Aller au contenu principal

POPSU Transitions

Grenoble XXI. Retrouver les voi(es)x de l’eau

Villes et territoires, Projet de recherche

visuel

Octobre 2023 - décembre 2027

Dans le cadre de sa quatrième édition, le programme POPSU Transitions (2023-2027) propose « d’appréhender » les politiques urbaines en faisant « atterrir » les territoires observés dans leur « environnement » tout en considérant « que les espaces urbains ne sont pas des systèmes hors-sols, bâtis contre ou à côté de la nature, mais qu’ils doivent retrouver leurs géographies et leurs milieux écosystémiques ». Perspective que les membres de la plateforme grenobloise proposent d’approfondir en suivant un « fil bleu ». Dans cette perspective, le consortium de recherche, établi en partenariat avec Grenoble Alpes Métropole et l’Agence d’Urbanisme de la Région Grenobloise, réuni, autour de géohistoriens, d’urbanistes et de chercheurs en sciences sociales de l’eau (UMR PACTE), des chercheurs en sciences du système Terre et en hydrologie urbaine (Institut des Géosciences et de l’Environnement), des cherc! heurs en architecture et approches sensibles de l’espace (CRESSON), un historien des techniques hydrauliques (Denis Cœur, ACTHYS Diffusion), le collectif d’architectes-urbanistes Otopo et un artiste photographe (Didier Tallagrand).

À bien des égards, la confluence grenobloise apparaît comme un laboratoire grandeur nature de l’anthropocène. De façon emblématique, les principes d’aménagement qui façonnent le site depuis la fin du XVIIème siècle offrent à l’observateur un condensé assez remarquable des formes multiples qu’ont pu revêtir la maîtrise ainsi que l’empreinte extractiviste de l’homme sur les espaces aquatiques alpins. « Assécher la plaine » et « rendre l’eau disponible et abondante pour les activités humaines », deux imaginaires modernes fondés sur l’idée de progrès et de développement qui ont largement guidé l’aménagement historique de la plaine. En l’espace de trois siècles, Grenoble est ainsi passée du marécage au « polder » aménagé, puis au « château d’eau » réputé inépuisable. A grands renforts d’infrastructures et de macrosystèmes hydrauliques (digues, chantournes et canaux), la plaine inondable a été protégée, asséchée! et assainie, les torrents enfouis. Elle est ainsi devenue cultivable et habitable, avant d’être totalement urbanisée. A la fin du XIXème siècle, l’eau est également devenue disponible en abondance pour les besoins industriels et humains, cela grâce au développement de grandes infrastructures de production et de captage dans les aquifères des rivières Drac et Romanche. L’eau est ainsi devenue « moderne », une eau abstraite, contrainte et entièrement mise au service du développement de la plaine grenobloise. Cet « ordre hydraulique » a eu pour conséquence le déploiement d’un urbanisme LTS qui a invisibilisé non seulement les milieux aquatiques du système valléen grenoblois (nappe, torrents, rivières, zones humides, etc.), mais également la matrice infrastructurelle nécessaire à la « bonne » gestion de l’ensemble des flux hydrologiques. A l’heure des crises systémiques, de nouveaux imaginaires de l’eau émergent face à la menace de «! pénurie » et autour de l’idée de « réhydrater la terre! ». Il s’agit de chercher à surmonter les associations binaires et statiques comme celle de la terre et de l’eau afin de pouvoir mieux faire face à l’incertitude et aux processus socio-écologiques complexes qui mêlent les écoulements d’eau, les sédiments, les vivants non humains, l’agriculture, la ville et les habitants. L’agglomération grenobloise est particulièrement soumise aux effets de ces crises socionaturelles, avec un réchauffement climatique deux à quatre fois plus rapide dans les alpes, et une intensification marquée des extrêmes de sécheresse et d’inondation. Mais comment réhydrater une plaine poldérisée dont les infrastructures héritées matérialisent le partage entre terre et eau, et visent l’assèchement ? Comment penser et agir avec ce territoire cyborg, mi organique, mi machine ?

Pour répondre à ces questions, deux grands chantiers ont été ouverts et suivent actuellement leur cours : (1) le premier chantier vise à établir un portait métabolique du petit cycle de l’eau destinée à la consommation humaine (prélèvement, distribution, assainissement) en réalisant une « Toile de l’eau » à l’échelle d’un périmètre recouvrant l’espace métropolitain augmenté de ses territoires voisins ; (2) le second chantier s’attache à caractériser les spatialités réticulaires et territoriales de l’eau en privilégiant cette fois-ci une entrée par les objets techniques et leur empreinte matricielle,

In fine, l’objectif global est de réaliser un "Atlas du territoire cyborg grenoblois" en répertoriant, (re)dessinant et enquêtant les infrastructures hydrauliques héritées de l’anthropocène et aujourd’hui au cœur des débats relatifs à l’habitabilité des espaces urbanisés existants.*

Mot-clés : Territoire cyborg; Métabolisme; Urbanisme des Macrosystèmes Hydrauliques; Polder; Anthropocène; Toile de l'eau

Chercheur·es impliqué·es

Responsable scientifique
Charles Ambrosino

Responsable scientifique hors labo
Nicolas Tixier

Participant·es du laboratoire
Charles Ambrosino, Marjolaine Gros-Balthazar, Inez Ramirez Cobo, Federica Gatta, Simeon Naydenov, Dominique Baud, Arnaud Buchs, Yvan Renou, Emmanuel Roux

Participant·es hors labo
Nicolas Tixier (Cresson-AAU), Mathias Rollot (Cresson-AAU), Marc Higgin (Cresson - AAU), Marta Pappalardo (Lavue), Denis Coeur (ACTHYS Diffusion), Thomas Bolognesi (GEM), Antoine Brochet (IGE), Jason-Guillermo Granados-Morales (IGE), Juliette Blanchet (IGE), Hélène Castebrunet (IGE), Nathan Minon (IGE), Collectif Otopo, Didier Tallagrand (Artiste)

Partenaires

Type de projet
National

Financement du projet
GIPEAU; Grenoble Alpes Métropole

Partenaires
Grenoble Alpes Métropole; Agence d'Urbanisme de la Région Grenobloise; UMR AAU_CRESSON

Publié le 21 mai 2026

Mis à jour le 22 mai 2026