Type de publication:

Articles

Auteurs:

Faure, Alain

Source:

The Conversation, The Conversation France, p.1-3 (2018)

ISBN:

2431-2134

Numéro d'appel:

halshs-01952399

URL:

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01952399

Résumé:

Les sondages montrent que, passé l'effet de surprise, la révolte des gilets jaunes a été favorablement perçue dans la société française. Principalement parce que les reportages sur les mobilisations des ronds-points et les réseaux sociaux ont su mettre en image, de façon saisissante, l'évidence d'inégalités et de souffrances perçues comme croissantes et intolérables. La révolte s'est accompagnée de la conviction que les "élites" en étaient la cause première. Il s'agit d'abord, pour reprendre les termes du psychanalyste Boris Cyrulnik, de la contagion d'un trauma sur un ennemi collectif fantasmé. L'effet boule de neige sur des revendications très variées relève du même scénario émotionnel: les Français descendent dans la rue pour protester contre les difficultés et les injustices qui les affectent personnellement, presque intimement. Cette perception sensible rend leur colère sincère et communicative. La politique se retrouve, au premier degré, à l'épreuve des émotions. Et l'indignation se nourrit du même constat sans nuance que tous ces maux viennent globalement d'un État surplombant, d'élus arrogants, de taxes excessives et d'une finance internationale dévastatrice. Il y a beaucoup de bon sens et quelques vérités crues dans la mise en récit et en connexion de ces exaspérations. Mais il est pour le moins curieux que peu d'analystes ne relient cette vague d'indignation de la France dite d'en bas avec les comportements et réflexes conservatoires relativement comparables qui caractérisent, depuis une quinzaine d'années, les France du milieu et d'en haut.

Notes:

Humanities and Social Sciences/Political scienceJournal articles

Equipe de recherche :