Sarah Thiriot

Doctorante | ATER en sociologie
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Institutional membership: 
Université Grenoble Alpes
Status: 
Lecturer (f)
PhD Candidate (f)
Non permanent.e
Research areas: 
Public action
Sociotechnical approach
Sustainable development
sociologie des organisations
Economic sociology
Urban sociology
Research team: 
Address: 
1030 rue des Résidences 38400 ST MDH

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Présentation

Préparation d’une thèse : « Mettre en marché la durabilité : valeurs et dispositifs de la rénovation dans le bâtiment et l'immobilier d'entreprise », sous la direction de Thomas Reverdy

Mes travaux de recherche portent sur les processus et acteurs de la ville durable : j’étudie notamment comment les enjeux énergétiques et environnementaux participent à faire évoluer la division du travail dans la filière de l’immobilier et du bâtiment. 

 

Champs disciplinaires

  • Sociologie économique
  • Sociologie de l’innovation et des techniques
  • Sociologie du travail et des organisations
  • Sociologie de l’action publique
  • Sociologie de l’énergie et de l’environnement
  • Sociologie urbaine

 

Résumé de la thèse : 

 

« HQE », « BEPOS » ou encore « smart building » : la durabilité donne lieu à une prolifération d’appellations qui concernent la ville et plus précisément les bâtiments. La durabilité est ici considérée comme une « qualité » répondant aux enjeux énergétiques et environnementaux édictés par les politiques publiques. Au sein de ces dernières, le bâtiment a d’ailleurs été identifié comme une cible majeure. Cependant, si ces enjeux s’incarnent dans des matériaux, des labels et des dispositifs variés, rien n’assure leur appropriation effective pour tenir les promesses durables. Pourquoi et comment les acteurs économiques des filières de l’immobilier et du bâtiment adoptent-ils des stratégies de rénovation durable ? Quels sont les effets des exigences durables sur les acteurs des filières concernées ?
Pour répondre à ces questions, cette thèse mobilise les outils de la sociologie économique sur le cas de la rénovation de bâtiments de bureaux existants. Elle se base sur une enquête qualitative constituée d’entretiens avec de multiples acteurs (experts, gestionnaires immobiliers, exploitants, architectes, bureau d’études, entreprises du bâtiment...), d’observations participantes (salons professionnels, chantiers, etc.) ainsi que d’une importante littérature grise et d’un suivi de la presse professionnelle. La thèse documente ainsi la diffusion des valorisations et pratiques durables dans la rénovation de bâtiment de bureau.
Ce travail met en évidence les rouages de la mise en marché de la durabilité. D’abord, il retrace la progression de l’action publique durable et sa fragilité vis-à-vis du segment précis de la rénovation de l’immobilier d’entreprise, alors qu’il représente un large gisement d’économie d’énergie. L’analyse montre ensuite l’appropriation de la durabilité par des acteurs variés. Tout particulièrement, des « entrepreneurs de la durabilité » la façonnent et la valorisent dans leurs activités marchandes. Du côté de la demande, ils œuvrent à la diffuser et à la consolider par des dispositifs qui font converger les multiples acceptions de la durabilité en jeu dans les décisions immobilières. Du côté de l’offre, la durabilité induit des stratégies de repositionnement économique reflétant la structure des marchés du bâtiment. Toutefois, si elles se diffusent, les définitions dominantes s’avèrent sélectives : elles requièrent des compétences et des savoirs particuliers, qui sont inégalement répartis. Enfin, la thèse montre la difficile revalorisation du travail technique nécessaire à la mise en œuvre concrète d’actions durables. Cette thèse contribue ainsi aux recherches sociologiques sur les rapports entre économie et environnement ainsi qu’à l’analyse de la diffusion d’innovations techniques.

 

Mots-clés : ville et bâtiment durables, immobilier d’entreprise, énergie, appropriation, marché, innovation, valeur, travail et organisations