Portrait de bachells
Affiliation : 
Université Grenoble Alpes
Statut : 
Doctorante
Non permanent.e
Domaines de recherche : 
Frontière
Équipe de recherche : 

Onglet(s)

Présentation

Diplômée d'un Master en Sciences Sociales à l'ENS de Lyon, je fais actuellement une thèse au laboratoire Pacte.

Je travaille dans une approche postcoloniale sur les frontières contemporaine. Mes deux mémoires de recherche (2018 et 2019) portent sur la militarisation de la zone-frontière alpine entre l'Italie et la France dans le Briançonnais/Val de Suse, en interrogeant la manière dont les architectures de contrôle transforment l'espace de haute montagne en (re)produisant des rapports spatiaux différentiés de classe et de race entre les individu-e-s autorisé-e-s à circuler et celles et ceux dont la mobilité est contrôlée. Ma thèse en cours étend ces questions à l'ensemble de la frontière italo-française et aborde la construction de la frontière dans une perspective géo-historique.

Par ailleurs, j'ai travaillé en 2016-2017 sur le processus de fermetures et renforcement des frontières, ainsi que les solidarités et les luttes contre ces frontières, à travers l'Europe et notamment dans les Balkans, dans un projet personnel de blog et la réalisation d'une exposition pédagogique en 2021 : derootees.wordpress.com

J'ai également effectué des recherches sur la coopération entre l'Union Européenne et l'Egypte sur les questions de contrôle des migrations, publiées dans un rapport de Migreurop en 2021 : https://migreurop.org/article3072.html?lang=fr

Enfin, je travaille pour l'agence "Border Forensics" avec laquelle j'ai effectué une investigation sur les personnes en migration mortes aux frontières alpines, publiée en 2022

 

PUBLICATIONS

2017, Atlas des migrants en Europe - 3e édition, Approches critiques des politiques migratoires, Migreurop, sous la direction d'Olivier Clochard, Armand Collin

2020, La traque policière des étranger·es à la frontière franco-italienne (Hautes-Alpes) comme « maintien de l'ordre » social et racial, "Réfugié-es et Montagnes", Revue de Géographie Alpine 108-2 | 2020

ENGLISH : Chasing Down Foreigners at the French-Italian Border (Hautes-Alpes) as a Matter of Social and Racial Policing, https://journals.openedition.org/rga/7208

2021, La coopération UE-Égypte sur les politiques migratoires : dépolitiser les enjeux, soutenir un régime autoritaire, Rapport d’observation (mission 2019-2020), Migreurop : https://migreurop.org/article3072.html?lang=fr

2022, Une contre-enquête pour Blessing Matthew, Border Forensics : https://www.borderforensics.org/fr/?post_type=investigation

 

Titre de la thèse : 
Militarisation de l’espace, rapports spatiaux de race et de classe à la frontière franco-italienne : une géohistoire du contrôle des « indésirables » dans les Alpes du Sud
Directeur.s / Directrice.s : 
Directeur.s / Directrice.s extérieur.e.s : 
Philippe Rygiel
Résumé de la thèse : 

Mon projet de thèse consiste à comprendre comme se sont constituées, dans le temps long, deux types de mobilités dans les Alpes du Sud qui s’opposent « comme le revers d’une même pièce » selon Bauman (1999) : d’une part, celles, désirées, de certains types et nationalités de consommateurs dans le cadre de l’économie touristique, et d’autre part celles, rendues illégales par les politiques migratoires, des personnes en migration « indésirables ».  J’interroge la zone-frontière crée par un renforcement de la présence policière et militaire aux confins des territoires nationaux comme productrice de rapports spatiaux différenciés entre les populations étrangères traversant les Alpes, selon leur classe sociale et leur « race » (car l’identification de nationalité est effectuée à partir du phénotype). Je m’intéresse à l’incorporation des pratiques et technologies de contrôle dans l’espace montagneux, en mettant en lien les techniques policières et l’urbanisation « sécuritaire » des territoires. Celles-ci participent à construire un espace de montagne différencié, de loisir et de plaisir pour les un-e-s, et de danger, de traque et de fuite pour les autres, interrogeant la persistance de certaines formes de colonialité au sein des zones-frontières contemporaines de l’espace Schengen.