Type de publication:

Thesis

Source:

Université Pierre Mendès-France - Grenoble II (2008)

Numéro d'appel:

tel-00347262

URL:

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00347262

Résumé:

The Franco-German Elysée Treaty (22.01.1963) created an organization that still exists today: the Franco-German Youth Office. Although the Office has been progressively marginalized, at one time it was a significant program. During the 1960's, it implemented a policy of mass youth exchange between the two countries. This policy is a reminder of the dream of European federalists to build a European “demos” through the socialization of a new generation. My doctoral dissertation relies on the so called “cognitive frames” in Policy Analysis to analyse the intellectual underpinnings of the Franco-German Youth Office program. I show that the actors agreed on a voluntarist policy narrative that forecasted the end of the old Franco-German antagonism after the development of such a mass youth exchange policy. Contrary to popular belief, the fact that the policy actors did believe in the project they were creating in 1963 was not and is not trivial. It allows us to understand how the Franco-German Youth Office spread political norms in its sphere of influence. Moreover, it explains the weight of this public policy on a larger scale. The Franco-German Youth Office program, itself politically utopian in its dream of a “fusion” between both countries, had actual consequences on Franco-German relations. Along with other symbolic constructions like the metaphor of the “Franco-German couple”, to this day it still orients most Franco-German policies.Le traité de l'Elysée du 22 janvier 1963 a institué un organisme qui existe encore à l'heure actuelle : l'Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ). La marginalisation progressive de cette organisation ne doit pas faire oublier qu'un fort volontarisme politique présida à sa création. Au cours des années 1960, l'OFAJ mit en œuvre une politique de rencontres de masse entre jeunes Français et Allemands. Bien qu'elle se concrétisât à l'échelle binationale, cette politique publique rappelle le rêve des fédéralistes : la construction, par la socialisation des jeunes, d'un « demos » européen. La thèse analyse les soubassements intellectuels de ce programme et explore une question plus précise : les acteurs croyaient-ils véritablement en la légitimité et la faisabilité de leur projet ? Croyaient-ils vraiment que la multiplication de rencontres de quelques jours permettrait de mettre un terme au vieil antagonisme franco-allemand ? Les outils théoriques de l'approche cognitive de l'analyse des politiques publiques permettent de répondre de manière positive à la question posée et d'illustrer ses implications politiques. Au lendemain de sa création, l'OFAJ diffusa dans son espace d'intervention un certain nombre de normes politiques légitimées par une structure de sens. Cet organisme contribua par ailleurs à la construction du sens à l'échelle des relations franco-allemandes en dessinant un horizon utopique pour ces relations : le fantasme d'une fusion entre les deux pays. Ce mythe, qui est également alimenté par d'autres constructions symboliques comme la métaphore du « couple franco-allemand », pèse encore aujourd'hui sur la définition de la plupart des politiques franco-allemandes.

Notes:

Pierre Muller (rapporteur)Christine Musselin (rapporteur)Henry Rousso (membre du jury)Guy Saez (président du jury)Yves Surel (directeur de thèse)Humanities and Social SciencesThesesYves Surel (directeur de thèse)