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Le projet Soc-Epi analyse comment l’épigénétique renouvelle l’analyse de l’incorporation biologique de l’environnement physique, matériel et/ou social. Parfois considérée comme un changement de paradigme, l’épigénétique signifie au sens littéral, ce qui se situe « au-dessus » ou « au-delà » de la génétique. Soc-Epi est un projet interdisciplinaire (sociologie, épidémiologie, épigénétique) qui explore les agendas « biosociaux » de l’épigénétique et leur traduction dans des politiques sociales et de santé.

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Frontières dans les Amériques

Alors que dans le sillage de l’effondrement de l’URSS, de nombreux analystes prévoyaient que le monde avait atteint la « fin de l’histoire » [Fukuyama, 1992] et que les organisations régionales ainsi que les accords de libre-échanges – parmi lesquelles l’Union européenne faisait figure de modèle à suivre, d’exemple d’intégration le plus abouti – étaient le signe de l’avènement d’un monde sans frontières, on se rend compte que, plus de trente ans plus tard, la réalité est bien loin de ces commentaires.

 

Inscriptions // Livret-programme // Comment venir

On a plutôt assisté à un « retour des frontières » [Amilhat Szary, 2006], [Foucher, 2016], [Ferguson 2017]. L’un des signes les plus parlants est la multiplication des « murs frontaliers » dont le nombre est passé de 15, en 1989, à plus de 60 en 2016 [Vallet, 2016]. Signe d’un phénomène de « rebordering » [Van Houtoum, 2004], [Podescu, 2011], ces murs sont la manifestation d’une « transformation qualitative » des frontières [Ibid, 3].

 

Cependant, leur retour se fait sous différentes formes, qu’il s’agisse de leur renforcement concret, ou bien du renforcement des activités de contrôle et de surveillance, ou bien encore de leur contestation par des mouvements séparatistes dont les référendums en Catalogne ou au Kurdistan sont les exemples les plus récents. Une nouveauté, c’est que ces processus attribuent aux frontières une fonction de « tri des flux » menant à leur « traitement différencié » [Amilhat-Szary, 2015].
Qu’elles soient contestées, transgressées, transcendées, renforcées ou intégrées, les frontières sont donc au cœur du débat politique.

 

Ce colloque – le premier d’une série intitulée « Frontières, espaces et pouvoirs » – s’intéressera aux frontières dans une ère géographique particulière : le continent américain. Parce qu’elles ont été colonisées par les pouvoirs européens, les Amériques ont de cela en commun que leurs frontières ont été mises en place afin d’« ordonner » le Nouveau Monde [Popescu, 2011, 8]. Plus exactement, elles combinent de façon originale deux formes d’appropriation territoriale, une logique de conquête zonale colonisatrice (frontier) et une volonté de maillage du monde dans une perspective occidentale de l’espace (boundary) [Perrier Bruslé, 2007].

 

Elles véhiculent donc une dimension exogène qui peut avoir des implications pour les espaces et les communautés qu’elles traversent tant en termes de légitimité que d’identité. Au-delà de leur passé colonial, les Amériques ont, depuis les années 1990, un autre point commun : embrassant les forces de la mondialisation, elles ont mis en place des accords commerciaux que ce soit par le biais de l’ALENA pour l’Amérique du nord ou du MERCOSUR pour l’Amérique du sud, afin de favoriser l’intégration régionale. Et ces accords ont mis en avant une vision particulière de la frontière, une frontière qui apparaît davantage comme une « ressource » et moins comme un « stigmate » [Amilhat-Szary, 2015, 85]. Au niveau local, les acteurs ont parfois un point de vue différencié sur la mise en valeur des territoires « périphériques » où ils vivent et développent des initiatives para-diplomatiques innovantes. Sur un continent, dont certaines régions ont été marquées par des conflits frontaliers récurrents depuis le 19ème siècle et où les frontières sont, pour certaines, aujourd’hui encore contestées, notamment en Amérique centrale, [Medina, 2009, 36-37], l’intégration a été un « facteur de stabilisation » [Medina, 2009, 41] sans gommer les tensions de géopolitique interne qui débordent parfois outre-frontière, mettant en péril la stabilité continentale.

 

Ce colloque se propose donc de réfléchir à ces différentes dynamiques qui animent les frontières américaines, ainsi que les mutations qu’elles ont connues dans la dernière décennie selon plusieurs axes.

