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Soutenance thèse / Régulations
Le 4 mars 2026
Sciences Po Grenoble - UGA - Salle Quermonne
Tirer parti de la répression ? Criminalisations de l'indépendantisme catalan et usages politiques du droit (2006-2024)
Cette thèse porte sur le conflit qui oppose le mouvement indépendantiste catalan aux autorités étatiques espagnoles. Depuis les années 2010, l’indépendantisme catalan progresse nettement, et ce, malgré une accentuation de la répression judiciaire exercée à son encontre. Plus encore, entre 2017 et 2021, au moment même où ses leaders sont incarcérés, traduits devant la justice pénale, puis condamnés, le mouvement indépendantiste obtient des victoires inédites dans les arènes publique, médiatique, électorale et judiciaire. Ce paradoxe est renforcé par le décalage avec les résultats établis par la littérature scientifique qui analyse les effets des processus répressifs (Earl 2011; 2022). En effet, si ces travaux divergent quant au pouvoir mobilisateur ou démobilisateur de la répression, ils convergent en revanche autour de l’idée selon laquelle la répression favoriserait toujours la marginalisation du mouvement visé (Davenport 2014). Autrement dit, même lorsqu’elle alimenterait de nouvelles mobilisations, la répression motiverait en fait des engagements plus radicaux et violents, qui feraient augmenter les coûts du militantisme et limiteraient les formes de soutien au mouvement contestataire (Combes et Fillieule 2011).
Cette thèse analyse donc les usages politiques du droit déployés par les acteurs de l’indépendantisme catalan et montre comment ces derniers renversent la répression judiciaire et en tirent différents types de gains. Elle s’appuie pour cela sur une approche située au carrefour de la sociologie du droit et de la justice, de la sociologie des mouvements sociaux et de la sociologie électorale, ainsi que sur l’usage de méthodes mixtes. Sur le plan qualitatif, l’enquête est nourrie par l’examen de plusieurs corpus documentaires (articles de presse, programmes et débats électoraux, extraits de dossiers judiciaires, etc.), l'observation des archives audiovisuelles des principaux procès survenus pendant la période et la conduite d’entretiens semi-directifs (n=70) auprès des acteurs clés du conflit. Sur le plan quantitatif, les investigations se concentrent sur l’exploitation des données produites par le Centre d’Études des Opinions catalan (Centre d’Estudis d’Opinió) dans le cadre des enquêtes Baromètres, réalisées de façon régulière tout au long de la période étudiée, et des enquêtes post-électorales. Élaborés à partir du cas de la Catalogne, les résultats relatifs aux processus de renversement du droit établis dans cette thèse ont pour ambition d’éclairer, sur le plan théorique, d’autres configurations sociohistoriques d'affrontement politico-judiciaire entre autorités étatiques et mouvements contestataires.
Mots-clés : Mouvements sociaux, Répression judiciaire, Catalogne, Nationalisme, Politisation, Élections.
Composition du jury
Laurence DUMOULIN · Directrice de recherche, CNRS - Délégation Alpes
Liora ISRAËL · Directrice d'études, École des Hautes Études en Sciences Sociales
Michael KEATING · Professeur des universités émerite, University of Aberdeen
Simon PERSICO · Professeur des universités, Sciences Po Grenoble - UGA
Hélène COMBES · Directrice de recherche, CNRS - Délégation Ile de France Villejuif
Jean-Baptiste HARGUINDÉGUY · Associate professor, Universidad Pablo de Olavide de Sevilla
Thèse dirigée par Laurence DUMOULIN.
Date
14h
Localisation
Sciences Po Grenoble - UGA - Salle Quermonne
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