bontem's picture
Institutional membership: 
Other
Status: 
Post-Doc (f)
Non permanent.e
Research areas: 
Alcool
Public space
Festivity
Cultural geography
Social geography
Urban geography
Night
Post-conflict society
Research team: 
Phone: 
0476822020
Address: 
Cité des Territoires 14 av. M. Reynoard 38100 GRENOBLE

Onglet(s)

Présentation

Docteure en géographie

Membre de l'équipe "Justice Sociale"

ATER à l'Université Jean Moulin - Lyon 3 

Page HAL: https://halshs.archives-ouvertes.fr/search/index/q/*/authIdHal_s/marie-b...

 

Supervisor(s): 
Abstract: 

La thèse débutée en septembre 2013 est une étude géographique des pratiques festives et nocturnes dans la ville de Beyrouth. Il s’agit de se demander comment et où on sort à Beyrouth la nuit, quelles sont les modalités de production et de régulation des espaces nocturnes, et quelle est la portée sociale et politique de cette forme particulière de loisirs dans une ville que je qualifierai de post-conflit.

Pour cela, quatre axes de recherches sont développés et explorés sur le terrain :

  • Les spatialités nocturnes : quels sont les quartiers de nuit dans la ville, comment ont-ils été produits, quels sont les acteurs de sa régulation ou de son contrôle ? Cela implique d’adopter un raisonnement géographique prenant en compte le mouvant, l’éphémère. En effet, les quartiers festifs, les lieux à la mode, changent rapidement. Certains sont institutionnalisés, d’autres ont encore l’aspect de fronts pionniers.     
  • Les héritages spatiaux : cet axe de recherche tente d’apporter une dimension diachronique aux phénomènes festifs à Beyrouth. Le but est de pouvoir comprendre ce qu’était la fête à Beyrouth (depuis les années quarante, environ), quels étaient les endroits à la mode, et les pratiques festives, avant et pendant la guerre civile, en évaluant les différents changements. Il s’agit d’avoir un aperçu le plus précis possible du passé du Beyrouth nocturne pour réussir à discerner ce qui relève d’héritages historiques, sociaux, mais aussi conflictuels, et ce qui relève des formes mondialisées de loisirs festifs. Enfin, la question des héritages nocturnes croise celle des héritages spatiaux de la guerre civile.
  • Le rôle des espaces de loisirs dans une ville post-conflit : il s’agit de s’interroger sur la dimension sociale de ces espaces du « vivre-ensemble » où le mélange social et confessionnel est réel mais demeure incomplet, et sur leur portée politique : comment la vie nocturne comme cadre spatial et temporel construit par des acteurs et des pratiques prend en charge (ou évacue) les problématiques liées au conflit, à la guerre et à la violence au Liban ? Cette question en appelle directement une autre : peut-on considérer Beyrouth comme une ville post-conflit ? L’articulation entre le conflit et les pratiques festives suit donc différents registres, à la fois logique et psychologique, esthétique et nostalgique, incluant (de manière critique) les notions de résilience - la fête comme une poursuite du quotidien - ou de résistance - la fête comme processus de distinction socio-politique.
  • Le corps dans l’espace nocturne : il s’agit de s’intéresser aux pratiques des individus qui, dans la vie nocturne, engagent leur corps : l’habillement et la présentation de soi, la consommation de substances psychotropes notamment l’alcool, la musique et la danse, le contact physique. Bien que rien de soit figé, l’univers noctambule de Beyrouth abrite des pratiques relativement normées (normes liées au type d’établissement nocturne, au genre, à l’appartenance sociale) : il convient de les identifier, d’analyser leur portée mais aussi leur possible dépassement.