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11 juin 2019 - 13 juin 2019
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Rencontres de Géopolitique critique 2019

La question de la ré-émergence ou de l'exacerbation de la violence se pose de plus en plus. Attentats terroristes en Europe, guerres interminables au Moyen Orient, en Afrique... « Violence partout, justice nulle part » titre une revue récente1. Pourtant ces lectures privilégient l'analyse de la violence physique, directe, qui à notre sens ne couvre pas l'ensemble du spectre de la violence.

Programme détaillé

 

Pour leur 4e édition, les Rencontres de Géopolitique critique proposent de poser la question de la nature des violences à l’œuvre dans notre société, avec la question notamment, qui est violent? et de réfléchir aux modalités d'une action constructive dans ce contexte qui nous permettent de nous projeter vers un futur désirable.

 

Il s'agira de questionner la violence au sein des systèmes qui nous gouvernent : celui du néo-libéralisme dont la fonction est de créer des inégalités2 ; celui des dispositifs sécuritaires, qu'ils se fassent loi issue de l'état d'urgence, contrôle aux frontières ou intervention dans l'espace public : la progressive militarisation exacerbe la répression et fabrique des ennemis ; celui plus largement de l’État chaque fois qu'il domine, qu'il expulse, qu'il exclut du droit commun, qu'il victimise pour faire taire3 ; celui de la production du savoir quand elle parle à la place des dominés4...Et d'autres formes de ces violences encore. Nous voulons rendre visibles ces violences qui sont invisibilisées par les logiques et les stratégies de pouvoir, dire ce que la violence fait aux gens, de manière concrète car ses effets, eux, sont tangibles.

 

La géopolitique critique propose des outils pour questionner les multiples manifestations de violence et notamment l’invisibilisation de la violence structurelle. Dans un monde où les rapports de pouvoir asymétriques opèrent une séparation épistémologique entre les centres de pouvoir et ses périphéries5, il est très important de rappeler que les espaces de visibilité - tout ce qui est rendu visible à travers des médias, réseaux sociaux et discours politiques - sont construits et cachent des espaces d’invisibilité. L'invisibilisation de la violence structurelle, ou institutionnelle, s'explique notamment par le fait que la violence est généralement énoncée par le pouvoir et, de ce fait, attribuée à ceux qui en sont le plus éloignés. La représentation d'un « sujet violent » rend difficile à une personne identifiée comme telle de se défendre et de visibiliser la violence dont elle est la cible6, autant qu'elle sert à délégitimer certains acteurs engagés pour sa dénonciation et dans leur auto-défense.

 

Visibiliser les violences est nécessaire pour rendre compréhensibles les évolutions récentes dans notre société ; nous outiller dans le but de les décrypter est indispensable pour agir. Comment agir au-delà du verbe ? Les modalités d'actions sont à ré-inventer dans le contexte violent actuel qui exacerbe les rapports de pouvoir et les asymétries. Entre non-violence et violence défensive7, les stratégies divergent.

 

Résistance, occupation, solidarité avec les exclus flirtent avec la désobéissance et sont à la fois réprimées violemment et l'objet de condamnations judiciaires.
Peut-on complètement maîtriser ses modes d'être visibles ou pas ?
Un autre choix peut être celui de prendre de la distance, se retirer, développer des vies autonomes et chercher à changer le monde par fragments .8
Des expériences existent d'ouverture d'espaces d'indistinction, fondés sur la réciprocité de la non domination, où il n'est pas possible d'assigner une identité – je suis libre quand je ne suis pas sous le coup d'une domination et quand je ne domine pas – pour conduire des analyses communes des problèmes et penser des actions. La démocratie radicale9 peut inspirer pour organiser la confrontation, créer un rapport de force non violent, assumer le conflit comme espace constructif pour des transformations sociales. On a aussi besoin de temps et d'espace pour penser, se rencontrer et partager autour  de la fête, «  une démonstration de puissance sans arme » dont l'enjeu est de « dénoncer la cruauté du despotisme [...et]  affirmer l'humanité du peuple souverain à l’œuvre »10… Sous une diversité de formes, révélant la variété de choix stratégiques, nous voyons un intérêt à visibiliser les utopies réalisées, même éphémères.

 

  1. Revue Monde commun, PUF, 01, Sept. 2018
  2. Simon Springer, Pour une géographie anarchiste, Lux, 2018
  3. Saskia Sassen, Expulsions, 2016
  4. Françoise Vergès, Une initiation décoloniale, Mouvements n°72, 2012/4
  5. Derek Gregory, The colonial present, 2004
  6. Elsa Dorlin, Se défendre. Une philosophie de la violence, La Découverte, 2017
  7. Ibid.

