Type de publication:

Book Chapter

Source:

Le balnéaire : modèles et circulations de modèles, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p.189-206 (2015)

ISBN:

978-2-7535-4069-9

Numéro d'appel:

hal-01675113

URL:

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01675113

Résumé:

" Se baigner dans la mer " semble être, de prime abord, une pratique banale tant celle-ci nécessite en apparence peu de dispositions culturelles. Cependant, il est possible d'évoquer la présence de plusieurs mouvements culturels qui ont largement contribué à changer la manière d'entretenir une relation avec la mer, le sable et la plage. D'une pratique élitiste au XVIII° siècle à sa généralisation actuelle sur toutes les plages de France et de Navarre, bien des usages divergents sont apparus. Ils illustrent le changement qu'une société entretient avec ses rivages en fonction des périodes historiques. En effet, prendre un bain n'est pas une pratique anodine ; elle renvoie à une manière de vivre un rapport à soi, aux autres, à la nature et à la société. Même si l'océan et la mer expriment un sentiment de liberté et de mise entre parenthèse des contraintes et des contrôles sociaux, l'observation des pratiques rend compte d'une toute autre réalité qui en fait une pratique éminemment sociale et culturellement construite. Dans cet écrit, il s'agira de raconter cette histoire des bains de mer qui va des premiers bains aristocratiques de l'époque classique aux immersions écologiques du XXI e siècle naissant. 1/ Sur quelques précautions théoriques Pour relater cette histoire, nous utiliserons une double matrice de lecture des pratiques récréatives. La première matrice renvoie à cette idée de forme culturelle par laquelle se dessine à un moment de l'histoire contemporaine une manière commune de vivre une relation avec une pratique de loisir. Un style de pratique exprime la façon dont un collectif, socialement constitué (logique sociale), définit des logiques corporelles (techniques du corps, code de jeu, espace d'action,…), des usages sociaux (vestimentaires, relations sociales, alimentation, lieux affectionnés,…) et des représentations sociales (images, valeurs, conceptions), engagés dans la fabrique de cet ensemble. La forme culturelle va être la traduction d'une rencontre entre un univers culturel (construit par des acteurs : équipement, hébergement, encadrement,…) et un style de pratique (cf supra). Suite à différents travaux de recherche (Corneloup, 2011), il est possible d'identifier cinq grandes formes culturelles qui traversent l'histoire des pratiques récréatives : formes traditionnelle, moderne, dissidente, postmoderne et transmoderne. En référence à une sociologie structurelle et structuraliste (Corneloup, 2002), il est possible d'évoquer deux principes-clés qui interviennent dans le façonnage de ces formes : d'une part, l'émergence de ces mouvements à certaines périodes de l'histoire contemporaine se fait en lien avec de nouvelles configurations sociétales (sociales, technologiques, politiques,..) ; d'autre part, des jeux de sens et d'opposition se construisent entre formes culturelles pour marquer leur différence et leur manière particulière de vivre le rapport à la pratique. Si cette dynamique culturelle est générale à toutes les pratiques de loisir, elle se spécifie dans chacune de celles-ci révélant bien des histoires singulières et des appropriations particulières.

Notes:

Humanities and Social Sciences/SociologyBook sections