SEVERINE DURAND

Enseignante-chercheur associée
durandse's picture
Institutional membership: 
Other
Status: 
Research associate (f)
Non permanent.e
Research areas: 
Climate change
Participatory democracy
Extreme event
Inhabit
Sensory
Vulnerability
Research team: 

Onglet(s)

Présentation

 Séverine Durand est sociologue de l'environnement. Elle étudie les expériences ordinaires des habitants face aux changements environnementaux, qu'ils soient brutaux (événements extrêmes) ou inscrits sur le temps long (changement climatique)

 

Ses travaux se concentrent aujourd'hui sur les savoirs et expériences habitantes plurielles du changement climatique dans l’ordinaire des situations.

Elle étudie plus particulièrement comment les pratiques quotidiennes des habitants, façonnées par des écologies particulières, informent sur leur appréhension des milieux de vie et de leurs futurs.

 

Précédemment ses travaux doctoraux et post-doctoraux ont questionné la culture du risque et l'habitabilité des territoires exposés à un risque climatique extrême (crue rapide).

 

Dans sa thèse, elle a abordé cette question par deux thématiques complémentaires : L’expérience habitante du risque au quotidien et la constitution socio-historiques des vulnérabilités. Ses travaux ont permis de ré-inscrire le questionnement sur la culture du risque dans un questionnement plus large sur l’habiter un milieu. Pour se faire, elle a construit un dispositif de recherche original pour appréhender les pratiques des habitants de territoires exposés à un risque naturel tout en re-situant cette expérience ordinaire du risque dans l’épaisseur historique, socioéconomique et politique du milieu de vie. Les résultats de cette thèse ont contribué à l’étude des risques d’un double point de vue : celui du public, en montrant comment « l’habiter avec les risques » est socialement, matériellement et politiquement contraint; et celui des politiques publiques, en montrant comment elles peuvent contribuer à la constitution des vulnérabilités.

 

Elle a poursuivi cette approche originale qui combine investigation de l’habiter avec les risques et analyse des processus de constitution des vulnérabilités dans son post-doctorat au sein du laboratoire PACTE dans le cadre du projet ANR Mobiclimex en partenariat avec l'Institut des Géosciences de l'Environnement notamment. Dans le cadre de ce projet elle s'est concentrée sur la prise en compte par les habitants dans leurs trajectoires résidentielles et leurs vies quotidiennes des événements hydro-météorologiques extrêmes de type crues rapide. Elle a co-publié avec la coordinatrice du projet Céline Lutoff l'ouvrage de valorisation du projet : Mobility in Face of Extreme Hydrometeorological Events.

 

Subject: 
Vivra avec la possibilité d'une inondation ? Ethnographie de l'habiter en milieu exposé.. et prisé.
Dates: 
January, 2009 to June, 2014
External supervisor(s): 
JS Brodreuil
Abstract: 

Les politiques de gestion des risques appellent à favoriser la prévention et à développer une « culture du risque » dans les zones exposées afin d’éviter l’écueil de l’oubli, pointé du doigt après une catastrophe. L’objet de cette thèse fut de questionner cette possibilité en investiguant comment on habite, au quotidien, un milieu exposé aux inondations. Forte d’un travail ethnographique, et en particulier d’une « observation habitante discrète », la thèse questionne ce qui circule à propos des inondations, comment des habitants s’emparent de la question et organisent leurs pratiques en fonction des risques. Le terrain d’étude, Lattes, ville prisée du Sud-est de la France qui a connue une explosion démographique récente, est rendue attractive par de nombreux atouts. Ce cas d’étude permet de comprendre les mécanismes – collectivement construits – de mise en invisibilité du danger. La mise en visibilité des mesures de protection par les politiques locaux et l’effet confortant du partage normatif encouragent la normalisation de la confiance en la protection. Dans l’interaction, les énoncés se formulant sans cesse dans le souci de leur acceptabilité, dédramatiser est plus confortable que de dramatiser : les énoncés de relativisation du risque circulent davantage que ceux ouvrant sur l’horizon du danger. Par ailleurs, la logique sécuritaire qui se développe vient contredire la prévention aux inondations. Surtout, ni les liens entre les habitants ni les liens des habitants au milieu ne fournissent le socle suffisant à l’élaboration collective que nécessite le déploiement d’une « culture du risque ».

Mots-clefs: culture du risque, inondation, habiter, quotidien, riverains, interactions, participation, prévention, vulnérabilité, ethnographie. 

ABSTRACT 

Risk management policies promote prevention and call to develop a "risk culture" in hazardous areas to avoid the phenomenon of forgetting about risk, that can be found after a disaster. This thesis has sought to question this possibility by investigating how we live, in everyday life, in flood-prone areas. Through an ethnographic piece of work, in particular a "discreet resident observation", the thesis questions what circulates about flooding between inhabitants and how they organize their practices in relation to the risk. The field study, Lattes, is an upper middle-class suburban neighbourhood located in the south east of France (Mediterranean coast). It was built on wetlands and therefore remains vulnerable to flash floods. This case study provides insight into the mechanisms - built collectively – from “invisible danger” implementation. The increased visibility of the protection made by local policies and the comforting effect of normative sharing provided a normalization of the trust in the protection. Through the interactions, statements are continually developed in the interests of their acceptability. Thus, it is more comfortable to “de-dramatize” than to dramatize: statements of relativism circulate more than the ones that open on the horizon of danger. Moreover, the current development of a “logic of safety” for urban risks reduction contradicts the prevention of flooding. Above all, neither the links between inhabitants nor the links with their living environment provide a sufficient collective development base for a "risk culture" deployment.

Keywords: risk culture, flooding, living, everyday life, riparian, interactions, participation, prevention, vulnerability, ethnographic study.