Type de publication:

Conference Paper

Source:

Quand l’écologie entre en ville / When ecology goes to town, Lausanne, Switzerland (2019)

Numéro d'appel:

halshs-01950838

URL:

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01950838

Résumé:

La traditionnelle stratégie de conservation consistant à établir des périmètres de protection est apparue comme insuffisante pour enrayer l’érosion de la biodiversité. C’est notamment fort de ce constat que le concept de réseau écologique, importé de l’écologie du paysage et de l’écologie des populations, s’est vu progressivement promu dans le champ de l’aménagement (Jongman, 1995 ; François et al., 2010 ; Debray, Chaurand, 2017). L’enjeu est essentiellement celui de la fragmentation des habitats d’espèces faunistiques et floristiques, notamment par les implantations humaines, souvent considérée comme une cause majeure du déclin de la biodiversité. La reprise de ce concept de réseau écologique dans une optique opérationnelle et aménagiste, alors que celui-ci s’appréhendait initialement comme cadre théorique, ne manque d’ailleurs pas de soulever certaines interrogations parmi les écologues (Boitani et al., 2007 ; Battisti, 2013 ; Gippoliti & Battisti, 2017).Ce contexte questionne alors les modalités de définition de ces réseaux écologiques dans les procédures de planification et tout particulièrement l’expertise mobilisée pour en justifier les tracés. Il s’avère que les connaissances disponibles au niveau des territoires sont souvent parcellaires ou sinon fragiles pour jauger de la pertinence écologique des contours retenus et que les méthodologies utilisées sont parfois distantes de celles qui peuvent être privilégiées dans les cercles scientifiques en écologie. Cette constitution de l’expertise apparaît toutefois comme un aspect clé sachant que l’approche par les réseaux écologiques a pour corollaire de réintroduire l’enjeu de la biodiversité sur des superficies qui avaient été plus ou moins dévolues à d’autres fonctionnalités socioéconomiques.Cette communication propose ainsi d’étudier de plus près l’expertise mobilisée sur le terrain en vue de l’inscription de réseaux écologiques dans les documents de planification et d’interroger par la même l’évolution de la relation entre expertise et action dans le champ de l’aménagement. Il convient notamment de s’interroger sur la nature des acteurs et instances impliqués dans la production de données, sur l’hétérogénéité des connaissances et méthodologies exploitées en fonction que l’on se situe sur des espaces densifiés ou périurbains, ou même sur l’apport potentiel du concept de réseau écologique pour réinterroger localement la notion de biodiversité (Vimal et al., 2012).La communication proposée se conçoit comme un échange entre un praticien (écologue oeuvrant au sein d’une agence d’urbanisme) et un chercheur (oeuvrant sur la prise en compte de questions environnementales dans les démarches planificatrices) et se verra développée sur la base d’un matériel (analyse de documents de planification, retours d’expérience, entretiens semi-directifs) recueilli sur la région urbaine grenobloise dans un contexte de mise en oeuvre de la politique française de la trame verte et bleue aux échelles supracommunale (schéma de cohérence territoriale) et locale (plans locaux d’urbanisme).

Notes:

Humanities and Social Sciences/Architecture, space managementConference papers

Equipe de recherche :