Type de publication:

Articles

Source:

Zeitschrift für Unternehmensgeschichte, C.H.Beck, Ticket 2/2005, p.159-180 (2006)

ISBN:

0342-2852

Numéro d'appel:

halshs-00147416

URL:

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00147416

Mots-clés:

relations franco-allemandes

Résumé:

La sidérurgie française dut produire pour l'Allemagne pendant la guerre sous le joug d'un contrôle extrêmement strict, mais ceci n'empêcha pas certains liens directs qui s'appuyaient sur des relations fort anciennes entre les deux patronats. Celles-ci furent d'abord totalement bouleversées par le conflit et les ambitions que celui-ci permettait à la sidérurgie allemande : recouvrement d'anciennes propriétés, récupération de brevets, prises de participation. L'ensemble de ces actions visaient à opérer une emprise durable sur une partie de l'économie française.<br />Sur le terrain, les entreprises françaises furent l'objet d'un double contrôle, militaire et civil, ce dernier étant placé sous la responsabilité de directeurs ou d'ingénieurs dans de grandes usines sidérurgiques allemandes. Si les entreprises chargées de ce contrôle technique en tirèrent de très bons bénéfices, cependant cette présence alla plutôt dans le sens d'une atténuation des difficultés humaines et matérielles de l'occupation. On constate aussi d'autres formes de relations qui allaient d'affaires commerciales relativement classiques à des propositions de travail ou d'investissements en commun. Le gouvernement nazi encouragea par ailleurs les rencontres entre industriels. Les entreprises de la zone occupée furent obligées d'adhérer aux cartels allemands, une manière de renforcer la mainmise sur leur production, qui aboutit cependant à une certaine égalité de traitement face au marché allemand et aux problèmes d'approvisionnement. <br />Malgré de terribles conditions d'occupation, la reprise des contacts entre les deux groupes professionnels nationaux fut très rapide après la guerre. Dès 1946, le patronat français considère à nouveau les sidérurgistes allemands comme des partenaires naturels avec lesquels les relations doivent être normalisées à court terme. Les premiers contacts officiels ont lieu au sein de la Chambre de commerce internationale et de l'OECE. Ainsi, malgré les conditions très pénibles dans lesquelles la sidérurgie française a vécu la guerre, les liens n'ont pas été totalement rompus et nous faisons l'hypothèse que les relations forcées pendant la guerre ne constituèrent pas un obstacle rédhibitoire à la normalisation rapide de ces relations dans le premier après-guerre.

Notes:

Humanities and Social Sciences/HistoryJournal articles

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