 

 

Les Rencontres de Géopolitique critique cherchent à articuler des approches, des méthodes, des expériences et à susciter le contact et l'échange. Elles se dérouleront autour de Grenoble à partir du 11 mars 2019.

Nous faisons appel à tou.te.s celles et ceux qui voudraient contribuer sous une forme ou une autre à l’élaboration du contenu de ces Rencontres de Géopolitique critique. Nous souhaitons faire des rencontres un moment de partage et de réflexion à partir de nos engagements respectifs. Cela passe par les lieux que nous fréquentons, les risques que nous prenons, les méthodes que nous inventons, les réseaux que nous créons. Mais cela passe aussi par les postures que nous choisissons d’adopter les uns par rapport aux autres en prenant en compte les inégalités sociales qui jalonnent notre société et nos rencontres.

 

Partenaires :
    • Le laboratoire de sciences sociales Pacte, et principalement l’équipe de recherche Justice sociale
    • L’association Modus Operandi pour une approche constructive des conflits, Grenoble
    • Migreurop, réseau européen et africain de chercheurs et militants sur la problématique de l’enfermement et des frontières
    • La Fondation Charles Léopold Mayer, Suisse
    • La Maison des Jeunes et de la Culture Desnos, Echirolles
    • Radio Campus Grenoble
    • ANV-Cop 21, France

 

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4 mars 2019 - 16 mars 2019
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Question raciale / questions urbaines : frontières territoriales et racialisation

Comment le fonctionnement des sociétés démocratiques donne sens et saillance à des catégories raciales, perpétuant ainsi la race comme construction sociale ou frontière symbolique ?

 

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Des politiques publiques ou des modes de relation en principe color blind peuvent participer à la production de frontières raciales symboliques. Les dispositifs publics qui ciblent officiellement des zones « sensibles » voient réapparaître le marqueur racial qu'il s'agissait de contourner. Et dans les représentations ordinaires ou médiatiques, l'idée de « quartier sensible » renvoie couramment à des représentations raciales. Ce colloque vise à analyser cette imbrication entre frontières raciales et territoriales à l'échelle du quartier. Quels rapports se nouent entre race et quartier, au niveau à la fois de l'action publique, et des catégories ou des modes de pensée de sens commun ? Il s'agit d'éclairer la façon dont opèrent et se reconfigurent les modes contemporains de racialisation : comment les frontières raciales dépendent de processus institutionnels qui les rendent opératoires ? Ou comment les transformations d'une question sociale / urbaine invitent à repenser la question raciale ?

 

Organisation : ANR Eodipar ; Pacte, UGA ; Sciences Po Grenoble ; Guillaume Roux (Université Grenoble Alpes), Aurélien Lignereux

 

Comité scientifique : Emmanuel Blanchard (Université de Versailles-Saint-Quentin), Fatiha Belmessous (Université de Lyon), François Bonnet (Université Grenoble Alpes), Anne Clerval (Université Paris-Est), Elisabeth Cunin (Université Nice Sophia Antipolis), Milena Doytcheva (Université de Lille), Renaud Epstein (Sciences Po Saint-Germain-en-Laye), Didier Fassin (Princeton University / EHESS), Camille Hamidi (Université Lumière Lyon-2), Fabien Jobard (Centre Marc Bloch), Thomas Kirszbaum (Université Paris Nanterre), Lydie Launay (Université Fédérale de Toulouse), Aurélien Lignereux (Université Grenoble Alpes), Claire Marynower (Université Grenoble Alpes), Catherine Neveu (CNRS-EHESS), Elise Palomares (Université de Rouen), Alexandre Piettre (GSRL – EPHE/CNRS), Anaïk Purenne (Université de Lyon),  Guillaume Roux (Université Grenoble Alpes), Julien Talpin (Université de Lille), Sylvie Tissot (Université Paris 8).

