Type de publication:

Book Chapter

Source:

L'Economie territoriale en questions, l'Harmattan, p.309 (2014)

Numéro d'appel:

halshs-00959760

URL:

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00959760

Résumé:

Between technological innovation and territorial dynamics, the relationship may be strong and mutually beneficial. From this point of view, Grenoble is an excellent illustration. Second pole of French scientific research (just after Paris), Grenoble has built, during decades, its socio-economic development on a tradition of close cooperation between universities and industry, coupled with a proven practice of industrial exploitation of the research's results. To such extent that, today, Grenoble is one of the world top leaders in its field of specialization (ICT, microelectronics and nanotechnologies). However, if in the past this type of development was consensual, nowadays the strategy of high specialization in nanotechnologies (with the ambition of turning Grenoble into the "Giant of the infinitely small") is not unanimously approved. In fact, this approach, which bases the future of the territory on the edge technologies, is subjected to several kinds of criticism. Specifically, it is subject to critics at three levels:  At the economic level, because of the territorial vulnerability that could result from the low diversification of the economic fabric of Grenoble and its region ;  At the societal level, because of the social, urban and spatial inequalities that may deepen in the future, due in particular to the increasing inadequacy on the local labor market, between a job offer increasingly demanding higher qualifications and a request for jobs with diversified profiles ;  At the environmental level, because of fears (rational or irrational) that are generated by nanotechnologies about the possible autonomous development of nano-particles that could mutate and spread uncontrollably in the natural environment and living organisms. Whether real or only potential, these risks should not be minimized. They should give rise to a public debate, open to all citizens. The reflection on nanotechnologies must get out from the circle of experts, and a broad public discussion has to be organized about the major choices concerning the future development of Grenoble. This is the only way to legitimize these choices and to ensure that the risks associated with this highly specialized field of innovation in nanotechnologies be fully borne by the local community as a whole.Entre l'innovation technologique et la dynamique territoriale, la relation peut être forte et mutuellement bénéfique. Le cas de Grenoble constitue à cet égard une excellente illustration. Deuxième pôle de recherche scientifique français (juste après Paris), Grenoble a bâti depuis des décennies son développement socio-économique sur une tradition de coopération étroite entre l'université et l'industrie, associée à une pratique éprouvée de la valorisation industrielle des résultats de la recherche. Au point qu'aujourd'hui Grenoble se situe parmi les pôles mondiaux d'excellence dans son domaine de spécialisation (TIC, microélectronique et nanotechnologies). Toutefois, si dans le passé ce type de développement a été relativement consensuel, désormais la stratégie de forte spécialisation dans les micros et nanotechnologies (avec pour ambition affichée de faire de Grenoble " le géant de l'infiniment petit ") ne fait pas l'unanimité. De fait, cette orientation, qui fonde le devenir du territoire sur ces technologies très pointues, suscite des critiques à trois niveaux :  Au niveau économique, en raison de la vulnérabilité territoriale qui risque de découler de la faible diversification du tissu économique de Grenoble et de sa région ;  Au niveau sociétal, en raison des inégalités sociales, urbaines et spatiales qui risquent de s'aggraver sous l'effet notamment de l'inadéquation croissante, sur le marché du travail local, entre une offre d'emplois de plus en plus exigeante en qualifications élevées et une demande d'emplois présentant des profils différenciés ;  Au niveau environnemental, en raison des craintes (fondées ou non) que suscitent les nanotechnologies quant au développement autonome de nanoparticules qui risquent de muter et de se disséminer de manière incontrôlée dans le milieu naturel et les organismes vivants. Qu'ils soient réels ou seulement potentiels, ces risques ne doivent pas être minimisés. Ils doivent faire l'objet d'une discussion publique ouverte à tous les citoyens. Sortir la réflexion sur les nanotechnologies du cercle des experts et organiser un large débat public sur les grands choix du développement futur de Grenoble, est le seul moyen de légitimer ces choix et de faire en sorte que les risques associés à ce domaine d'innovation très pointu soient assumés consciemment par la communauté locale dans son ensemble.

Notes:

Humanities and Social Sciences/Economies and financesBook sections