Stage : Représentations des risques professionnels des fonctionnaires. Recension et analyse  lexicographique de revues académiques

Stage : Représentations des risques professionnels des fonctionnaires. Recension et analyse lexicographique de revues académiques

OFFRE DE STAGE POUR UN.E ETUDIANT.E DE MASTER 2 IEP/UGA 

IEP Grenoble / laboratoire Pacte - Premier semestre 2023 

 

Contexte 

Ce stage se tiendra en parallèle du travail mené par une équipe de recherche pluridisciplinaire  (histoire, science politique et sociologie). L’équipe de recherche (collectif 350 tonnes et des  poussières, programme ANR AmiEtat) fait le constat que l’exposition des agent.e.s de la fonction  publique aux matériaux toxiques a longtemps constitué un impensé pour les décideurs publics  comme pour les sciences sociales. Sur cette base, cette recherche vise à comprendre la  construction du problème public de l’amiante dans la fonction publique des années 1970 à nos  jours, en s’intéressant aux mobilisations professionnelles et à l’évolution des régulations  étatiques sur le sujet. Le ou la stagiaire pourra être amené à participer aux réunions du projet et  à échanger avec ces chercheur.es. 

Pour plus d’informations sur le programme AmiEtat, se référer à la page internet accessible sur  le site du laboratoire Pacte : https://www.pacte-grenoble.fr/programmes/amietat 

 

Présentation de l’objet du stage 

Les enjeux de santé au travail ont fait l’objet de nombreuses recherches depuis le milieu des  années 2000. Plusieurs numéros de revues ont ainsi été consacrés à cet objet. Les sujets explorés  relèvent d’enjeux variés : de savoirs et de pouvoirs, de mise en visibilité, des pratiques de  prévention comme des conséquences néfastes du travail en matière de santé, qu’elle soit  physique ou mentale. Mais comme ailleurs en Europe, cette littérature se concentre sur le secteur  privé et s’intéresse peu au travail dans la fonction publique et à ses spécificités, même si quelques  exceptions offrent une comparaison entre l’Europe occidentale et les démocraties populaires. 

 

Or fin 2019, un·e salarié·e sur cinq travaille dans la fonction publique, soit 5,66 millions de  personnes dont 67 % ont le statut de fonctionnaire. Personnels soignants, enseignant·e·s,  militaires, secrétaires, agent·e·s d’entretien, etc., elles et ils relèvent de l’une des trois fonctions  publiques (d’État, hospitalière ou territoriale), secteur où tous les métiers sont représentés. Les  risques professionnels auxquels ils et elles sont exposé·e·s sont donc a priori identiques à ceux  du secteur privé. Or l’exposition aux risques professionnels ainsi que les effets de statuts d’emploi  spécifiques des fonctionnaires, restent largement invisibles dans le champ académique. 

 

En optant pour une entrée par métiers (soignant·e·s, diplomates, éboueurs, policier·e·s…),  certains travaux parviennent à rendre compte des risques professionnels encourus par les  travailleur·se·s des fonctions publiques et de l’usure physique ou mentale dont ils et elles sont  victimes. Ces recherches se concentrent toutefois sur les risques les plus reconnus (musculo-squelettiques et psycho-sociaux), tandis que l’exposition des agent·e·s aux risques toxiques  demeure un impensé. Surtout, ces études se désintéressent généralement du cadre d’exercice et  du statut de fonctionnaire et de leurs effets sur la santé, hormis pour les penser comme une  « mise à l’abri ». Les études en sciences sociales semblent ainsi suivre un implicite, selon lequel  le statut de fonctionnaire, qui garantit l’emploi, préviendrait en lui-même des risques  professionnels. 

 

Chacune des trois fonctions publiques est dotée de ses propres règles statutaires, bien  spécifiques. Tous ces textes renvoient toutefois aux dispositions du Code du travail sur la santé  et sécurité au travail, et particulièrement à sa partie IV concernant les principes généraux relatifs  aux risques professionnels, notamment en matière de prévention. Les travaux de quelques  auteur·e·s questionnent les spécificités des dispositifs de prévention et de réparation de la santé  au travail dans la fonction publique. Il est ainsi souligné qu’il s’y pratique une médecine de  prévention, qui dépendrait « dans les administrations de la seule volonté de la personne publique  employeur ». Les procédures de reconnaissance de la maladie professionnelle et de l’inaptitude  y sont également spécifiques et laissent peu de marge de manœuvre aux agent·e·s pour agir sur  les décisions prises à leur égard. Dans les faits, les dispositions de la partie IV du Code du travail  semblent ainsi loin d’être appliquées. Tout se passe comme si l’État-employeur se préservait de  toute sanction ou coercition. 

 

Méthode 

Afin de questionner l’invisibilité des risques professionnels auxquels sont exposé·e·s les agent.e.s  de la fonction publique, l’objet de ce stage est de questionner les représentations dominantes de  l’administration et de la médecine en matière de risques professionnels des agent.e.s de la  fonction publique et plus spécifiquement les risques toxiques et l’amiante. Le ou la stagiaire  complétera la revue de littérature commencé par le groupe de recherche. Il ou elle recensera les  articles portant sur ces objets au sein des principales revues de l’administration publique et de  médecine du travail. En fonction des résultats obtenus, une analyse lexicographique de ceux-ci  pourra être établie. 

 

Objectifs du stage : 

  • Réalisation d’une revue de la littérature sur l’exposition des agent.e.s de l’État aux  risques toxiques et à l’amiante 
  • Afin de cerner la place de la fonction publique d’État dans les travaux médicaux et  académiques en santé au travail, le ou la stagiaire effectuera une recension, suivie d’une  analyse lexicométrique, de la revue Archives des maladies professionnelles et des thèses  de médecine du travail. 
  • Afin de cerner les représentations en manière de santé au travail au sein de la fonction  publique et d’y restituer notamment la trajectoire du problème amiante, le ou la  stagiaire recensera les articles évoquant des questions de santé au travail au sein des  revues spécialisées de l’administration publique : Revue française d’administration  publique et la Revue française des affaires administratives. 
  • Une analyse lexicométrique des résultats de ces recensions pourra être menée • Si le ou la stagiaire le souhaite, il sera possible de l’associer à la réalisation d’entretiens  complémentaires avec des membres de l’équipe de recherche du projet AmiEtat.

 

Modalités pratiques : 

Organisme d’accueil : Sciences Po Grenoble 

Lieu d’accueil et adresse de l’activité du stage : le laboratoire Pacte. 

Durée du stage : 4 à 6 mois 

Conventionnement : Stage conventionné entre l’établissement d’inscription de l’étudiant et le laboratoire Pacte. 

Indemnisation : Rémunération au titre d’un stage universitaire conventionné. 

Nom du responsable du stage et coordonnées :  Renaud Bécot, Maître de conférences en histoire, Sciences Po Grenoble (renaud.becot@iepg.fr), Gabrielle Lecomte-Ménahès, Post-doctorante en sociologie, Pacte (gabrielle.lecomte menahes@umrpacte.fr)  

 

Candidature (CV et lettre de motivation) à adresser au responsable de stage (voir ci dessus) avant le 12 décembre 2022.

 




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