 

Aux Etats-Unis, le lien entre l'imaginaire de la race et celui du ghetto, s'il n'est pas toujours interrogé pour lui-même, est bien documenté. E. Anderson (2015) rapporte qu’un Noir inconnu est perçu par défaut, dans les « quartiers blancs », comme un habitant du ghetto, d'autres travaux montrant l'imbrication, au niveau du quartier, des identifications raciales et territoriales (Jackson, 2001 ; Kefalas, 2003). En parallèle, Hinton (2016) a étudié la manière dont les politiques fédérales visant les quartiers pauvres ont contribué à criminaliser les Noirs. Si les phénomènes raciaux à l'échelle du quartier, en Europe et en France, sont moins documentés, des travaux ont montré comment les dispositifs publics ciblant les zones « sensibles » mobilisent, de manière plus ou moins officieuse, des catégories raciales (Kirszbaum, à paraître ; Lorcerie, 2003). De même sur ces territoires, le marqueur identitaire que constitue le quartier fait signe vers la race, les deux étant de fait mêlés (sur les identifications spatio-raciales ou « ethno-territoriales » : Hamidi, 2010). A cela s'ajoute le fait que les contrôles policiers « au faciès » mobilisent des critères d'appartenance raciale et aux quartiers « sensibles » (quartiers eux-mêmes « racialisés »), etc.

 

Ainsi, l'injonction color blind et le recouvrement de la question raciale par une question urbaine n'annulent pas la race comme catégorie de pensée et d'action. Mais elle affecte, dans différents contextes, l'articulation des catégories raciales et territoriales, empêchant la formulation explicite d'une question raciale, ou en brouillant les enjeux (Escafré-Dublet, Lelévrier, 2018). Il s'agit donc d'étudier à la fois la production et l'emploi, par l'action publique, de catégories raciales / territoriales au niveau du quartier, et les usages de ces catégories par les acteurs ordinaires. Comment peut-on analyser ensemble ces deux dimensions de l'action publique et des perceptions ordinaires (Schneider, Ingram, 1993) ? Partant du constat que les discours concernant la banlieue renvoient implicitement à une question raciale (et vice versa), il s'agit d'interroger la co-détermination des modes de pensée ou de perception relatifs à la race et à des territoires – c'est-à-dire à la fois la genèse, les modalités et les conséquences de leur imbrication. On pourra distinguer la racialisation de la question sociale d'un côté, de l'occultation d'une question raciale de l'autre. L'attention portera à la fois sur les « zones sensibles », et les logiques raciales au sein de quartiers perçus comme non-racialisés, afin de penser ensemble la construction du minoritaire et du majoritaire (Clerval, 2014 ; Guillaumin, 1972) Il s'agit d'éclairer, in fine, la façon dont opèrent et se reconfigurent les modes contemporains de racialisation : comment l'existence de frontières raciales dépend de processus institutionnels qui les rendent opératoires ? Ou comment les transformations d'une question sociale / urbaine invitent à repenser la question raciale (Fassin & Fassin, 2013) ? Deux axes sont privilégiés :

 

1. Production et usages de catégories raciales / territoriales par l'action publique

 

Comment les acteurs de l'action publique produisent, mobilisent et surtout articulent des catégories raciales et territoriales ? Il s'agit de prolonger les travaux interrogeant les usages de catégories raciales (ou « ethniques »), au travers notamment des dispositifs de zonage des politiques urbaines (voir spécialement Tissot, Poupeau, 2005). Ceci au niveau des politiques urbaines, scolaires et policières (ou sécuritaires, voire aussi pénales : Léonard, 2015). Si la référence au quartier permet d'euphémiser les enjeux raciaux officieux des politiques urbaines (comme le « seuil de tolérance ») ou « d'éducation prioritaire », les considérations raciales orientent les pratiques officielles (via la « culture d'origine » par exemple) et informelles (Van Zanten, 2001 ; Lagier, 2011), ou les critères du zonage (Tissot, 2004), et modulent l'impératif participatif des pouvoirs publics locaux (Palomares, Rabaud, 2006). De même, l'action policière mêle profilage racial (ou contrôles « au faciès » : Jobard et al., 2012) et ciblage de quartier perçus comme « sensibles » (Bonelli, 2008 ; sur les implications de « l'anti-radicalisation » à l'échelle du quartier : Vermeulen, 2014). Il s'agit d'étudier plus précisément :

 

-La manière dont les catégories de l'action publique, mais aussi les discours ou les schèmes pratiques de ses acteurs, articulent la race avec le territoire. Ceci afin de mettre au jour les rationalités ou les modes de pensée soutenant, de manière plus ou moins implicite, cette articulation (Doytcheva, 2016), et pouvant renvoyer à l'idée d'un « cumul de handicaps », d'un « seuil de tolérance », d'un communautarisme ou de « groupe à risque » (Feeley, Simon, 1992), etc. Comment intervient en particulier l'idée de risque social (Cartuyvels, 2009 ; Sparks, 2001) et comment ce risque est-il ici construit ?

