Publication Type:

Book Chapter

Authors:

Ihl, Olivier

Source:

Politiques du passé. Usages politiques du passé dans la France contemporaine, Claire Andrieu, Marie-Claire Lavabre et Danièle Tartakowsky (dir.), Aix-en-Provence, Publications de l'Université de Provence, p.pp. 147-158 (2006)

Call Number:

halshs-00349489

URL:

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00349489

Abstract:

Commémorer est bien plus que mobiliser un passé célébré. Ou dire une gratitude collective. C'est former, sinon réformer le regard. Là, l'envelopper de la force d'un précédent, ici réhabiliter un vœu ou une figure, ailleurs contester une filiation ou conforter une réputation. Dans tous les cas, fixer une façon de voir par un dispositif qui est d'abord une représentation géométrique du passé. La perspective à laquelle s'attache la commémoration de la Légion d'honneur n'y échappe pas. Elle s'établit par cette nécessité : celle de gouverner les regards en ajustant des significations. Comme si dans cette sorte de rectangle rétrospectif qui encadre le champ de vision, l'histoire n'ouvrait son étendue que dans les limites d'une mise en scène. Y plonger le regard -comme y invitent en 2002 les manifestations organisées pour le bicentenaire de la fondation de l'Ordre de la Légion d‘honneur-, c'est, de près ou à distance, s'engager dans un point de vue. C'est rallier une interprétation qui s'expérimente comme une plongée à travers une fenêtre ou un tableau. Le succès médiatique de la toile de Jean-Baptiste Debret, « La première distribution des croix de la Légion d'honneur dans l'Eglise des Invalides. Le 14 juillet 1804 » est emblématique . Si la commémoration se proclame ouverte sur cet évènement lointain qu'elle consacre dans son caractère «fondateur », c'est dans un but précis. Pour établir l'évidence d'une filiation et conforter une institution proclamée régisseur impartial d'une échelle « naturelle » de mérites.

Notes:

Humanities and Social Sciences/Political scienceBook sections