Type de publication:

Conference Paper

Source:

Colloque Les dynamiques du changement : Culture, citoyenneté, économie dans les régions alpines occidentales entre époque moderne et globalisation , CSAAO Turin et CRHIPA Grenoble, Alba, Italy (2006)

Numéro d'appel:

halshs-00112852

URL:

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00112852

Résumé:

Enoncer les termes de dynamiques du changement dans le champ de recherche que constitue celui des territoires urbains, consiste à s'interroger sur la manière dont la Ville a, de tous temps, réutilisé les espaces existants, afin de se reconstruire sur elle-même, de manière plus ou moins poussée. Dès lors, cette communication consistera, dans un premier temps, à montrer en quoi la mutabilité est constitutive du fait urbain, et ce, du fait de facteurs religieux, politiques, économiques. Dans un deuxième temps, elle se penchera sur deux exemples caractéristiques des trajectoires d'évolution d'espaces urbains, aujourd'hui insérés dans un contexte globalisé : le site Bouchayer Viallet à Grenoble et la plateforme du Flon à Lausanne, tous deux illustrations de ces dynamiques de changement des villes de l'arc alpin. <br /> A travers ces deux points, il s'agira ainsi non seulement de montrer et d'analyser quels ont été les facteurs explicatifs de telles évolutions mais aussi de voir comment ce phénomène a été abordé au cours de l'histoire urbaine, et ce, dès l'époque moderne voire même antèrieurement. En effet, les espaces dits en friche permettent non seulement de mettre en exergue des dynamiques, subjectives et quantifiables, de valorisation/dévalorisation mais aussi des jeux et des positionnements d'acteurs diversifés. Ils questionnent alors directement le contenu des politiques publiques qui en ont découlé et en particulier la manière dont des fonctions primordiales telles que l'économie et la culture y ont été associées. En effet, depuis longtemps, la réutilisation des ténements religieux et celle des emprises militaires a été d'usage dans la reconstruction de la ville sur elle-même. Néanmoins, à partir du moment où le nombre de ces espaces en marge ou en déshérence, majoritairement de nature industrielle, s'est multiplié, les conséquences socio-économiques qui en ont résulté ont rendu le phénomène problématique. Il a ainsi questionné, par la diversité des temporalités en présence, les modalités des trajectoires d'évolution de ces espaces et les dispositifs d'acteurs en présence. C'est en cela que, dans le champ de la recherche urbaine, cette thématique interroge directement les dynamiques du changement en terme de culture, de citoyenneté et d'économie.<br /><br /> Grenoble comme Lausanne, par leurs caractéristiques topographiques particulières, ont été promptes à des dynamiques de mutations multiples. Le site Bouchayer-Viallet et la plateforme du Flon illustre en cela ces transformations. D'une surface de 7 hectares, propriété privée intégrale d'une holding immobilière, le site du Flon, ancien lieu central de stockage de marchandises, devient, dès les années 1980, une problématique majeure de redynamisation du centre ville. Lieu de transition, d'activités marginales et illicites, il constitue pendant une quinzaine d'années un no man's land. Néanmoins, progressivement, une occupation provisoire des anciens bâtiments de stockage est autorisée par le propriétaire; le site acquiert ainsi un certain attrait économique pour des artistes et des commerçant spécialisés. Cette phase d'entre-deux, où la Ville reste relativement absente, aujourd'hui symbolique du « vieux Flon », est fortement portée par les acteurs usagers du quartier qui non seulement utilisent à nouveau le site mais construisent une image et une identité innovante et revendicative. En 1997 finalement, le site est repris en main conjointement par le propriétaire, la Ville de Lausanne et les acteurs locataires du site. Le patrimoine, la culture, le développement économique s'affirment alors comme composantes majeures et porteuses des projets. D'un territoire alors enclavé et évité, le Flon, aujourd'hui, a retrouvé une place privilégiée et centrale au sein de la ville. <br /> La friche industrielle Bouchayer-Viallet à Grenoble quant à elle, d'une surface de 8,5 hectaires, traduit toute la compléxité de la gestion de telles dynamiques conjoncturelles, sociales, politiques et environnementales. Ce site, en veille foncière depuis 1977, traduit toute la complexité de la gestion de ce type d'espace, malgré une pression foncière notoire, propre au territoire grenoblois (d'une superficie totale limitée à 1830 hectares). Il est l'exemple d'une non-préoccupation de la part des acteurs-décideurs face à un enjeu environnemental pourtant intolérable (sol pollué et dégradation notoire du site et de son environnement) qui donne place alors aux activités marginales et à l'implantation de squats culturels. Cela aboutit à l'essor de phénomènes d'appropriations ponctuels, générateurs de mobilisations collectives multiples. Aujourd'hui, devenue propriété foncière publique, il tend enfin à muter pour devenir une future vitrine de la mixité fonctionnelle grenobloise (alliant économie, culture, et logements).

Notes:

Humanities and Social Sciences/GeographyHumanities and Social Sciences/Architecture, space managementConference papers