 

-La façon dont ces processus qualifient les groupes-cibles de l'action publique. Comment est-ce que des groupes se voient ici attribuer, de manière directe ou indirecte, des caractéristiques saillantes pouvant jouer comme stigmate (groupes réputés vulnérables, dangereux, communautaires, etc.) ? Quelle image les acteurs de l'action publique se font des groupes ciblés (sur les représentations policières des quartiers de banlieue : Morelle, 2017 ; voir aussi Paugam et al., 2018) ?

 

-La manière dont les logiques ou les catégories de l'action publique se diffusent dans la société. Quelles médiations les rendent perceptibles ou sensibles, et peuvent leur conférer une force d'évidence : rapport du public aux agents de l'Etat (Schneider, Ingram, 1993 ; Spire, 2016) tels qu'enseignants, policiers, etc., reprise médiatique des discours produits par les acteurs publics (Bonelli, 2008 s'agissant de la police) et vice versa, etc.

Les études d'histoire du temps présent (ou socio-historiques, en étendant si besoin la chronologie) sont ici bienvenues (sur l'étude historique du stigmate : Plumauzille, Rossigneux-Méheust, 2014). Ceci à partir de l'idée notamment de classe dangereuse (Kalifa, 2007), notion elle-même racisante (Balibar, 2017 ; Guillaumin, 1972 ; Saada, 2006). Ou en mettant au jour des continuités (post-)coloniales au niveau des groupes focalisant l'attention publique et de leur catégorisation (Français musulmans d'Algérie...), ou de modes spécifiques de gestion urbaine (De Barros, 2005 ; Saada, 2006).

 

2. Les usages ordinaires des catégories raciales / territoriales

 

-Comment est-ce que les catégories du quartier et de la race fonctionnent comme marqueurs identitaires ? Il s'agit de montrer la manière dont chaque marqueur s'articule à l'autre, sur le mode de la concurrence ou de l'imbrication (Hamidi, 2010 ; Roux, 2018 en lien avec la perception de la police), du point de vue des acteurs ordinaires ou militants (sur les relations identités – citoyenneté – quartier : Neveu, 2004 ; Bacqué et al., 2011 sur les recompositions identitaires liées aux politiques de « mixité sociale »).

 

En sociologie de l'ethnicité, le caractère mouvant (selon les situations) et parfois incertain des identifications est bien établi (Brubaker et al., 2004 ; Lamont, Molnár, 2002 ; Omi, Winant, 2014). Ainsi, on pourra étudier la façon dont les individus mobilisent des marqueurs identitaires différents en fonction des contextes (public ou privé, ou selon les thèmes abordés au niveau des discours, etc.) On se demandera ici comment les catégories ordinaires « répondent » aux catégories de l'action publique. Dans une perspective intersectionnelle, on pourra interroger aussi le rôle d'autres marqueurs identitaires (classe, genre, âge, religion, etc.) Comment est-ce que les modalités pratiques d'articulation de la race au territoire dépendent de l'appartenance à d'autres groupes sociaux  (Dantec-Lowry L., 2009 ; Guérandel, Marlière, 2017) ? On se demandera plus précisément :

 

-Comment les membres des groupes-cibles perçoivent les dispositifs qui les visent (policiers, éducatifs, urbains) ? Dans quelle mesure les logiques qui sous-tendent ces politiques, ou leurs conséquences, sont-ils vus comme une forme de stigmatisation (ou sont-il ressentis de manière univoque, diverse, etc. : Hargreaves, 2014) ? Et le cas échéant, quelles réactions est-ce que ces politiques suscitent (Garbin, Millington, 2011), au niveau à la fois des représentations ordinaires, et des mobilisations politiques ?

 

- Comment appréhender, par-delà le vécu des groupes-cibles, le pouvoir stigmatisant de certaines catégories ou modes d'action publique ? Comment les politiques publiques territorialisées participent à la construction de la race comme rapport social ? Ici encore, on pourra interroger le rôle de la perception et de la construction d'un risque. L'évolution historique des discours, notamment médiatiques, et de leur rationalité interne pourront être étudiés (sur le thème du communautarisme : Dhume, 2010), en visant à dépasser les constats connus.

