Type de publication:

Ouvrages

Source:

PUG (Presses Universitaires de Grenoble), p.344 p. (2005)

Numéro d'appel:

halshs-00290241

URL:

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00290241

Résumé:

Confrontées à l'affaiblissement des mécanismes de solidarité et de protection, à la montée des phénomènes de pauvreté et de précarité, à des dynamiques de fragmentation sociale et urbaine, des politiques aussi diverses que celles de l'action sociale, de l'emploi, du logement, de l'éducation ou de la ville connaissent depuis le début des années 1980 des mutations importantes : inflexion des objectifs, transformation des modes d'intervention et de régulation, impulsion de nouveaux modèles de coopération et de nouvelles pratiques d'intervention. Ces transformations n'affectent pas de la même manière ni avec la même intensité les différents secteurs d'action publique, mais elles apparaissent malgré tout dans une même période sous des formes voisines. La lecture des politiques publiques proposée dans cet ouvrage embrasse une longue période d'un quart de siècle (1980-2005) en adoptant un point de vue transversal qui permet de comparer les évolutions des politiques qui concourent, d'une façon ou d'une autre, à la lutte contre les exclusions. Cette lecture dévoile les nouvelles préoccupations et priorités sociales apparues dans des domaines d'action fortement structurés par l'intervention publique (éducation, santé), le rapprochement entre des politiques demeurées jusqu'à maintenant relativement autonomes (action sociale et logement par exemple), la constitution de nouveaux domaines d'action publique qui tentent de recomposer dans un même ensemble des politiques sectorielles et d'en modifier les normes pour traiter l'exclusion sociale ou spatiale (les politiques d'insertion, la politique de la ville). Ces évolutions constituent autant de manifestations du remaniement des politiques publiques et de la transformation des modes d'intervention. Le titre choisi pour cet ouvrage ("Entre protection et compassion") évoque un processus en cours dont l'issue est incertaine. Les politiques mobilisées pour le traitement de l'exclusion pouvant aussi bien contribuer à la construction d'un système renouvelé de protection pour faire face aux nouveaux risques sociaux qu'accélérer le recours à des dispositifs assistanciels voire à un simple traitement humanitaire de la misère. Quand la perspective n'est plus l'accès de tous aux droits fondamentaux, quand l'accès à un logement, à un emploi, à une formation professionnelle n'est plus assurée et que la puissance publique substitue à cette finalité un simple "accompagnement" vers le logement, ou vers l'emploi ? les politiques réduisent considérablement leur ambition. Faute d'assurer un accès inconditionnel aux droits, faute de consacrer les moyens nécessaires à une action correctrice des inégalités, faute de véritable obligation de résultat, les politiques qui prétendent traiter l'exclusion pourraient finalement réduire leur ambition à un exercice de compassion, signe de leur impuissance.