Penser l'écologie depuis le monde caribéen : le cas de la contamination globale au chlordécone

Penser l'écologie depuis le monde caribéen : le cas de la contamination globale au chlordécone

En 2007, la France découvrait un « désastre sanitaire » aux Antilles. De 1972 à 1993, une molécule organochlorée, le « chlordécone », a été utilisée comme pesticide dans les bananeraies de la Martinique et de la Guadeloupe, entraînant une contamination généralisée, durable et délétère. La (re)découverte de cette contamination entraîna de multiples critiques et manifestations de la part des habitants de ces sociétés postcoloniales et post-esclavagistes liées tant aux causes qu’au mode de gestion de cette contamination. À partir de ce cas d’étude, cette rencontre comportera deux moments. Dans un premier temps, je présenterai les manières dont une pollution environnementale devient le lieu de critiques postcoloniales et de conflits mémoriels. Par son histoire coloniale et ses imaginaires créoles de résistances, la Caraïbe montre une conceptualisation de l’écologie intrinsèquement liée aux enjeux de justice sociale et d’égalité postcoloniale. Dans un second temps, je présenterai mon projet de recherche CNRS qui propose une compréhension cosmopolitique de cette contamination chimique retraçant les différents lieux et types d’utilisation de cette molécule dans plusieurs pays. Loin d’un cas particulier, le chlordécone témoigne d’une histoire globale des toxiques, des usages de la nature et des risques sanitaires engendrés. Il met en cause ce que j’appelle la condition toxique de l’Anthropocène. Ces deux moments indiquent que des petites îles de la Martinique et de la Guadeloupe à l’échelle du globe, les enjeux écologiques interrogent sans cesse les possibilités d’un monde commun. 

Biographie

Malcom Ferdinand est docteur en philosophie politique et ingénieur en environnement. Ses recherches se situent à la croisée de la philosophie politique, des science and technology studies et des théories postcoloniales. Il va publier prochainement un livre intitulé : Une écologie décoloniale : penser l’écologie depuis le monde caribéen.

 

Vous êtes invités à nous rejoindre pour un repas partagé (chacun amène une partie du repas) dès 12h.




Ouvert à tous