 

Les propositions s'efforceront de suggérer des éléments d'articulation entre les axes 1 et 2 (ou des pistes en ce sens). Elles mobiliseront un matériau empirique. Les comparaisons (au niveau inter- ou infra-national) et les travaux documentant, de façon précise, des recompositions historiques sont encouragés.

 

Échéancier : 17 septembre 2018 : soumission des propositions (5 000 signes environ : angle analytique en lien avec les axes de l'appel ; terrain mobilisé ; résultats attendus). 2 octobre 2018 : sélection des propositions (examen par le Comité scientifique). 15 janvier 2019 : envoie des textes (30 000 signes ou plus). Publication prévue. Envoie des propositions et contact :

 

 

Bibliographie 

 

            Anderson, E. (2015). The white space. Sociology of Race and Ethnicity1(1), 10-21.

            Bacqué, M. H., Fijalkow, Y., Launay, L., & Vermeersch, S. (2011). Social mix policies in Paris: Discourses, policies and social effects. International Journal of Urban and Regional Research35(2), 256-273.

            Balibar, E., “Le racisme de classe”, in Balibar, E., & Wallerstein, I. (2017). Race, nation, classe: les identités ambiguës. La Découverte, p. 272-287.

            Bonelli, L., La France a peur... Une histoire sociale de" l'insécurité". La Découverte, 2008.

            Brubaker, R., Loveman, M., & Stamatov, P. (2004). Ethnicity as cognition. Theory and society33(1), 31-64.

            Clerval, A. (2014). Rapports sociaux de race et racialisation de la ville. Espaces et sociétés, (1), 249-256.

           Dantec-Lowry, L. (2009). Relire William Julius Wilson. Repenser l’articulation entre «race» et classe. Transatlantica. Revue d’études américaines. American Studies Journal, (1).

            De Barros, F. (2005). Des «Français musulmans d'Algérie» aux «immigrés». Actes de la recherche en sciences sociales, (4), 26-53.

            Doytcheva, Milena (2007) Une discrimination positive à la française. Ethnicité et territoire dans les politiques de la ville

            Doytcheva, M. (2016). Usages et mésusages des catégories territoriales: les risques d’un retournement idéologique des causalités. Les cahiers de la LCD, (1), 58-74.

            Escafré-Dublet, A., & Lelévrier, C. (2018). Governing diversity without naming it: An analysis of neighbourhood policies in Paris. European Urban and Regional Studies.

            Fassin, D., & Fassin, É. (2006). De la question sociale à la question raciale?: représenter la société française. La découverte.

            Feeley, M. M., & Simon, J. (1992). The new penology: Notes on the emerging strategy of corrections and its implications. Criminology30(4), 449-474.

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            Guérandel, C., Marlière, E., (2017). Filles et garçons des cités aujourd’hui. Presses universitaires du Septentrion.

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            Hamidi  Camille, « Catégorisations ethniques ordinaires et rapport au politique. Eléments sur le rapport au politique des jeunes des quartiers populaires », Revue française de science politique, 60, 4, 2010, p. 719-743.

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            Kirszbaum, T. (à paraître). Le facteur racial dans les politiques du logement social, dans  Sabbagh D., Simonet M., De l'autre côté du miroir. Comparaison franco-américaines, Presses universitaires de Renne.

            Lagier, E. (2011). Les usages ambivalents des catégories ethnicisées. Hommes & Migrations, (2), 66-76.

            Lamont, M., & Molnár, V. (2002). The study of boundaries in the social sciences. Annual review of sociology28(1), 167-195.

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            Laurent, S., & Leclère, T. (Eds.). (2013). De quelle couleur sont les Blancs?: Des" petits Blancs" des colonies au" racisme anti-Blancs". La Découverte.

            Léonard, Thomas. 2015. « L'intensification du stigmate des “banlieues” lors du processus pénal. Le cas de la métropole lilloise (2000-2009) ». Urbanités [revue en ligne].

            Lorcerie, F. (2003). L'école et le défi ethnique: éducation et intégration. ESF éditeur.

            Morelle, M. (2017). La fabrique de territoires policiers. Des pratiques professionnelles en débat dans une commune francilienne. Droit et société, (3), 469-484.

            Neveu, C. (2004). Une «petite fabrique de territoire»: quartiers et citoyenneté à Roubaix. Ethnologie française34(1), 59-66.

