Portrait de mahil
Affiliation : 
Université Grenoble Alpes
Statut : 
Chercheuse associée
Non permanent.e
Domaines de recherche : 
sociologie des institutions
Équipe de recherche : 

Onglet(s)

Présentation

Lara Mahi est chercheuse associée à Pacte et membre de l'équipe Régulations depuis le 1er janvier 2019. Ses recherches portent sur la production, la diffusion et l’incorporation de normes de santé. À partir d’une ethnographie de la chaîne pénale associant observations de pratiques judiciaires, monographies des services médicaux d’établissements pénitentiaires, étude de corpus d’articles biomédicaux sur la population carcérale, entretiens et statistiques ethnographiques, sa thèse (2018, Université Paris Nanterre) a porté sur le déploiement du pouvoir médical dans et par des institutions ne se donnant pas pour première mission de soigner. Quelques analyses tirées de cette enquête, qui posent la question d’une « sanitarisation » du pénal et décrivent comment les détenus sont socialisés à la santé en prison, ont été publiées sous la forme d’articles (Revue française de sociologieAnthropologie & Santé). Lara Mahi poursuit actuellement ses recherches, dans le cadre du projet Inserm/IReSP « MaSanté » (coord. Marc Bessin), en s’intéressant à l’entrée dans la parentalité et aux soins accordés aux enfants.

Titre de la thèse : 
La discipline médicale : ethnographie des usages de normes de santé et de savoirs médicaux dans les dispositifs de la pénalité
Dates : 
octobre, 2010 - octobre, 2018
Directeur.s / Directrice.s extérieur.e.s : 
Philippe Combessie
Résumé de la thèse : 

La prison fait l’objet d’un nombre croissant de publications biomédicales depuis les années 1980, en France, comme dans la plupart des pays occidentaux industrialisés, mettant l’accent sur les prévalences élevées de certaines affections chroniques parmi la population carcérale. Comment se fait-il que tant de personnes emprisonnées ont des "problèmes" de "santé" ? Cette thèse entreprend de répondre à cette question en appréhendant la santé non pas comme un état, mais comme une norme. À partir d’une enquête ethnographique associant observations de pratiques judiciaires, monographies des services médicaux d’établissements pénitentiaires, entretiens, statistiques et étude de corpus d’articles scientifiques, elle s’attache à montrer, pas-à-pas, selon une approche processuelle, comment la chaîne pénale produit des "malades" en confrontant les individus saisis par ses dispositifs à des normes de santé et à des savoirs médicaux. À la croisée d’une sociologie des institutions, d’une sociologie de la médecine et d’une sociologie de la connaissance, en étant à la fois attentive à des pratiques bureaucratiques, à la construction de décisions (pénales, gestionnaires et médicales), aux conditions concrètes de réalisation d’études biomédicales en maison d’arrêt et à leurs effets, à des rhétoriques judiciaires et scientifiques, aux activités professionnelles qui constituent le soin en prison et à l’appropriation socialement différenciée de ce travail par les détenus, l’enquête permet de comprendre comment le pouvoir médical se déploie, au présent, de façon discrète et diffuse, dans et par des institutions ne se donnant pas pour première mission de soigner.