Type de publication:

Conference Paper

Source:

Approches critiques de la transition énergétique », collège doctoral,européen, strasbourg, France (2016)

Numéro d'appel:

halshs-01419729

URL:

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01419729

Résumé:

La transition énergétique s’est imposée comme une thématique incontournable dans les changements à engager pour contrecarrer le changement climatique et ses impacts attendus. Elle structure les attendus des pouvoirs publics vis-à-vis des organismes publics de recherche, laboratoires comme Alliances. Ces dernières, créées en 2009-2010, ont « vocation à améliorer la coordination entre les acteurs d'un même champ de recherche, et à bâtir une réflexion prospective de long terme». Elles interviennent dans des processus tels que les stratégies nationales de la recherche (SNR) ou de l’énergie (SNRE), elles-mêmes censées orienter les soutiens à la recherche (ANR par exemple). Des cinq Alliances, deux se sont positionnées sur les enjeux énergétiques : ANCRE et ATHENA. L’Alliance Nationale de Coordination de la Recherche sur l’Energie (ANCRE) hérite par constitution d’une mission relative aux enjeux d’énergie. Elle est en charge de « coordonn(er) et renforç(er) l’efficacité des recherches sur l’énergie menées par les organismes publics nationaux et (de) particip(er) à la mise en œuvre de la stratégie française de R&D dans ce secteur ». Essentiellement constituée de technologues et d’économistes, elle est la seule alliance à être dotée d’une mission applicative, qu’elle opérationnalise au travers de la production de feuilles de route de R&D et de scénarios technologiques de transition énergétique. La vision prospective qui en découle contribue à des exercices de politique publique tel que le Débat National sur la Transition Energétique (2014), support à la Loi sur la Transition Energétique et la Croissance Verte (2015).L’Alliance ATHENA - Alliance des Sciences Humaines et Sociales - s’est emparée des enjeux énergétiques depuis 2011, en initiant un groupe de travail interdisciplinaire sur ces enjeux. Composé de représentants de diverses disciplines des SHS et de quelques membres de l’Alliance ANCRE, il devait aider les sciences humaines et sociales à se positionner dans le champ des enjeux énergétiques. Ce processus a débouché sur un ouvrage - « l’Energie des sciences sociales » (2015) - imaginé comme un exercice de diplomatie, de manière à “se rendre lisible” (par les sciences technologiques, les économistes …). Pour la première fois, un agenda et une perspective interdisciplinaire des sciences humaines et sociales sur les enjeux énergétiques ont été proposés.Le processus ATHENA répondait à un double contexte qui rend une collaboration immédiate et directe entre Sciences Humaines et Sociales et Science Technologiques peu évidente. Un contexte historique en France fait de positionnement des SHS en aval des processus de décision, d’une forte présence et une autorité historique de l’économie dans le champ de l’énergie, et d’un présupposé d’homogénéité des SHS qui les rend sous représentées ans les comités d’experts. Un contexte contemporain aussi, de renouvellement des enjeux politiques et technologiques autour de l’énergie, qui acquièrent une dimension systémique et deviennent des enjeux de société.Ce premier exercice et son produit ont favorisé une volonté partagée de poursuivre les échanges et d’approfondir les collaborations dans un contexte post CoP 21, où les enjeux de transition énergétique acquièrent une actualité renouvelée – le « temps des solutions ». Mais comment collaborer autour de l’enjeu de transition énergétique, de la construction éventuelle de scénarios (axe 1) et d’un tempo imposé par le processus politique autour des enjeux de ‘changement climatique’ sans instrumentaliser les sciences sociales ? Quelles définitions ou acceptions de la ‘transition’, ou quels dispositifs de travail seraient mieux à mêmes de servir cette collaboration, de favoriser une prise en compte partagée de dimensions saillantes dans les analyses de sciences sociales de la transition énergétique (axe 2, axe 3), tout en nourrissant les exercices de prospective ? Que signifie l’approche systémique que beaucoup appellent de leurs vœux ? Comment faire dialoguer les disciplines sur l’objet « énergie » et jusqu’où peut-on/doit-on aller ? Peut-on parler d’énergie seule ? Energie-Climat ? Energie-Environnement ?La présente contribution propose donc un retour d’expérience sur les échanges engagés entre ANCRE et ATHENA depuis 2011 : groupe de travail (2011-2014), publication d’ouvrage (2015), séminaire commun (2014), interventions coordonnées et différenciées lors de la dernière audition publique de l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST) sur les « «synergies entre les sciences humaines et les sciences technologiques » (janvier 2016). Leur mise à plat sera l’occasion d’analyser les contenus, les différentes définitions et les dimensions de la « transition énergétique » portés par les parties en présence. Elle permettra aussi d’interroger les pratiques de construction des futurs qui leur sont associées et les inflexions qui leur sont données à l’occasion de ces processus interdisciplinaires d’engagement des sciences. (1)CEA Saclay – 91191 Gif Sur Yvette Cedex –France(2)CIRED – 94736 Nogent-sur-Marne – France(3)UJF/Institut de géographie alpine, Laboratoire PACTE – 38100 Grenoble – France(4)CNRS – 75016 Paris – France

Notes:

Humanities and Social Sciences/SociologyHumanities and Social SciencesConference papers

Equipe de recherche :