            Palomares, É., & Rabaud, A. (2006). Minoritaires et citoyens? Faites vos preuves!. L'Homme et la société, (2), 135-160.

            Paugam, S., Cousin, B., Giorgetti, C., & Naudet, J. (2017). Ce que les riches pensent des pauvres. Le Seuil.

            Plumauzille, Clyde et Rossigneux-Méheust, Mathilde. 2014. « Le stigmate ou la "différence" comme catégorie utile d’analyse historique ». Hypothèses, n° 17, p. 215-228.

            Roux, G. (2017). Expliquer le rejet de la police en banlieue: discriminations,«ciblage des quartiers» et racialisation. Un état de l’art. Droit et société, (3), 555-568.

            Saada E., 2006, Un racisme de l'expansion. Les discriminations raciales au regard des situations coloniales », in Fassin, D., & Fassin, É. (2006). De la question sociale à la question raciale?: représenter la société française. La découverte, p. 63-79

            Schneider, A., & Ingram, H. (1993). Social construction of target populations: Implications for politics and policy. American political science review87(2), 334-347.

            Sparks, R. (2001). Degrees of estrangement: The cultural theory of risk and comparative penology. Theoretical Criminology5(2), 159-176.

            Spire, A. (2016). État des lieux. Les policy feedback et le rapport ordinaire à l'Etat, Gouvernement et action publique, (4), 141-156.

            Tissot, S. (2004). Identifier ou décrire les «quartiers sensibles»?. Genèses, (1), 90-111.

            Tissot, S., & Poupeau, F. (2005). La spatialisation des problèmes sociaux. Actes de la recherche en sciences sociales, (4), 4-9.

            Van Zanten, A. (2001). L’école de la périphérie. Paris: Puf.

            Vermeulen, F. (2014). Suspect communities—targeting violent extremism at the local level: policies of engagement in Amsterdam, Berlin, and London. Terrorism and political violence26(2), 286-306.

 

[1]Les notions mobilisées dans cet appel, et l'idée notamment de frontière symbolique (Lamont,  Molnár, 2002) pourront être questionnées.

 

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12 février 2019 - 13 février 2019
Chercheur.e.s impliqué.e.s : 
Ouvert à tous

Le projet ECO-INTIME (ANR-15-IDEX-02), consacré aux aux économies du sexe et de l'intime sur internet, part d’un double constat. Premier constat, malgré la place centrale de la sexualité dans le fonctionnement des sociétés capitalistes contemporaines et le poids économique de ces activités, les marchés du sexe sont encore aujourd’hui relativement peu étudiés. Second constat, rares sont les travaux qui interrogent les effets des technologies numériques sur le fonctionnement de ces marchés, qui s’en sont vus pourtant profondément transformés.

Français
Distinction / prix
Hélène Haller et Lou Morriet primées

Les doctorantes des laboratoires G2elab, INES-LITEN et Pacte impliqués dans le Cross-Disciplinary Program Eco-SESA Smart Energies in Districts ont raflé 100% des prix de la meilleure présentation de thèse de la prestigieuse Ecole Energies et Recherches du CNRS. L'école Energies & Recherches est proposée tous les deux ans aux doctorants, post-doctorants et enseignants chercheurs. Co-Organisée par le CNRS, le CEA, l’ADEME et l’IFPEN, elle s'est tenue à la station biologique de Roscoff du 18 au 23
mars 2018. Soixante doctorants ont été sélectionnés parmi quatre-vingt candidatures offrant ainsi une diversité d'approches autour de la thématique "énergie" (sciences de l'ingénieur, sciences du vivant, sciences sociales).

 

Les prix ont été décernés à :

