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Institutional membership: 
Université Grenoble Alpes
Status: 
Resarch associate (m)
Non permanent.e
Research areas: 
Territorial economy
Territorial organization and local development
Land use
Urban projects
Industrial territory
Urban projects
Town planning
Research team: 
Phone: 
0476820000
Address: 
Cité des Territoires 14 av. M. Reynoard 38100 GRENOBLE

Onglet(s)

Présentation

Nicolas Gillio est directeur de projet "Aménagement et développement économique" au Cerema où il est référent sur les questions d'aménagement commercial et de développement économique territorial notamment et sur le plan Action Cœur de ville à l'échelle nationale. Ses travaux actuels portent sur la mutation des espaces économiques et les politiques d'aménagement spatial. A ce titre, il coordonne un projet de recherche pour la Caisse des dépôts et consignations - Institut pour la Recherche et le PUCA (service de recherche du Ministère de la Cohésion des territoires) intitulé "Action foncière en faveur du maintien des activités productives dans les agglomérations" en partenariat avec Sylvie Duvillard (Pacte UGA). Il réalise des missions d'AMO sur la mutation des périphéries commerciales et sur la revitalisation urbaine des cœurs de villes pour les collectivités territoriales et les services de l'Etat.  Il est chercheur associé au laboratoire Pacte Territoires depuis 2017 date à laquelle il a obtenu une thèse de doctorat en géographie sous la direction de Bernard Pecqueur. Il a travaillé auparavant en cabinets de conseil et en collectivités pendant une dizaine d'années, avant de rejoindre en 2008 le Cerema, Centre d'études et d'expertises sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement. Il a coordonnée plusieurs ouvrages dont "Comprendre l'économie des territoires" (eds Cerema, 2012) et "Sites d'activité économique et immobilier d'entreprise" (eds AdCF-Cerema, 2018).

 

Subject: 
Le foncier une ressource territoriale pour le développement économique ?
Dates: 
November, 2013 to June, 2017
Supervisor(s): 
External supervisor(s): 
Duvillard Sylvie
Abstract: 

Le foncier économique contribue activement au développement des entreprises sur les territoires en tant que traduction spatiale de l’activité économique et que forme d’intervention des acteurs publics en France, et dans plusieurs pays européens.

La localisation des activités économiques se définit en économie spatiale en fonction de la distance au centre urbain, fictif ou réel. La valeur que les agents économiques accordent à une localisation s’établit à partir du niveau de rente différentielle perçue par les propriétaires fonciers. Cette rente est une fonction décroissante de la distance au centre urbain qui varie selon les différentes activités (logements, bureaux, commerces, industries). La concentration des activités dépendrait des mécanismes de rente foncière et résulterait d’un arbitrage entre proximité et distance au centre que réaliseraient les entreprises. Cependant, ces explications sont incomplètes à nos yeux pour expliquer les trajectoires économiques divergentes entre les territoires. En économie spatiale, le foncier devient une variable d’ajustement pour l’entreprise liée au niveau de rente foncière supporté. Cette approche perd néanmoins de sa pertinence lorsque les entreprises tirent le développement économique d’un territoire sans conduire à des niveaux de rente foncière élevée. Ainsi, la concentration des activités économiques et la rente foncière comme mode de valorisation d’une localisation optimale ne fournissent pas des explications satisfaisantes. Le modèle explicatif y est à la fois dépendant de la disponibilité des données, de l’homogénéité de l’espace et du comportement modélisé des agents économiques.

Afin d’apporter des explications nouvelles, nous avons mobilisé d’autres approches théoriques et des méthodes davantage empiriques afin d’analyser les mécanismes à l’œuvre sur des territoires variés et moyennement denses, où le foncier est pourtant très convoité par les investisseurs privés. Ces territoires sont ceux de la Plaine Saint-Exupéry, espace d’interface métropolitain de la métropole lyonnaise, d’une part, et de métropole Savoie, espace de plaines habitées entre Genève et Grenoble, d’autre part.

En faisant appel à la notion de ressource territoriale nous utilisons les apports de l’économie territoriale pour comprendre les mécanismes qui relient le foncier et les activités économiques. La ressource foncière territoriale met en évidence des choix de localisation d’activités tertiaires et industrielles. Ceux-là sont structurés par des coopérations dans lesquelles interviennent les acteurs de l’aménagement et de la promotion immobilière, aux côtés des collectivités territoriales et des entreprises. Celles-ci recherchent des écosystèmes favorables au développement de leur activité et porteurs de proximité, institutionnelle et géographique.

La ressource territoriale souligne le rôle des actifs spécifiques et de la coordination, ainsi que les conditions foncières du développement. La constitution de stratégies foncières, et les modes de coordination entre acteurs publics et privés qui en dépendent, explicitent les fonctions de redéployabilité et d’interface du foncier. Ces deux fonctions désignent, d’une part, le fait que la ressource foncière facilite la mutation des activités sur le territoire, et, d’autre part, que le foncier est une condition d’existence d’autres ressources pour les activités sur ce même territoire. Sans interface, des terrains seront affectés à des fonctions sans rapport avec les actifs spécifiques du territoire. Sans redéployabilité, le foncier sera commercialisé sans considération pour sa valeur réelle de long terme mais uniquement pour sa valeur marchande de court terme. À partir d’observations empiriques sur la Plaine de Saint-Exupéry et sur Métropole Savoie, nous illustrons ces notions et montrons que la maîtrise publique du foncier économique révèle la ressource foncière territoriale à l’heure où les territoires doivent inventer leur propre mode de développement pérenne.