Thomas Reverdy

Professeur des universités
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Institutional membership: 
Grenoble INP
Status: 
Professeur des universités (m)
HDR
Accredited to supervise research
Permanent.e
Research areas: 
sociologie des organisations
Economic sociology
Research team: 

Onglet(s)

Présentation

Sociologie économique : organisation par le marché ou intervention publique directe dans les domaines de l'énergie et de l'environnement

Les politiques énergétiques et environnementales en France et en Europe ont un large recours au mécanisme du marché, sous la forme de réformes libérales (marché de l'électricité) ou d'instruments de marché (marché des certificats d'économies d'énergie, marché des quotas d'émission de gaz à effet de serre...). Ces tentatives, influencées par les expériences états-uniennes et britanniques, ont été aussi encouragées par le régime européen de la concurrence. Au fur et à mesure de leur déploiement, ces politiques ont donné lieu à de nombreux ajustements et de nombreuses exceptions. Par ailleurs, plusieurs politiques environnementales (soutien aux énergies renouvelables, au vecteur hydrogène, à l'économie circulaire) n'ont pas eu directement recours à des instruments de marché, mais elles restent étroitement encadrées par la régulation européenne de la concurrence, qui veille à l'intégrité et au bon fonctionnement du marché européen. 

Les investigations empiriques, conduites par des doctorants ou par moi-même, rendent compte des luttes et des compromis entre la stratégie d'organisation par le marché et le recourt à des interventions plus directs de l'Etat. Elles cherchent à caractériser précisément la nature des ajustements dans le design et le déploiement de ces politiques, les enjeux et les motivations de ces ajustements, la participation des parties concernées et des experts, les modalités concrètes de délibération, les dynamiques d'appropriation par les acteurs économiques.

Sociologie des organisations : la conduite de projet face aux incertitudes 

Les incertitudes et la complexité sont les deux principales limites de l’organisation bureaucratique. Mais elles constituent aussi le fondement des relations de coopération. L’analyse de la nature des incertitudes et des facteurs de complexité est donc utile pour comprendre comment les rôles organisationnels et les relations de coopération se recomposent dans une organisation.

J’ai réalisé pendant plusieurs années des enquêtes sur la prise en charge des incertitudes dans le cadre de projets industriels complexes soumis à de fortes contraintes temporelles (délais contractuels, durée d'indisponibilité) et à de fortes exigences de prévention (risque environnemental, risque industriel, risque accidentel). Un ouvrage publié par Dunod, propose une synthèse de ces enquêtes. Il met en évidence comment des méthodes formelles de pilotage de projet peuvent participer à un « déni de l’incertitude », véritable pathologie des organisations par projet, dans la mesure où il décourage l’expression des alertes et les capacités collectives d’adaptation.

Les enquêtes se déplacent actuellement vers l’étude des dynamiques d’appropriation des nouvelles technologies de l’« Usine du Futur » ou de l’« Industrie 4.0 » : interfaces numériques et technologies portées, équipements de mesure reliés à internet, possibilités de collecte de données, nouvelles capacités de calcul, intensification de l’automatisation, usage de l’intelligence artificielle. A la suite des travaux fondateurs de Steve R. Barley en sociologie des techniques, nous étudions les recompositions des rôles et des compétences autour de ces nouvelles technologies au sein des usines.