JULIETTE CERCEAU

Chercheur en écologie industrielle et territoriale
Portrait de cerceauj
Affiliation : 
Université Grenoble Alpes
Statut : 
Post-Doctorante

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Présentation

Après 5 ans d’expériences dans l’accompagnement de stratégies territoriales de développement durable (Agenda 21, PCET), au sein d’Auxilia en tant que consultante puis chef de projet sur les enjeux d’écologie industrielle et territoriale notamment, j'ai décidé de consolider mon expertise par une thèse portant sur l’écologie industrielle comme processus de construction territoriale dans les territoires industrialo-portuaires. Après l’obtention de mon diplôme de docteur en « Science et Génie de l’Environnement » de l’Ecole des Mines de Saint Etienne et ma qualification en section « Aménagement de l’espace, urbanisme » en 2013, j'ai poursuivi mes travaux de recherche, en tant qu’indépendant, en approfondissant la question des interactions hommes/milieux, constitutives de la structuration de l’espace en territoire. En considérant le territoire comme un système socioécologique, je puise dans le courant de la « Long-Term Socioecological Research », les concepts et outils pour comprendre et décrire l’évolution de la structuration des territoires comme une succession de régimes et de transitions socioécologiques qui se caractérisent par différents motifs d’interaction hommes/milieux. Mes travaux de recherche ont pour terrain des espaces dans lesquels les interactions entre les sociétés humaines et l’environnement sont constitutives des projets de territoire, les espaces côtiers, et portuaires en particulier, et les espaces de montagne.

Depuis janvier 2017, j'ai intégré le laboratoire PACTE en tant que post-doctorante en charge de la coordination du projet CAP-BIOTER, lauréat de l'appel à projet ADEME REACCTIF 3. Ce projet scientifique s’inscrit en continuité de mes travaux de recherche antérieurs. Il prend pour terrain d’étude les réserves de biosphère, articulés à des parcs nationaux et des parcs naturels régionaux. Sites pilotes du programme « Man and Biosphere » de l’UNESCO, les réserves de biosphère ont pour objet la meilleure compréhension et la meilleure utilisation des interactions entre l’environnement (la biodiversité en particulier) et les besoins sociétaux, dans l’optique d’une plus grande résilience des territoires. Les réserves de biosphère offrent ainsi des cas d’études pertinents pour évaluer la « capabilité » des territoires à prendre en main leur destin socioécologique. Face aux enjeux globaux et aux choix politiques nationaux en matière de transition énergétique notamment, de quelles ressources et de quels moyens les acteurs locaux disposent-ils pour mettre en œuvre leur propre stratégie territoriale en cohérence avec leur environnement ? J’aborde cette problématique du point de vue de l’écologie territoriale, avec pour ambition de contribuer, à mon échelle, à la structuration de ce champ de recherche émergent et de cette communauté scientifique rassemblée autour du laboratoire PACTE.

Titre de la thèse : 
L'écologie industrielle comme processus de construction territoriale: application aux espaces portuaires
Dates : 
décembre, 2013
Directeur.s / Directrice.s extérieur.e.s : 
Catherine Gonzalez, Ecole des Mines d'Alès
Résumé de la thèse : 

La circulation des flux de matières et d’énergie reflète aussi bien le fonctionnement de la biosphère que celui des sociétés humaines. L’écologie industrielle, dans son approche territoriale, interpelle ces interactions socioécologiques au sein d’un espace géographique et participe ainsi à la définition et à la structuration de l’espace en territoire. Par une approche expérimentale déclinée sur les espaces portuaires, nous cherchons à rendre manifeste, pour la valider et mieux l’appréhender, cette dynamique de configuration du territoire en écologie industrielle. Le territoire constitue une matrice complexe, composée de représentations et de pratiques, manifestées dans le discours des acteurs. A partir de l’étude de 21 cas portuaires d’écologie industrielle à l’échelle internationale, 9 modèles territoriaux ont été proposés pour  l’observer et la décrypter. Déclinés dans l’espace portuaire de Marseille-Fos, ces modèles permettent la production et l’interprétation des discours des acteurs de la démarche d’écologie industrielle en vue d’identifier les modalités de construction territoriale à l’œuvre et de construire une configuration du territoire à l’interface des représentations et pratiques des acteurs. Cette expérimentation met en évidence un phénomène d’imbrication territoriale de l’écologie industrielle et la participation de celle-ci à une dynamique territorialité-territorialisation structurante de la construction territoriale. Elle propose ainsi une définition socioécologique du territoire, distinguant des biotopes et des niches occupés par des acteurs, dont les interactions appellent à un renouvellement de la gouvernance portuaire de l’écologie industrielle.