Bandeau de l'équipe Environnements du laboratoire

Environnements

L'équipe Environnements constitue une expérience originale de fédération de chercheur.e.s de sciences sociales autour des questions environnementales. Elle regroupe 46 membres (18 permanents, 22 doctorants, 6 chercheurs associés) croisant une diversité d'approches issues de la géographie, l'aménagement, la sociologie, la philosophie, l'économie, les sciences politiques et l'anthropologie. 

 

Directeur : Olivier Labussière

 

Cinq mots clefs identifient les grandes dynamiques socio-environnementales étudiées :

  • adaptation : l'évolution des modes de vie face aux changements globaux, à différentes échelles spatiales et temporelles, prise sous l'angle des pratiques (quotidiennes, touristiques, évènementielles...),
  • biodiversité : la gouvernance du vivant étudiée au travers des spatialités animales, des rapports hommes - animaux et de l'hybridation des savoirs experts et profanes,
  • énergie : les politiques contemporaines de transition énergétique, la configuration de nouvelles ressources énergétiques et les recompositions territoriales et paysagères qu'elles suscitent,
  • risques : les risques d'inondation, sismiques et de pollution atmosphérique sont étudiées, avec un accent sur les réponses sociales face aux phénomènes naturels,
  • paysage : les dynamiques environnementales et paysagères dans la longue durée (trajectoires, bifurcations, inerties).

 

L’analyse de ces dynamiques socio-environnementales (temps court/temps long, humain/non-humain) font de l’équipe Environnements un lieu de réflexion critique sur des concepts clés (temporalité, adaptation, transition, vulnérabilité, innovation).

 

Parmi les points forts de l'équipe Environnements :

  • un lien étroit avec la formation universitaire à travers deux masters « Environnement » (GEOÏDES et GEOSPHERES), un master recherche « Innovation et territoire » (ITER), un master sur la maîtrise d’ouvrage immobilière (Mobat) et un master international (IDS),
  • une pratique de l'interdisciplinarité en sciences sociales et avec d'autres communautés scientifiques (hydrologie, climatologie, écologie, foresterie, biologie, géologie, énergétique…), au travers de dispositifs de site (OSUG, CDP Trajectoires, UGA-Climat, Zone Atelier Alpes), régionaux (Ouranos-AurA) et nationaux (GPRO Climat-Energie Alliance ATHENA ; coordination ANCRE/ATHENA),
  • une quinzaine de projets en cours (CNRS, ADEME, ANR, Labex de site,...) et le déploiement de réseaux internationaux (Brésil, Chine, Italie, Belgique, Luxembourg, Canada, Québec, Royaume uni, Niger et Maroc).

 

Le projet de l’équipe a été constitué par recoupement d’approches et de concepts afin d’identifier des zones d’échange entre ses membres. Pour le mettre en œuvre, l’équipe s’est dotée d’une « boussole », structurée par un croisement entre des « savoirs sur l’environnement » et des « régimes d’appropriation » d’entités et ressources environnementales.

 

La question des « savoirs » met en tension une approche plurielle de l’environnement comme système composé d’interactions, décrit et analysé par des savoirs scientifiques historiquement constitués, et sous l’angle des relations. Ces dernières formées au grès d’attachements et de détachements entre des collectifs et des entités ou ressources environnementales, dotent ces savoirs d’une intelligence située, de formes de qualification et de partage des enjeux qui les sous-tendent. Ces deux polarités sont en tension : la référence scientifique, avant de se prévaloir d’une universalité, est redevable de déploiement de collectifs et d’instruments qui sont bel et bien « attachés » à des lieux de production de connaissance ; de même, la manière dont nous nous ré-attachons à des enjeux environnementaux afin d’en saisir les expressions singulières là où nous vivons, s’opère de plus en plus par des collectifs citoyens reprenant à leur compte des instruments miniaturisés et mobiles qui renouvellent les capacités d’observation et de production de données. Cette tension au cœur des « savoirs » constitue aussi pour le groupe Environnements l’occasion d’un parcours réflexif prenant la forme d’une interrogation mutuelle de nos cultures scientifiques afin d’en dégager des questionnements partagés et des actions de recherche de plus grande ampleur, en interdisciplinarité entre SHS et avec d’autres communautés scientifiques.

 

La question des « régimes d’appropriation » interroge les processus concrets au travers desquels nos sociétés à différentes époques, et dans différents contextes géographiques, culturels et sociaux, réévaluent la question environnementale pour répondre à leurs besoins, prévenir les risques qui les menacent, asseoir leur souveraineté. Ces processus se caractérisent notamment par leur tentative de transformer des entités environnementales en biens, selon des trajectoires très diverses qui peuvent aboutir à la constitution de ces biens comme des communs ou à leur privatisation. Ces processus sont incertains en raison de la matérialité de ces entités environnementales et de leurs capacités de résistance / résilience, mais aussi des catégories que nous mobilisons pour comprendre et agir sur ces enjeux (comme par exemple les notions de résistance, résilience, vulnérabilité etc…). Il s’agit d’explorer cette tension fondamentale entre des entités et des ressources environnementales controversées et négociées afin de les constituer comme des communs, et ce à différentes échelles (communautés locales, nationales, transnationales), et des entités / ressources convoquées dans des processus de privatisation, afin de disposer d’elles comme des biens marchands, substituables et échangeables.

 

Ces deux polarités renvoient à des régimes d’appropriation multiples, hybrides, disputés qui sont l’enjeu de l’analyse. En termes de projet, elles fixent un horizon collectif qui est celui d’une remontée en discussion sur les politiques environnementales, leurs héritages de gestion, leurs impensés, leurs tentatives de plus en plus fréquentes de passer par le marché pour déléguer à des opérateurs privés la prise en charge des transitions, des impacts et des risques. Ces processus d’appropriation ouvrent des occasions de redéfinition collective de ce qui fait valeur (paysage, biodiversité, risque…), et qui peuvent susciter des expériences innovantes comme de nouvelles inégalités sociales et environnementales.

