Type de publication:

Book Chapter

Auteurs:

Ihl, Olivier

Source:

La politisation, Belin, p.p. 279-299 (2003)

Numéro d'appel:

halshs-00349484

URL:

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00349484

Résumé:

En 1963, la communication d'Edward Lorentz l'énonçait comme une boutade : « Est-ce qu'un battement d'ailes de papillon au Brésil peut provoquer une tornade au Texas ? » Sous la plume des éditorialistes et de nombre d' « experts », le point d'interrogation est oublié. La formule a désormais l'allure d'une sentence : le papillon de Floride a fait trembler Washington. Un fétichisme procédural qui, faute de s'interroger sur la manière dont, au cœur de chaque technologie de dénombrement, se rencontrent stratégies de promoteurs, controverses académiques et instrumentation partisane, faute aussi de se déprendre d'un certain positivisme managérial en matière de vote, risque fort de ne susciter qu'à un lynchage technologique. Un de plus dans une histoire électorale qui en comprend déjà beaucoup. C'est pourquoi il faut revenir sur ces méthodes de comptage censés garantir l'exactitude des résultats électoraux. Revenir sur les conditions de légitimité d'un scrutin : qu'est-ce qui assure la crédibilité d'un chiffre de vote ? Revenir sur les instances qui viennent certifier la valeur démocratique d'une élection (quel rôle y jouent les avocats, cabinets de consultants, sondeurs et politologues ?). Revenir sur les intérêts professionnels qui valorisent certaines technologies de vote (fabricants, entreprises médiatiques, bureaux d'étude spécialisés). En somme, sur les attendus proprement politiques du souci de « performance » en la matière.

Notes:

Humanities and Social Sciences/Political scienceBook sections