Anaïs Bovet soutient sa thèse

Anaïs Bovet soutient sa thèse

Thèse co-dirigée par Ewa BOGALSKA-MARTIN et Jean-Marc FONTAN

 

Titre de la thèse : La reconfiguration de l’utopie dans les imaginaires sociaux des acteur∙trices de l’économie sociale et solidaire au Québec et en France

 

Composition du jury :

 

Ewa BOGALSKA-MARTIN, Professeure des Universités à l’Université Grenoble Alpes (co-directrice de thèse)
Céline BRYON-PORTET, Professeure des Universités à l’Université Paul Valéry Montpellier 3
Annie CAMUS, Professeur à l’Université du Québec à Montréal
Jean-Marc FONTAN, Professeur à l’Université du Québec à Montréal (co-directeur de thèse)
Guillaume GOURGUES, Maître de conférences à l’Université Lumières Lyon-2
Xabier ITÇAINA, Directeur de recherche CNRS au Centre Emile Durkheim/Sciences Po Bordeaux
Thierry MENISSIER, Professeur des Universités à l’Université Grenoble Alpes

 

Résumé:

La thèse porte sur la reconfiguration de l’utopie dans les imaginaires sociaux des acteur∙trices de l’économie sociale et solidaire au Québec et en France, à travers le cas de l’alimentation.
Dans une première partie, elle commence par présenter ce que désigne le concept d’utopie dans une revue de la littérature scientifique pluridisciplinaire : partant du constat que le terme d’ « utopie » renvoie à de multiples réalisations et est approprié par des propositions théoriques parfois contradictoires entre elles (chapitre 1), elle propose une définition de l’utopie à partir notamment de Mannheim (1929) revisité à la lumière de Martuccelli (2014). L’axe problématique de cette définition résulte en une tension entre l’utopie comme phénomène global s’opposant à l’idéologie et l’utopie comme s’incarnant dans des actions toujours limitées.
Une deuxième partie expose la méthodologie. Les entretiens étant une manière privilégiée d’appréhender les imaginaires sociaux des acteurs dans leur diversité. Ils sont analysés sur NVivo dont les fonctionnalités sont présentées (chapitre 3).
Dans une troisième partie, issue de l’analyse des entretiens, les résultats sont présentés. On constate un rapport ambigu des acteurs à la question économique qui aboutit à un modèle de la débrouille : la réalisation de l’action est préférée à la prise en considération politique du rapport à l’idéologie économique (chapitre 4). Dès lors, la politisation, entendue comme capacité à monter en généralité et en conflictualité, semble s’effacer face à la possibilité de poser une action limitée répondant à la recherche d’un sentiment d’utilité des acteurs (chapitre 5).
Dans une quatrième et dernière partie, la discussion vise à mettre en perspective les résultats. Evitant la confrontation à un sentiment d’impuissance qu’impliquerait la montée en généralité par la construction d’un horizon utopique commun, les acteur∙trices se réfugient dans l’illusion de la maîtrise. Iels ne projettent pas la transformation sociale à une échelle globale mais se centrent sur leur propre action, leur engagement devenant la preuve de leur utilité dans une démonstration tautologique (chapitre 6). C’est plus volontiers le niveau de l’individu qui fait office de réceptacle d’une transformation qui n’est plus véritablement globale. En effet, les changements espérés relatifs à la consommation ne concernent qu’une partie initiée de la population. Quant aux changements comportementaux plus larges, ils s’appliquant uniquement à une partie dominée de la population, qui voit se reproduire dans la relation d’aide mise en place par les acteur∙trices de l’économie sociale et solidaire des assignations normatives plutôt qu’une émancipation (chapitre 7).



Researchers involved: 

Ouvert à tous