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Soutenance thèse / Villes et territoires
On November 20, 2026
Institut d'Urbanisme et de Géographie Alpine
Quartiers anciens en déshérence - pratiques et expérimentations du neutre
Sur le littoral méditerranéen français, des quartiers centraux de villes moyennes voient, depuis quelques années, leur population se modifier, le mélange des classes sociales disparaître, les commerces fermer. Ils sont parfois devenus des lieux de relégation sociale dans lesquels des situations d’insalubrité s’installent. Des réponses sont tentées pour remédier à ce processus. Elles sont souvent satisfaisantes dans les parties centrales et actives des villes, où les réhabilitations d’espaces publics et d’équipements, conjuguées aux réfections de façades et aux rénovations de beaux immeubles valorisent ces cœurs anciens et engendrent une certaine dynamique commerciale, culturelle et sociale.
Les difficultés se situent dans les quartiers anciens d’habitat populaire, où services et commerces s’implantent rarement, où les espaces publics font l’objet de peu d’aménagements et où les logements, de facture modeste, sont difficiles à adapter à un confort de vie actuel en raison de leurs densités bâties élevées aux cellules étroites, au manque de lumière, de ventilation, d’espace extérieur privé, d’accessibilité, de végétation, de places pour les voitures, etc. Ils sont pourtant constitués de formes urbaines et de bâtiments anciens qui présentent de grandes qualités spatiales, esthétiques, sociales, ainsi que d’adaptation topographique, climatique et constructive. Souvent, les réponses apportées banalisent l’espace, les interventions étant des réponses strictement fonctionnelles qui font l’économie des aspects sensibles, de composition de la ville et des bâtiments. L’architecture contemporaine peut aussi y être controversée en raison de contraintes patrimoniales. Et lorsque la réhabilitation de ces quartiers est réussie, elle entraine souvent leur gentrification.
Il est ainsi nécessaire de s’interroger sur les adaptations possibles de ces ensembles au mode de vie et d’habiter actuels, dans une époque où les préoccupations environnementales doivent nécessairement guider les solutions. La question des outils et des politiques publiques à destination des quartiers anciens dégradés, leur contenu, leur mise en œuvre, leurs complémentarités, leur imbrication et la question de la gouvernance doivent aussi être interrogées.
Ce projet propose d’analyser certaines de ces situations et de chercher des réponses qui permettraient d’intervenir et de trouver un confort répondant aux attentes de la vie contemporaine pour une population variée et en déjouant les mécanismes de gentrification. Ce travail sera mené à partir du cas particulier de quatre quartiers dans des villes moyennes françaises au riche patrimoine urbain et architectural, Béziers, Narbonne et Perpignan, qui sont confrontées de façon accrue depuis quelques années à une nette dégradation de la qualité de vie d’une partie de leur centre ancien. Malgré des indices de paupérisation croissants et supérieurs aux moyennes nationales, elles présentent pourtant, contrairement à d’autres villes en difficulté et en raison de leur situation sur l’arc littoral méditerranéen, une démographie qui augmente, un coût de l’immobilier en hausse et une forte attractivité touristique.
En contrepoint, la ville de Girona, en Catalogne espagnole, qui a fait l’objet depuis les années 1980 d’un plan de rénovation ambitieux ayant conduit à une mise en valeur indiscutable de son centre historique, semble, elle, confrontée à des problèmes liés à une gentrification et une multiplication d’hébergements touristiques qui ont modifié la vie de ses habitants.
En réponse à une trop grande spécification des procédures, des programmes et des réponses spatiales, un travail sur des pratiques neutres en urbanisme et en architecture pourra être exploré. Le neutre, tel que Roland Barthes l’entend, pouvant être compris ici comme la volonté de laisser des espaces ouverts, résistant aux interprétations théoriques et aux intentions subjectives qui prédéterminent le sens et figent les possibilités d’habiter.
Composition du jury
Charles AMBROSINO · Professeur des Universités, Université Grenoble Alpes
Marc DUMONT · Professeur des Universités, Université de Lille
Nadia FAVA · Professora agregada, Universitat de Girona
Pere FUERTES · Profesor i Director ETSAV, Universitat Politècnica de Catalunya
Maribel ROSSELLO · Professora titular, Universitat Politècnica de Catalunya
Hélène ROTH · Maîtresse de conférences HDR, Université Clermont Auvergne
Frédéric SANTAMARIA · Professeur des Universités, Université Grenoble Alpes
Alessandro SCARNATO · Associate professor, Universitat Politècnica de Catalunya
Thèse co-dirigée par Frédéric SANTAMARIA et Maribel ROSSELLO
Date
9h
Localisation
Institut d'Urbanisme et de Géographie Alpine
Salle des Actes
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