  • Hélène Haller, doctorante au laboratoire de sciences sociales Pacte (CNRS / UGA Sciences Po Grenoble), pour sa présentation intitulée "Concevoir des bâtiments dans une injonction à la performance énergétique : un travail repensé et stabilisé face aux évolutions règlementaires" ; dans le cadre de sa thèse "Le constructeur de bâtiments performants entre prescriptions des autorités publiques et attentes des habitants" encadrée par Nicolas Buclet et Gilles Debizet ;
  • Lou Morriet, doctorante au Laboratoire de Génie Electrique de Grenoble (G2Elab : Grenoble INP/CNRS/UGA) et au laboratoire PACTE de Grenoble, pour sa présentation intitulée "Développement d'outils multi-acteurs pour l'autoconsommation collective électrique" ; dans le cadre de sa thèse "Faisabilités technico-économiques d’échange d’énergie entre différents acteurs à l’échelle d’un quartier" encadrée par Frédéric Wurtz et Gilles Debizet
  • Elise Bruhat,doctorante au laboratoire CEA-INES (CEA /CNRS/USMB) au Bourget du Lac, pour sa présentation intitulée "Développement d'une nouvelle structure de cellule solaire silicium à contacts passivés" ; dans le cadre de sa thèse en partenariat avec l'Institut des Nanotechnologies de Lyon : "Développement d'oxydes "tunnel" et d'OTC (Oxydes Transparents Conducteurs) pour la passivation des contacts sur cellules PV silicium homojonction industrialisables", encadrée par Thibaut Desrues et Denièle Blanc-Pélissier ;

 

Déroulement et critères de sélection

Les doctorants devaient présenter leurs travaux oralement en 3 minutes.
Pour chaque session journalière, un prix a été discerné pour la meilleure présentation du jour selon les critères suivants :

  • une présentation claire de la question de recherche, des enjeux liés ainsi que de la méthodologie et des verrous scientifiques à lever,
  • un support visuel pertinent,
  • un bonne prestance à l'oral.
6 avril 2018
Chercheur.e.s impliqué.e.s : 
Lié : 
Ouvert à tous

L’information préventive constitue un axe primordial en matière de gestion intégrée des risques majeurs par la préparation, puisqu’elle permet de sensibiliser les populations et de développer leurs connaissances, améliorer leurs perceptions des risques auxquels ils sont exposés. Cette information préventive recouvre d’une part tout support d’information distribué réglementairement, d’autre part certaines initiatives prises localement.

Français
Séminaires et ateliers

Marieke Louis présentera ses travaux et son ouvrage "Qu'est-ce qu'une bonne représentation? L'Organisation internationale du travail de 1919 à nos jours" Paris, Dalloz (coll. Nouvelle bibliothèque des thèses), 2016, 476 p. La représentativité est un élément fondamental et controversé de la légitimité de toute organisation, y compris des organisations internationales. Cet ouvrage explore les significations et les usages de la représentativité pour les États, les organisations syndicales, patronales et d'autres organisations non gouvernementales qui constituent l'Organisation internationale du Travail, et montre comment cette institution a conçu, justifié et réformé les fondements de sa représentation sur près d'un siècle. En savoir plus : http://www.editions-dalloz.fr/qu-est-ce-qu-une-bonne-representation.html#product_tabs (possibilité de feuilletage en ligne) Lieu : amphi de la MSH-Alpes

29 septembre 2016
Aire culturelle : 
Cycle de séminaire : 
Séminaires et ateliers

Séminaire de recherche commun au CERAG et à PACTE Intervenant : Fabian Muniesa, Directeur de recherche, Centre de Sociologie de l’Innovation, École des Mines de Paris De plus en plus de recherches en sciences sociales, en particulier la sociologie et les sciences de gestion, mobilisent le concept de valuation pour rendre compte de la façon dont les acteurs d’accordent sur la valeur aux choses. Théorisée par le philosophe pragmatiste John Dewey au début du 20ième siècle, la valuation propose d’envisager la formation des valeurs dans une approche pragmatique, considérant non pas les valeurs en tant que telles mais la valuation comme une activité, c’est à dire la formation des désirs, des intérêts et des fins dans des situations concrètes. Cette approche a été réactualisée récemment par toute une dynamique de recherche en sociologie donnant forme à une sociologie de la valua8on et de l’évaluation. Fabian Muniesa, directeur de recherche au CSI, est l’un des principaux artisans de cette mobilisation de la valuation en sciences sociales. Auteurs de nombreux articles sur la question, il est également co-fondateur de la revue “Valuation Studies” en 2013. A l’occasion d’un déplacement à Grenoble pour une thèse portant sur la valuation dans les processus de design, il viendra échanger avec les chercheurs intéressés par cette théorie, et présentera notamment son dernier ouvrage, à paraître, intitulé : “Capitalization, a Cultural Guide” Merci de vous inscrire sur le doodle joint pour faciliter l’organisation : http://doodle.com/poll/rqpgxsqmbvmmcg6f Et de nous faire passer le cas échéant les thématiques qui vous intéressent et sur lesquelles vous souhaiteriez échanger pour faciliter l’organisation.

8 septembre 2016
Aire culturelle : 

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