Un pays sans déserts médicaux ? la France du premier XIXe siècle

Un pays sans déserts médicaux ? la France du premier XIXe siècle

Olivier Faure, historien de la santé et de la protection sociale, professeur d'histoire contemporaine à l'université Lyon III, Jean Moulin et membre de l'équipe RESEA du laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes.

 

Conscients que les docteurs en médecine n’iraient pas soigner les habitants des campagnes, les législateurs du Consulat créèrent un second ordre de médecins, les officiers de santé. Recrutés après une formation courte ou pratique, examinés par des jurys locaux, ils ne pouvaient exercer que dans un cadre géographique restreint pour éviter leur venue dans les grandes villes.

 

Cette profession connut un grand succès puisque pas moins de 20 000 jeunes hommes rentrèrent dans ces rangs et vers 1840, ils étaient presque aussi nombreux que les docteurs. Issus en grande partie au sein des milieux ruraux modestes, ils s’installèrent tout naturellement soit dans leur village d’origine soit dans d’autres lieux dépourvus de docteurs. Pas forcément mal formés ils offrirent au peuple des campagnes des soins d’autant mieux acceptés qu’ils étaient fournis par des gens socialement et culturellement proches.

 

Pourtant, sous la pression des docteurs, l’entrée dans la profession fut rendue plus difficile à partir de 1854 avant d’être fermée en 1892.

 



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