoine classé, inscrit, ordinaire, bien commun, etc.).

Trois axes de réflexions sont proposés :

  1. Le patrimoine est aujourd'hui une « réalité évolutive et dynamique »4 qui dépasse la dimension savante et restreinte pour glisser vers « un engagement collectif, ne serait-ce que par délégation »5. Face à ce glissement, pouvons-nous considérer que ce sont les formes de l’habiter ordinaire qui deviennent patrimoine ? Quelle est leur relation à la production du cadre spatial qui permet de conserver des usages, des pratiques et des mémoires6 ?
  2. Les formes d’habiter font l’objet de fictions qui peuvent alimenter la mise en récit et la représentation, parfois détournée, du patrimoine. Si les productions fictionnelles questionnant le devenir d’un lieu peuvent être un moyen de construire une narration sur un héritage volontaire de la ville7, quel est leur rôle face à la patrimonialisation de l’habiter ?
  3. Si les manières d’habiter deviennent un élément de patrimonialisation, quelles sont les conséquences socio-spatiales, notamment dans les quartiers populaires en transformation ? Quelles « formes de citadinité »8 sont associées à la mise en récit patrimoniale des manières d’habiter ? Quelles formes d’exclusion peut produire ce processus ? Plusieurs objets de recherche et cas d’études pourront nourrir cette rencontre : des formes de mise en récit collectif du « bien commun » ; des expériences de réhabilitation spontanée de lieux patrimoniaux abandonnés ou désaffectés ; des formes de patrimonialisation éphémères (graffitis, fêtes, etc.) ; des usages, pratiques et compétences considérés comme indispensables pour la reconnaissance d'un patrimoine ordinaire ; des fictions questionnant le patrimoine ordinaire ; des processus d’exclusion et de vulnérabilisation des citoyens dans des contextes de patrimonialisation de l’urbain ordinaire.

Appel à contributions

Les propositions de communication ne devront pas dépasser les 1500 signes (bibliographie exclue) et être accompagnées par une courte biographie des auteurs. L’événement sera bilingue français/anglais. Les auteurs peuvent répondre en anglais ou en français en spécifiant s’ils peuvent communiquer dans une seule des deux langues du colloque ou dans les deux.
Les réponses sont à envoyer au plus tard le 1er septembre 2018 à l’adresse mail reseaulieu.archi@gmail.com
Sélection du comité scientifique : 15 septembre 2018.
À la suite de la rencontre les contributions feront l’objet d’une publication sur la revue du réseau LIEU : État des lieux http://www.reseau-lieu.archi.fr/La-revue-Etat- des-lieux
 

 

Comité d’organisation :
Giulia Bonetto (Réseau LIEU), Federica Gatta (PACTE, LAA-LAVUE, Réseau LIEU), Ryma Hadbi (CRESSON-AAU) et Alice Sotgia (LAA-LAVUE, Réseau LIEU)
 

 

Comité scientifique :
Arlette Auduc (Comité d’Histoire du Ministère de la Culture) Alessia de Biase (LAA-LAVUE, Réseau LIEU)
Ewa Bogalska-Martin (PACTE)
Maria Francesca De Tullio (Université Federico II de Naples) Adriana Diaconu (PACTE)
Federica Gatta (PACTE, LAA-LAVUE, Réseau LIEU) Ioana Iosa (LAA-LAVUE, Réseau LIEU) Pierre-Antoine Landel (PACTE)
Théa Manola (CRESSON-AAU)
Giuseppe Micciarelli (Université de Salerno) Sophie Paviol (AE&CC, Réseau LIEU) Nicolas Senil (PACTE)
Alice Sotgia (LAA-LAVUE, Réseau LIEU) Nicolas Tixier (CRESSON-AAU)
Véronique Zamant (LAA-LAVUE, Réseau LIEU)


Ouvert à tous
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