 

Ce projet s’appuie sur un savoir méthodologique efficace fondé sur la capacité de l’équipe à réaliser des enquêtes et entretiens, permettant le suivi de collectifs sociotechniques émergents comme le traitement de séries longues par les méthodes statistiques. L’usage des SIG est également largement utilisé avec dans certains cas l’apport des archives historiques, la spatialisation et la représentation spatio-temporelle des phénomènes observés. L’approche spatio-temporelle peut également être mobilisée pour intégrer les multiples processus en jeu. Concernant les études sur le milieu naturel, des méthodes classiques (analyse de la végétation, géomorphologie) ou innovantes (dendrogéomorphologie) sont développées.

 

Ces directions de recherche élaborées collectivement ouvrent un espace de discussion d’une grande richesse qui se déploiera notamment au travers deux ateliers d’équipe : un atelier-lecture destiné à travailler collectivement autour de textes sur la construction des savoirs et les processus d’appropriation de l’environnement ; un atelier-vidéo conçu comme un espace d’initiation à la réalisation et au montage de documentaires vidéographiques de chercheur.e.s.

Projets de recherche de l'équipe


LoSonnante


Extra Sup

cdp trajectories

Trajectories

Innondation projet mobiclimex

MobiClimex


RESSORT


Co-RESTART-I²PRI

S.E.R.I.E.S

S.E.R.I.E.S


VERCORS RESISTANT


MUDAMO


ENGAGE


COLLENER

Atelier-lecture : John Dewey, le pragmatisme et la question environnementale

 

Après la lecture de « Le public et ses problèmes » (1927), le groupe poursuit sa découverte de l’œuvre de John Dewey, avec « Expérience et éducation » (1938). Prenant appui sur des œuvres antérieures, ce court texte valorise les idées de continuité de l’expérience et de transaction entre les situations qui composent l’expérience. Educatives seraient les expériences à partir desquelles apprendre à (re)définir collectivement ce qui fait valeur. « Faire » des expériences et contribuer à « former » des valeurs démocratiques apparaissent en cela indissociables.

 

Ce propos croise les préoccupations de l’équipe Environnements en ce que la redéfinition contemporaine de nos relations avec les animaux, les sous-sols, les paysages ou le climat appellent à s’accorder sur ce qui importe, et l'émergence de nouveaux communs. Cela ouvre une interrogation sur nos manières de « faire » des expériences à partir desquelles saisir les nouvelles dimensions de la question environnementale, ses rythmes, ses échelles, ses conséquences. Cela interroge aussi la façon dont les sciences humaines et sociales « partagent » ces expériences avec des publics plus larges, apprennent de ceux-ci et participent de leur constitution. De même, la façon dont les enseignants partagent des expériences avec des publics d'étudiants, notamment 'sur le terrain', pourra trouver par ce livre toute sa place dans les discussions.

 

Le groupe se réunit mensuellement. Pour participer, contacter : olivier.labussiere[at]umrpacte.fr

 

Atelier AMETIhST : groupe de réflexion interdisciplinaire sur la résilience des systèmes socio-environnementaux

 

AMETIhST (Anticipation, Mobilité, Echelles spatio-Temporelles, Intégration, hydrométéo, Société, Territoires) regroupe depuis 2010 des chercheurs en sciences humaines et sociales et en géosciences. L'atelier fonctionne depuis 2011 selon une approche « slow science » afin de favoriser le déploiement d'échanges multi/inter-disciplinaires. La règle du jeu est simple : partager un outil théorique et le confronter à nos propres objets d'étude.

 

Initialement le groupe a travaillé sur les risques hydrométéorologiques et leurs échelles spatiales et temporelles. Il a ensuite étendu ses travaux aux questions de résilience et, plus récemment, de rythme, au travers de différents articles : C.S. Holling, "Understanding the Complexity of Economic, Ecological, and Social Systems" ; M. Grossetti, « L’espace à trois dimensions des phénomènes sociaux » ; P. Michon, comme « Rythme et sociologie, une introduction ».

 

Le groupe se réunit mensuellement, généralement le dernier vendredi du mois, de 11h à 12h30. Pour participer au travail de ce groupe contacter severine.durand07[at]gmail.comisabelle.ruin[at]univ-grenoble-alpes.fr, ou celine.lutoff[at]univ-grenoble-alpes.fr

 

Atelier-vidéo : expérimenter de nouveaux langages en sciences sociales (programme et activités)

 

La question de l’image animée possède une longue tradition en sciences sociales. Elle voit ses usages se multiplier en France et à l’international dans le domaine de la recherche, ce qui ouvre la voie à de nouvelles formes de (co)production des connaissances et à de nouvelles passerelles science - société. Cet atelier vidéo se veut d’abord être une « respiration » dans un contexte où les pratiques de production scientifique deviennent intensives, internationalisées et standardisées. Il s’agit de reposer la question du choix et de la transformation de nos langages pour développer une pensée de sciences humaines et sociales en prise avec la société. Il poursuit également un objectif de formation par la pratique visant à doter des chercheur.e.s, post-doctorants, doctorants d’une expérience en matière de réalisation et de montage documentaires.

 

L’atelier-vidéo est organisé en partenariat avec la Cinémathèque de Grenoble, et bénéficie de l’expérience de Naïm Aït-Sidhoum, architecte et vidéaste. Il rassemble des chercheur.e.s des laboratoires Pacte et Cresson.

 

Le groupe se réunit mensuellement. Pour participer, contacter : olivier.labussiere[at]umrpacte.fr

 

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