Eva Deront

Docteure en science politique
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Institutional membership: 
Université Grenoble Alpes
Status: 
Research associate (f)
Non permanent.e
Research areas: 
Energy
Nuclear
European Union
Research team: 

Onglet(s)

Présentation

Parcours universitaire

  • Experte invitée, Université Libre de Bruxelles (mars 2020-)
  • Doctorat (sept 2015-mars 2019) sur les évolutions de la politique nucléaire de l'Union européenne entre 2000 et 2016 (sûreté réacteur, gestion des déchets radioactifs, programmes de recherche)
  • Master en affaires internationales / politiques environnementales, Sciences Po Paris.
  • Master de recherche en Chimie, Ecole Normale Supérieure

Champs d'intérêt

  • Nuclear regulatory agencies
  • Institutional and technological lock-in in national energy systems
  • Gestionnaires de réseaux de distribution d’électricité et intégration de nouvelles sources décentralisées
  • Précarité énergétique
  • Multiple stream analysis
  • Path-dependence
  • Punctuated equilibrium

Travaux sélectionnés / publications, communications (liste non exhaustive) :

  • Revues non scientifiques :
    • "J'aimais mieux être au milieu du jeu de quilles" Eva Deront, Mathieu Strale, Contretemps, mars 2020.
    • "Contre la main du marché, le poing des soignants et soignantes", Eva Deront, dans Bruxelles Laïque Echos n°107, décembre 2019, pages 39-43
    • "Qui sont vraiment les gilets jaunes [en France] ?" Eva Deront, dans Bruxelles Laïque Echos n°106, octobre 2019, pages 21-24.
  • Communications :
    • "The Challenge of Energy Transformations: Making New Policies with Historical Actors", ECPR General Conference, Oslo 201
    • "Champ bureaucratique et établissement de normes : sûreté nucléaire dans l’Union européenne", congrès AFSP 2017
    • « Les réseaux de distribution d’électricité : (dé)politisations des transitions énergétiques locales ?, congrès AFSP 2017

Previous research in chemistry:

Enseignement :

  • Cours magistral : "Introduction to the environmental policy of the European Union", ENG, Agro ParisTech, nov 2018, 3h.
  • Cours magistral : "Environnement et action publique en Europe", FR, M2 affaires européennes, Paris 3, 2017.
  • Séminaire :  « Influencer la politique nucléaire de l’Union européenne : des mouvements nationaux aux lobbies européens », M1 Relations internationales, ULB, Bruxelles, 2016
  • Seminar: "Impacts of the European framework on the perception of social and economic risks linked to the use of nuclear energy", Oxford, Maison Française, May 2017

Expériences professionnelles :

  • Actuel : éducation permanente (Belgique)
  • Travail au sein de l'administration du Parlement Européen (unité de recherche environnement (policy department A) ; thématiques : climat, énergie, biodiversité)
  • Assistante parlementaire (thématique : énergie)
  • Assistante de recherche, Fraunhofer Institut, Allemagne

 

Subject: 
L’Atome de la Discorde : évolutions de la politique nucléaire de l’Union européenne de 2000 à 2016
External supervisor(s): 
Sabine Saurugger
Abstract: 

Cette thèse étudie les conditions et l’ampleur des évolutions de la politique nucléaire de l’Union européenne, de 2000 à 2016. Depuis le milieu des années 1990, plusieurs événements – ou « fenêtres d’opportunité » selon la terminologie du Multiple Streams Framework – ont remis les politiques nucléaires au centre de l’attention des décideurs européens : l’adhésion de nouveaux Etats membres en 2004 ; différentes Présidences du Conseil et nominations de Commissaires ayant pris clairement position sur les questions nucléaires ; l’accident de Fukushima de mars 2011 ; et enfin, les deux sorties du nucléaire allemandes, en 2000 et 2011.

La première partie de ce travail est consacrée à l’analyse de l’ampleur du changement introduit par les directives adoptées durant la période étudiée: les directives sûreté réacteur de 2009 et 2014, ainsi que la directive déchets radioactifs de 2011. La deuxième partie étudie les facteurs de stabilité qui ont empêché la mise à l’agenda ou l’adoption de certaines propositions, comme les politiques d’harmonisation des régimes de responsabilité civile ou comme les tentatives d’abolition du traité Euratom.Parmi les différentes variables testées, des coûts de mise en œuvre limités, ainsi que l’existence d’indicateurs pour un problème donné, sont apparus comme des conditions nécessaires (mais non suffisantes) pour un changement de politique.

La variable la plus pertinente pour expliquer les changements contenus dans les directives adoptées est l’évolution de la place d’un problème dans les priorités des acteurs. L’accident de Fukushima n’a modifié ni les conditions objectives d’existence d’un problème, ni, sur le long terme, les priorités des Etats Membres ou du secteur nucléaire. Ainsi, les propositions post Fukushima tendant à augmenter le rôle de la Commission européenne ou une calibration plus stricte des mesures de sûreté ont donc été partiellement rejetées, pour finalement aboutir à une révision de la directive sûreté, en 2014, avec peu de changements. De même, la priorité accordée à la résolution des problèmes nationaux liés à gestion des déchets radioactifs a abouti à l’adoption d’une directive incluant des mesures plus précises.Les principaux changements ayant eu lieu dans les directives étudiées concernent leur logique instrumentale et leur calibration ; aucun changement n’a été observé dans les buts ou les orientations générales de la politique nucléaire de l’UE. La politique nucléaire de l’UE semble ainsi particulièrement stable.Cette thèse met en évidence plusieurs facteurs d’inertie des politiques et institutions d’Euratom, malgré l’action d’entrepreneurs politiques : le haut niveau de méfiance entre acteurs, la délégation de la sûreté à des agences indépendantes, la dépendance au sentier liée à la technologie nucléaire, et la flexibilité « incorporée » dans Euratom. Ces facteurs réduisent le nombre d’entrepreneurs politiques potentiellement efficaces ainsi que l’éventail de leurs stratégies pour promouvoir un changement. En plus des facteurs institutionnels, la stabilité des politiques et institutions est également promue par des veto players.Néanmoins, les problèmes récents auxquels est confronté le secteur nucléaire européen (intégration croissante de sources d’énergie renouvelable, difficultés économiques) érodent les conditions de reproduction et de stabilité des institutions d’Euratom. Cet aspect se traduit notamment dans le progressif retrait du nucléaire des communications officielles mentionnant les sources d’énergie à développer pour remplir les objectifs de l’Union.En se basant sur le MSF et sur l’institutionnalisme historique, cette thèse démontre ainsi que les évolutions de la politique nucléaire de l’UE requièrent trois conditions : l’action d’un entrepreneur politique, l’émergence d’un problème dans les priorités des principaux acteurs et, pour des changements d’orientation ou d’institution, l’érosion des mécanismes de reproduction.