Sonia Chardonnel soutient son HDR

Sonia Chardonnel soutient son HDR

HDR dirigé par Lena Sanders, Directrice de recherche, CNRS – Université Paris 1 – Université Paris Diderot

 

Sujet de HDR : Chroniques quotidiennes des mobilités individuelles et des territoires

 

Composition du jury : 

Françoise DUREAU, Directrice de Recherche honoraire, IRD, UMR Migrinter
Caroline GALLEZ, Directrice de Recherche, IFSTTAR, UMR LVMT
Didier JOSSELIN, Directeur de Recherche, CNRS, UMR Espace
Thierry RAMADIER, Directeur de Recherche, CNRS, UMR SAGE
Lena SANDERS, Directrice de Recherche, CNRS, UMR Géographie-Cités
Marie-Hélène VANDERSMISSEN, Professeure titulaire à l’Université Laval, Laboratoire CRAD

 

Résumé

Cette habilitation à diriger des recherches porte sur l’analyse des mobilités spatiales quotidiennes en lien avec les dynamiques métropolitaines en France. Ce travail s’inscrit dans un contexte sociétal où les politiques de régulation des mobilités spatiales doivent répondre aux enjeux, parfois difficile à concilier, liés aux besoins d’accessibilité sociale et spatiale et aux exigences sanitaires et environnementales. Nous défendons une approche des mobilités spatiales éclairée par deux points de vue : celui des individus et de leurs pratiques spatiales quotidiennes ; celui des territoires animés par la présence et par les flux des populations et de leurs activités. Et nous proposons, pour cela, de mettre l’accent sur les dimensions spatiale et temporelle des mobilités quotidiennes afin d’appréhender les relations réciproques qui s’exercent entre les individus et les territoires.  

 

Nous définissons ainsi un système socio-spatial des mobilités dont la conceptualisation s’appuie sur la time-geography, enrichie par les apports de connaissances pluridisciplinaires issues du champ scientifique des mobilités spatiales. En découle une contribution originale sous la forme de deux objets de recherche spatio-temporels, les « chroniques quotidiennes des mobilités individuelles » et les « chroniques quotidiennes des territoires » à partir desquels nous construisons des connaissances sur la mobilité quotidienne au niveau des individus et des territoires de manière dynamique.

 

Sur le plan opérationnel, nous proposons une chaîne de traitement qui repose sur différents modes de collecte de données spatio-temporelles de mobilité (carnets de bord, enquête ménages déplacements, suivi GPS, entretiens), et sur des méthodes de géovisualisation, d’analyses statistiques et de simulation pour les représenter et les analyser.

 

Les résultats des recherches menées selon cette approche sont présentés selon trois axes : 

  • Chroniques quotidiennes des mobilités individuelles : la prise en compte de la structure temporelle des programmes d’activités et des formes spatio-temporelles des déplacements révèle des « styles de journées » archétypiques similaires dans différentes régions métropolitaines. Le rôle des routines dans la vie quotidienne et dans la mobilité des ménages est précisé grâce à l’analyse des concordances dans les programmes d’activités qui montre des formes de coordinations spatio-temporelles au sein des ménages. En analysant les logiques d’action, nous comprenons comment mobilité et mode d’habiter révèlent des rapports à l’espace et au temps que les individus construisent en interaction avec leur entourage. 

  • Chroniques quotidiennes des territoires : la prise en compte des dimensions spatiale et temporelle liées aux mobilités spatiales et aux ressources urbaines permet de déterminer l’évolution des présences des populations et des offres à l’échelle d’une région métropolitaine. La géovisualisation des indicateurs de présence montre les dynamiques quotidiennes de peuplement et de ressources urbaines qui servent ensuite à mieux caractériser l’animation du territoire et son accessibilité spatio-temporelle. Les flux de population témoignent des liens entre les sous-espaces d’un territoire et révèlent les relations de hiérarchie et de complémentarité entre les pôles principaux et intermédiaires. 

  • Chroniques quotidiennes et simulation : les connaissances acquises sur les relations réciproques entre pratiques individuelles et dynamiques des territoires sont réinvesties dans des modèles de simulation qui visent à évaluer les effets d’un changement des configurations spatiales et/ou temporelles d’un territoire sur la vie quotidienne de sa population, comme la régulation de la circulation automobile. Time-geography et approche multi-agent sont combinées dans un modèle qui simule la dynamique quotidienne d’une ville à partir de la génération de programmes d’activités et de mobilité réalisés par une population synthétique.



Chercheur.e.s impliqué.e.s : 

Ouvert à tous