Faith47 // Photo credit: Ben Sutherland via Visualhunt / CC BY

Justice sociale

L’équipe Justice sociale étudie les phénomènes de justice/d’injustice sociale ou spatiale. Ses recherches portent sur les formes de subalternisation, de vulnérabilité, d’inégalités, d’altérités dans leurs expressions sociales, spatiales, territoriales, ainsi que dans leur extension identitaire et biographique (genre, âge…). Elles s’intéressent notamment à la mobilisation des ressources par les individus et les collectifs, aux usages sociaux des dispositifs des politiques publiques, ainsi qu’à la manière dont le territoire constitue un lieu d’observation, de production et de correction des inégalités, des fractures et des discriminations, de l’inégalité d’accès notamment à la santé, des pratiques d’assistance et d’aide sociale.

L’équipe propose également des approches critiques, post- et décoloniales, travaillant au décentrement du regard notamment conceptuel, et à une analyse des relations de pouvoir. Dans ce cadre, sont développées des recherches “par le bas” ou participatives, particulièrement attentives à l’expérimentation en méthodologies qualitatives.

Enfin, l’équipe explore la structuration des imaginaires alternatifs de territoires au travers d’innovations et expérimentations méthodologiques, notamment autour de pratiques de recherche-création (science art).

 

Directrice : Myriam Houssay Holzschuch

1. Questionnement des principes et valeurs / articulation pensée critique / approche par les marges 

Les chercheurs mobilisent une approche théorique qui se réfère au décentrement des épistémés, qu'il soit géographique ou thématique. Ils se fondent notamment sur la circulation des concepts entre les Nords et les Suds pour reconstruire les paradigmes qu'ils utilisent : il s'agit par exemple de travailler sur les réalités régionales qui nous sont proches à partir de grilles de lecture initialement conçues pour des ailleurs. Mais ce qui est en jeu est aussi une recherche qui fasse toute sa place à une production de pensée originaire des Suds (southern theory ou pensée décolonisée), c’est-à-dire qui travaille autrement les postures réflexives et les processus de domination induits par les méthodologies traditionnelles en sciences sociales. Cela se traduit en partie par le choix d’objets décalés (les marges socio-spatiales et leurs habitants, la question du genre et des approches queer), mais pas uniquement. Le groupe revendique l’applicabilité de ces approches radicales à des thématiques élargies qui concernent la géographie sociale, l'économie de la transition, la sociologie et la science politique critique. 

2. Vulnérabilités, discriminations, capacités 

Cet axe vise en particulier à mieux connaître le champ de la LCD (Lutte Contre les Discriminations) à travers l’analyse des politiques publiques, des représentations, des pratiques d’acteurs et des parcours de « victimes » et à contribuer ainsi à l’effectivité de l’action publique. La perspective compréhensive, pluridisciplinaire et comparative (sociologie, science politique, anthropologie…) adoptée dans les recherches développées par cette équipe croise l’analyse de parcours de personnes qui s’estiment victimes des discriminations avec l’analyse du fonctionnement des dispositifs politiques, juridiques et sociaux mis en œuvre. Il s’agit notamment de renouveler les paradigmes et les concepts théoriques nécessaires à la compréhension des pratiques des acteurs institutionnels et des individus qui agissent sur le champ de la LCD et les situer dans l’ensemble des analyses qui portent sur les phénomènes des vulnérabilités d’inégalité, d’injustice et de respect des principes de justice sociale. Il s’agit notamment de renouveler les paradigmes et les concepts théoriques nécessaires à la compréhension des pratiques des acteurs institutionnels et des individus qui agissent sur le champ de la LCD et les situer dans l’ensemble des analyses qui portent sur les phénomènes des vulnérabilités d’inégalité, d’injustice et de respect des principes de justice sociale. Les chercheurs analysent les formes de vulnérabilités et d’exclusions sociales et territoriales (notamment les politiques de la ville) coproduites par les politiques et les acteurs publics, ainsi que l’impact des politiques de lutte contre les inégalités et les discriminations sur le principe d’égalité. Il s’agit également de se centrer sur les usages sociaux et institutionnels du territoire et de voir en quoi le territoire constitue le lieu d’observation, de production et de correction des inégalités, des fractures et des discriminations, y compris au niveau des imaginaires alternatifs de ces territoires. Les travaux s’intéressent également   à la mobilisation de ressources par les individus afin de réduire les vulnérabilités, notamment via la construction de l’action publique par « le bas » avec les acteurs et les usagers (professionnels ou non). 

3. Frontières, migrations, exils, ségrégations 

Parmi les objets particuliers autour desquels se mobilisent les chercheurs de l'exil se trouve la question de la frontière, comprise d'abord en tant que lieu géopolitique dont l’importance est revalorisée par l’actualité politique récente en tant que filtre complexe des flux de la mondialisation. Il s’agit de la considérer non pas comme une ligne à enjeux pour les relations internationales, mais comme un type d’espace où se nouent des processus d’ouverture / fermeture qui permet de penser les questions liées au passage, à l’hospitalité et à l’enfermement. La thématique rejoint donc différents champs d’études : border studies et migration studies, mais aussi analyse des ségrégations urbaines (critical urban studies). 

