Type de publication:

Conference Paper

Source:

Territorialisation de la politique industrielle et Développement inclusif en Afrique, Tunis, Tunisia (2016)

Numéro d'appel:

halshs-01421686

URL:

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01421686

Mots-clés:

ressources endogènes

Résumé:

Les décennies 1980 et 1990, on le sait, sont marquées par une accélération sans précédent du phénomène de mondialisation des échanges et de la production. Mais paradoxalement cette période est également celle de la territorialisation des dynamiques économiques, c'est-à-dire de l'affirmation du territoire (au sens infranational) comme niveau spatial pertinent pour la réflexion et l’action économiques. Il faut dire que, par son ampleur et sa durée, la crise de la seconde moitié des années 1970 a mis en évidence l’épuisement du modèle de développement national-étatique qui avait, jusque-là, assuré la prospérité au Nord tout en promettant une rapide sortie du sous-développement au Sud. D’une certaine manière, les difficultés rencontrées à cette époque ont incité à revoir la problématique du développement en se positionnant au plus près des populations concernées. Suivant l’interprétation d’Ignacy Sachs, cette crise nous aura réappris un truisme : malgré la mondialisation, le développement - ou le mal-développement - se manifeste en dernière instance là où sont les gens ; en ce sens il ne saurait y avoir d’autre développement que le développement local. En d’autres termes, l’idée qui prévaut désormais est que les réponses aux problèmes auxquels sont confrontées de nombreuses populations au Nord mais surtout au Sud (pauvreté, chômage, exode rural, précarité et insécurité urbaines, inégalités socio-spatiales…) sont à élaborer au plus près de ces populations, et en étroite concertation avec elles. Et cette idée est à l’origine d’une nouvelle approche du développement, qui se démarque des anciennes en resituant la réflexion au niveau territorial (au sens infranational) et non plus au niveau national. Les notions centrales de cette nouvelle approche varient selon les auteurs : « districts industriels » pour Giacomo Becattini (1990) ; « systèmes industriels localisés » pour Marie-Françoise Raveyre et Jean Saglio (1984) ; « systèmes productifs locaux » pour Claude Courlet (1994) ; « milieux innovateurs » pour Philippe Aydalot (1986) ; ou encore « clusters and clustering » pour Hubert Schmitz et Khalid Nadvi (1999) ; etc. Sans nier l’intérêt que présente chacune de ces formulations, on leur préférera ici celle de « système économique territorial » (SET) qui présente le double avantage d’être concise dans sa formulation tout en étant ouverte quant à l’étendue de l’espace concerné et aux activités qui y sont exercées. A l’origine, cette nouvelle approche a été théorisée, du moins pour l’essentiel, à partir d’expériences européennes, notamment celles de la « Troisième Italie » (Arnaldo Bagnasco, Carlo Trigilia, 1993 ; G. Becattini, 1989 ; Sebastiano Brusco, 1982; Evelyne Ritaine, 1987). Mais par la suite, elle a été étendue à d’autres régions du monde, en particulier aux pays en développement où des processus socioéconomiques similaires ont été observés (H. Schmitz, 1990 ; H. Schmitz, Kh. Nadvi, 1999 ; Améziane Ferguène, 1996 ; C. Courlet, A. Ferguène, 2003 ; Bernard Pecqueur, 2005 ; Kirsten Koop, Pierre-Antoine Landel, B. Pecqueur, 2010). Sachant que dans ces derniers pays, les stratégies d’industrialisation par le haut, conçues par les « spécialistes du Tiers-monde » (et mises en œuvre au cours des fameuses « décennies de développement »), ont généralement abouti à des résultats très décevants, les questions qui se posent sont les suivantes :- En quoi cette nouvelle approche du développement, fondée sur la notion de territoire (et, donc, sur des dynamiques par le bas) s'écarte-elle du modèle national-étatique qui a montré ses limites dans de nombreux pays du Sud ? - Plus précisément, en quoi les SET, qui sont au cœur de cette approche, engendrent-ils des dynamiques de développement plus adaptées (que les stratégies volontaristes des années 1950 à 1980) au contexte des pays du Sud ?- Bref, en quoi les nouvelles logiques de développement associées à l’approche territoriale présentent-elles un réel intérêt pour les pays du Sud ?

Notes:

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