Chemins de l’innovation urbaine durable

Chemins de l’innovation urbaine durable, programme de recherche mené par Gilles Debizet

Programme de recherche ADEME 2011-2013
Observation de la recherche sur le développement durable de la ville : analyse critique et dynamique de l’offre et de la demande

- Résumé

Ce programme de recherche vise à comprendre les ressorts de la diffusion de l’innovation urbaine durable (« bonnes pratiques », systèmes socio-techniques novateurs …). Il s’agit à la fois d’un travail théorique sur les concepts et d’une recherche exploratoire sur les actions menées par les autorités publiques et les réseaux socio-économiques en Suisse francophone et en Amérique du nord.

- Description

Par rapport aux inerties conjointes des sociétés et du phénomène d’effet de serre, la rapidité du changement climatique appelle des politiques publiques vigoureuses pour conduire les transitions climatiques et énergétiques. L’urbanisme est un levier essentiel car il organise (ou plutôt interagit avec) la construction/rénovation des bâtiments (40% des consommations énergétiques en France) et le développement/exploitation des réseaux de transport.
Les actions publiques en milieu urbain visant à transformer physiquement l’espace sont censées modifier les conditions de vie/de travail des populations ou des organisations ou bien encore limiter les impacts occasionnés par les activités humaines. Ces transformations physiques se concrétisent sur un espace via des projets, bien souvent imbriqués et relevant de plusieurs autorités publiques (communes, intercommunalité …) et plus ou moins privées : aménageurs, gestionnaires de réseaux, maîtres d’ouvrage immobilier, propriétaires, voire locataires et riverains sont autant d’acteurs décisionnels qui interviennent directement dans la transformation de la ville. Leurs prestataires (cabinets de conseil, maitres d’œuvre, entreprises exécutantes, fournisseurs de produits et services) instruisent, conseillent et conçoivent. A ceux-ci s’ajoutent les mouvements environnementalistes et citoyens qui poussent ou résistent aux innovations.

Ces acteurs mobilisent des connaissances, des savoir-faire, des procédures, des outils et des produits-services développés et éprouvés ailleurs c’est-à-dire sur d’autres projets ou sur d’autres territoires. Des cadres d’actions nationaux et locaux autorisent et facilitent plus ou moins la reproduction/transfert d’innovations.
Comment une innovation technologique mise en œuvre et éprouvée sur un projet se propage-t-elle à d’autres projets et d’autres lieux ? Peut-on estimer l’aptitude d’une innovation socio-technique à être réutilisée ailleurs ? Quelles conditions

Comment une « bonne pratique » ou une innovation organisationnelle peut-elle être transférée vers et reproduite/traduite par d’autres projets ou d’autres territoires ?

Il s’agit d’identifier les modèles explicatifs théoriques du transfert de l’innovation urbaine (lieux de production, vecteurs de diffusion, imbrication intersectorielle, articulation des cadres d’action) et d’explorer parallèlement les conceptions dominantes sur lesquelles reposent les politiques publiques d’innovation (hiérarchisation des enjeux, rapports entre connaissance et expérimentation, entre contraintes réglementaires et marchés, impacts de l’évolution des cadres d’actions …). Trois « pays » développés et de régime politique fédéral mais de taille très différente seront étudiés : la Suisse, le Québec (Canada) et les Etats-Unis.

Ce programme est mené par Gilles Debizet du laboratoire Pacte, il bénéficie du financement de l’Ademe dans le cadre du programme de recherche « Observation de la recherche sur le développement durable de la ville » la collaboration de l’institut d’urbanisme de l’université de Montréal (Franck Scherrer) et de l’institut de géographie de l’université de Lausanne (Antonio Da Cunha).