4.  Protection sociale, santé, âges, générations
Autour de cette thématique un groupe de chercheurs travaille  à saisir les modalités de la fabrique des politiques publiques  aux échelons locaux, et nationaux et,  dans une certaine mesure dans une perspective comparatiste internationale.
Il s'agit essentiellement d'analyser les conditions d'émergence des politiques publiques, les rapports de force,  les dynamiques  ascendantes (bottom up) et descendantes (top down), qui conduisent à la mise en forme de catégories, à la production de référentiels d'action et in fine à l'émergence de nouveaux cadres idéologiques de l'action publique. Une attention particulière est apportée aux reconfigurations de l'échiquier des acteurs aux différents échelons et au positionnement hybride (producteur/récepteur) des usagers et des intercesseurs sociaux que sont les professionnels de l'action sociale ou médico-sociale. Une approche originale à travers  l'ethnographie du quotidien est également initiée. Les terrains de recherche concernent la protection sociale, la santé, l'action gérontologique, le care. A travers ces analyses situées, le groupe se propose de saisir les modes d'accès ou de distance des usagers aux dispositifs qui leur sont destinés, les  formes territorialisées d'action publique, et ce faisant de concourir à l'enrichissement des concepts de fragilité et d'inégalité.

5. Le développement territorial et des inégalités socio-spatiales, font l’objet d’analyse à différentes échelles, tant en termes de caractérisation (dimensions et niveaux de développement), que de comparaison entre territoires et de compréhension des dynamiques (mobilités, facteurs de localisation des activités, notamment par rapport aux ressources locales et au tourisme). Concernant le lien entre tourisme et développement local en particulier, les travaux se déclinent en deux points principaux : d'une part, le rôle que les aménités (attributs localement spécifiques qui renforcent l’attractivité d’un territoire donné) jouent par rapport aux activités touristiques et récréatives ; d'autre part, le rôle du tourisme, en tant qu'action collective ancrée dans un territoire, analysé à travers le prisme de l'approche par les capabilités (Sen) pour traiter plus largement de la question du bien-être local.

Dans le cadre de l’équipe Justice sociale les approches relatives aux études de genre (gender studies) questionnent la construction et le déploiement des rapports sociaux de sexe, des genres présents dans l’organisation des sociétés, des spatialités et des territorialités.Le croisement des logiques sociales, culturelles et politiques relatives à la production de normes de genre présentes dans la catégorisation des sexes dans les politiques publiques, dans la structuration des espaces, dans le vécu et les imaginaires des personnes, est particulièrement analysé. Il est directement inscrit dans le champ de la reconnaissance du droit des femmes en dévoilant à la fois la « voix » des collectifs et des réseaux de femmes, et en pointant les points aveugles, les résistances de cette non-reconnaissance.

Plusieurs objets sont retenus dans le cadre de l’équipe : les jardins partagés, l’espace public, les mobilités, les dispositifs  territorialisés d’égalité femmes-hommes et les relations interterritoriales. Plusieurs terrains sont retenus, souvent dans une approche comparative : les métropoles européennes et nord-américaines, les montagnes dans le monde, les frontières et les territoires ruraux du pourtour méditerranéen.

6. Laboratoire international associé du CNRS ”Inégalités, développement et équilibres politiques” est une unité délocalisée de l’équipe « Justice sociale »  à Rabbat au Maroc. Le projet scientifique du LIA « Inégalités, développement et équilibres politiques » n’est pas seulement de traiter des inégalités et des politiques publiques destinées à y remédier, mais encore de comprendre les relations liant ces politiques à la recherche d’un équilibre social, à même de maintenir la cohésion de la société et la légitimité des institutions de gouvernement. De ce point de vue, le Maroc offre un cas de figure des plus intéressants. Il s’agit d’étudier de l’articulation entre les régimes politiques et les modalités du Welfare-state (Esping-Anderson), mais en tenant plus directement compte des besoins de légitimité des gouvernants et donc de la relation entre les caractéristiques proprement manipulatoires des politiques publiques (celles relevant du politics), destinées à éviter le blâme ou à bénéficier d’un effet de légitimation, et celles relevant de la solution des problèmes (qui renvoient, quant à elles, à la policy).

 

 

Projets de recherche de l'équipe


PERCO

Observatoire de l'Innovation urbaine

Observatoire de l'Innovation urbaine


Extra Sup


Trajectories


EUBORDERSCAPES


S.E.R.I.E.S


VERCORS RESISTANT


CBC-ETHOS

Cycles de séminaires

  • Atelier d'écriture : les jeudi 21 septembre, 19 octobre,  23 novembre et 21 décembre de 14h à 16h30 au 3e étage bâtiment Radiateur // les jeudi 5 octobre, 9 novembre, 7 décembre de 14h à 16h30 sur le Campus (salle à déterminer pour le moment). Contact : Laura Péaud
  • Vulnérabilités et discriminations : la construction discursive de la réalité : dans le cadre d'un projet Coopera , financé par la Région Rhône-Alpes, ce séminaire est co-organisé par le laboratoire Pacte, le laboratoire Célat (Université Laval, Québec) et l’Institut de Plurilinguisme (Université de Fribourg Suisse). Contact :
  • Les mots clés de la recherche : associant la MSH-Alpes et les équipes Régulations et Justice sociale de Pacte, il propose d’approfondir la construction de l’objet de recherche suivant : le recours et non-recours des publics à l’offre de prestations et de services, et plus globalement le rapport des citoyens aux politiques publiques; Contact : philippe.warin@sciencespo-grenoble.fr

 

Agenda de l'équipe

Intégrité et partage de la science : les données de la recherche
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Rencontres de Géopolitique critique 2019
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Frontières dans les amériques
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Actualités de l'équipe

Administrateur-trice systèmes et réseaux
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Sarasadat Makian
Sarasadat Makian débute une thèse à Pacte
Arnaud Szkutnicki débute une thèse à Pacte
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Johanna Jamardo rejoint l'équipe administrative
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Bienvenue à John Agnew, professeur distingué de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA)
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